FR - NL - EN
ACCUEIL AGENDA CONTACTEZ-NOUS FAQ CONNEXION CHÂTELAINS

Solières a bien besoin de prières


Château de l'Abbaye de Solières - 4500 Ben-Ahin (Huy)



Contacter

Catégorie : Informations Business Evénements
Prénom
Nom
E-mail
Téléphone
Veuillez écrire CASTLE dans le champ ci-dessous:

  • Le palais abbatial de Solières est un des grands oubliés du patrimoine wallon. Le classement ne change rien à son déclin progressif. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de l'Abbaye de Solières
Localisation 4500 Ben-Ahin (Huy)
Construction XVIIe et XVIIIe siècles
Style Louis XV-Louis XVI
Architecte
Occupants Locataire: Château Vert a.s.b.l.; Propriétaire: Ancienne Abbaye de Solières (société)
Affectation Institution accueillant 80 enfants et adultes handicapés physiques et mentaux
Protection Bien classé le 18 décembre 1984

Dernière mise à jour : 04/01/2013


Des abbesses s’étaient fait construire un palais aussi beau que celui de Herckenrode ...


Solières, jadis dit Soliers, était à l’origine un des lieux dépendants de la seigneurie des Beaufort, avec Ahin, Lovegnée, Ben, Gives et Sarte. Il semble qu’en 1127 les trois fils d’Hugues de Beaufort, Lambert, Arnold (ou Arnulphe) et Henri, résolurent d’offrir un domaine pour ériger un monastère dépendant de l’Ordre de Saint-Augustin. Solières était alors au comté de Namur (ce que Liège a contesté entraînant la fameuse Guerre de la Vache), mais a toujours dépendu du diocèse de Liège. Il s’agissait à l’origine d’une maison double, avec une communauté d’hommes et une autre de femmes.

À partir de 1233 ou 1261 selon les auteurs, les religieuses quittèrent les augustiniens pour rejoindre l’Ordre de Cîteaux et il en fut ainsi jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Les auteurs ne s’attardent guère sur d’éventuelles péripéties historiques. Par contre, tous saluent la beauté de l’architecture actuelle mais aussi passée. Plusieurs édifices se superposèrent au fils du temps comme dans tous lieux de ce genre. Ce que nous voyons aujourd’hui sont les restes des constructions ordonnées par quatre abbesses majeures de ce site, à savoir Marie de Cassal (1648-1663) (Soy et Ny), Agnès de Sélys Fanson (°1639; abbesse 1663-1695), fille de Godefroid maître de forges à Dieupart (Aywaille) et d’Agnès Coenen, Barbe de Caverenne (abbesse 1727-1765) et Catherine de Matagne (abbesse 1765-1793).


Fief des Desoer


L’abbaye connut vingt-huit abbesses bernardines. Les ventes révolutionnaires permirent à André Ackerman, citoyen de Namur, de prendre la direction du domaine. Ensuite, le bien entra dans les mains de Charles Desoer, receveur général du Département de l’Ourthe en 1807. Sa descendance garda le château abbatial durant tout le XIXe siècle et même au-delà, jusqu’au jour où Marguerite Desoer, fille de Joseph et d’Adèle (des barons) Wittert, ferma à jamais les yeux. C’était en 1929. Madame avait 81 ans. Elle avait épousé à l’abbaye le chevalier Gustave de Melotte de Lavaux (1850-1903), fils de Charles et de Firminie de Sauvage Vercour dont la mère était une Rosen.

Cinq ans après la disparition de Marguerite, ses deux fils Adrien et Marcel (ce dernier devait mourir le 30 juillet 1934 à l’âge de 55 ans), décidèrent de vendre le contenu du château. Les vacations eurent lieu les 28, 29 et 30 mai 1934. Si nous citons cela, c’est pour signaler que, parmi les 359 lots, figurait au n° 104 un magnifique escalier liégeois en chêne sculpté des années 1740 qui aurait dû être considéré comme immeuble par destination. Il reste toutefois deux escaliers monumentaux dans le château. L’un d’eux est à double révolution comme à Floreffe et est de style Louis XVI. Ils sont classés comme le sont les décors anciens. Adrien de Mélotte de Lavaux mort en avril 1942 n’eut pas d’enfant de son mariage avec Marthe Philippart. Dès 1935, il avait vendu la totalité des édifices à la coopérative d’assurances du parti socialiste La Prévoyance Sociale qui était aussi propriétaire du château de Fallais. Elle installa à Solières, sous l’appellation « L’Heureux Abri », un préventorium pour adolescents et finit par y recevoir des orphelins. Ensuite, le bien passa sous le nom des « Propriétés sociales de Huy et environs » qui ont revendu le 8 juillet 1999 à M. J. M., de Zaventem. Ce dernier a créé une société dite Ancienne Abbaye de Solières.



Fastueuse architecture


Cette demeure est remarquable par ses qualités architecturales et ses proportions. Elle a été bâtie par Marie de Cassal (1648-1663) et Barbe de Cavenne (1727-1765). Ce qui reste de l’ensemble abbatial est encore considérable. On regrettera la disparition de l’église et de deux ailes du cloître qui formaient une seconde cour à côté de celle de la ferme, faisant de Solières le pendant du château-ferme de Warnant-Dreye. Les bâtiments, selon la tradition liégeoise, ont été construits en briques et pierre bleue. Le château, pour ne parler que de lui, est un très long édifice de treize travées posées sur un épais soubassement de pierre bleue réglée, à jours oblongs. Il ressemble en cela au château de l’abbaye du Val Saint-Lambert. Les deux travées extérieures sont placées en très légère avancée. Il en est de même mais de manière plus prononcée pour les trois travées centrales. Les arêtes sont chaque fois limitées par des pilastres à refends. Au centre, nous voyons un troisième niveau s’élever en attique et soutenir un fronton-pignon orné des armes de Desoer. Les niveaux sont séparés par un cordon-larmier continu. Les baies sont joliment ornées de clés à coquille sur des linteaux surbaissés terminés par des volutes. La travée axiale est singularisée par ses portes en plein cintre limitées par un panneau de pierre bleue à refends. Il ne semble pas y avoir eu de balcon à l’étage ni de perron pour descendre vers l’étang. Les toitures sont en bâtière, à coyaux et croupes. Au centre, surgit un élégant clocheton. La face sud donne sur la cour d’accès. Elle est distribuée de la même manière que la précédente sauf l’absence de travées externes en avancée. Le corps central est ici précédé par une charmante véranda à petits-bois du XIXe siècle. L’angle sud-est a été abîmé par une annexe des années cinquante de quatre niveaux, sans doute inscrite à la place de la chapelle. Ensuite démarre les remises caractérisées par la suite de cinq arches en plein cintre et en pierre bleue. Elles ont été rebouchées. On voit ici une pierre armoriée de Barbe de Cavenne datée de 1754.

L’abbaye de Solières, comprenant le logis abbatial, la ferme abbatiale, la tour-pigeonnier, le moulin à eau et les bornes, est classée comme monument et les alentours le sont comme site depuis le 18 décembre 1984. Cela met en exergue la beauté des édifices mais l’abandon du château et de ses abords, hormis la ferme, est très lamentable et montre qu’un classement ne résout rien. L’abbaye compte encore un parc de 2,79 ha. 8,5 ha sont aux mains des communes de Huy et Marchin qui les laissent en emphytéose à l’association « Le Château vert » qui soigne des personnes handicapées.


Visites interdites.




SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005