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À Berloz, coule toujours un peu de sang des Berlo


Château de Berlo - 4257 Berloz



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  • Berloz est le fief des héritiers des Berlo dont la puissance n’est guère reflétée par ce petit château au demeurant charmant. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Berlo
Localisation 4257 Berloz
Construction 1710, 1765 et XIXe siècle
Style Louis XV
Architecte Gravure : Antoine Vassé (1852)
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 04/01/2013


Pour aller au parc, il faut traverser la rue.


Ce petit château est venu remplacer une ancienne forteresse de plaine que les auteurs anciens citent pour avoir été pris en 1172 par les fils du comte de Moha. En 1313, lors de la guerre des Awans et des Waroux, le château fut occupé, dit Arlette Graffart, et huit soldats furent tués. En 1636, le château fut à nouveau assiégé par trois fois, mais il résista aux troupes étrangères. Il semble que le château se trouvait à l’emplacement de l’actuelle ferme seigneuriale datée de 1617. Il est curieux de constater la masse imposante de la ferme alors que le château actuel est des plus modestes. En cela, les Berlo, si puissants durant les trois derniers siècles de l’Ancien Régime en principauté de Liège font penser aux Beaufort. Ceux-ci s’éloignirent finalement de leur seigneurie d’origine pour des horizons plus prestigieux et d’autres châteaux bien plus considérables que leur tour située en face de Bas-Oha. À l’inverse des Beaufort, les Berlo ne quittèrent jamais Berloz, tout en ayant des intérêts du côté de Chokier, de Sclessin et ailleurs encore vers Assenois (Hompré).


Une seigneurie pour deux principautés


Berloz était constitué jadis de Berloz, dépendance du comté de Looz, et de Willine, hameau relevant de la principauté de Stavelot. Willine appartenait en 1526 aux Berlo avant de passer par mariage aux Sélys-Longchamps. À l’origine (XIIe siècle), Berloz était un simple alleu appartenant à la famille de Diest. Par mariage, le bien passa aux comtes de Looz qui le donnèrent en fief aux Berlo en 1281. La seigneurie dépendait de la cour allodiale de Liège. Bormans y révèle qu’entre 1447 et 1575, l’alleu était relevé par Wileme de Brus et ses successeurs, cités comme chevaliers, sires de Brus, de Berlooz, de Sclachin (Sclessin?), Houten, Wangnée, etc... Après, ce ne seront plus que des Berlo dont on sait que Jean avait remonté le château de Lavaux-Sainte-Anne avant 1460. La dernière sera la douairière de Jean-Amour de Berlo, née Louise, baronne de Bergh de Trips, en 1782.

Les Berlo, comtes de Hozémont, seigneurs d’Ougrée et de Sclessin s’éteignirent ici en la personne de la comtesse Elisabeth de Berlo-Suys (Hompré 1775 - Berlo 1856), fille de Léopold et de la baronne Marie-Victoire de Ledeburg de Püritz. Élisabeth avait épousé en ces lieux le baron Charles-Auguste de Tornaco, maire de Luxembourg (1763-1837). Les parents de Charles étaient deux Tornaco. Charles et Élisabeth eurent plusieurs enfants dont Victor (1805-1875) décédé à Voordt. Il avait épousé Anne de Beghein (1811-1890), fille de Pierre et d’Anne de Trousset. Victor et Anne eurent à leur tour plusieurs enfants dont Sidonie (1846-1928). Elle épousa à Voordt le comte Frédéric de Renesse (1843-1919), fils d’Armand et de la baronne Caroline von Wittenbach-Kreutz. Sidonie allait donner la vie à Élisabeth (1884-1966) qui devait se marier en Rhénanie avec Egon comte de Westerholt-Gysenberg (1880-1914; famille allemande), fils de François et de la baronne Antoinette von Salis-Soglio (famille suisse). Le domaine est resté depuis dans leur descendance.



Classicisme liégeois


Comme l’écrit Emile Poumon et comme l’avait montré Vassé dans une gravure des années 1850, le petit château vaut autant pour lui-même que pour le site (ferme et église) et pour son parc où se trouve un très beau vivier alimenté par la Mûle. Pour aller au parc, il faut toutefois traverser la chaussée publique comme à Franc-Waret ou Beez. La cour est partiellement fermée de grilles calées entre deux petites tours isolées, carrées, en briques. Le château est lui aussi en briques et pierre bleue pour les habituels décors de soubassement (aveugle aux ailes) de baies à clé, de chaînages d’angles et de trous de boulin. La pierre bleue est aussi le matériau du très bel escalier à enroulements. La porte d’entrée est sommée d’un fronton brisé garni des armes Berlo-Berg de Trips. La demeure en U s’étire sur sept travées et monte sur deux niveaux aux ailes de retour et un niveau et demi dans le corps de logis. Des soupiraux donnent de la lumière aux caves. Les toitures sont en bâtière au centre et mansardées sur les ailes. Celles-ci sont percées de baies vers les grilles mais pas vers la cour. Par contre elles présentent quatre baies vers les communs (une est bouchée) quand ces parties de l’édifice sont en ressaut puis les toitures reprennent leur forme en bâtière et alors la façade se poursuit par quatre baies supplémentaires sur deux niveaux. Les dépendances en U, très proches de la maison, sont construites en briques. On y remarquera les arcs brisés de la face nord, surmontées d’une tourelle d’angle en encorbellement.


On ne visite pas. Le château se voit de la rue.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005
Emile Poumon, Les châteaux de Wallonie, Institut Jules Destrée pour la Défense et l'Illustration de la Wallonie 1973
Stanislas Bormans, Les Seigneuries allodiales du Pays de Liège, avec une introduction historique, J. Gothier 1867