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Force et douceur à Bossenstein


Kasteel van Bossenstein - 2520 Broechem (Ranst)



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  • Point de défense d’Anvers, Bossenstein n’a rien perdu de sa massivité. © Philippe Farcy

  • Le parc sert depuis plus de dix ans à un magnifique golf. Dommage toutefois que les abords du château ne soient pas parfaitement tenus. © Philippe Farcy



Nom Officiel Kasteel van Bossenstein
Localisation 2520 Broechem (Ranst)
Construction Du XIVe au XVIIe siècle
Style Traditionnel, baroque flamand
Architecte Jardin : baron Paul Rolin
Occupants Bossenstein Golf & Polo Club
Affectation Golf, polo, hôtel-restaurant
Protection Bien classé le 5 mars 1958; site classé le 28 mai 1962

Dernière mise à jour : 05/01/2013


Un château imposant où on tire à balles (de golf).

À Broechem, on trouve deux châteaux. On évoquera ici celui de Bossenstein. Il est extraordinaire par sa complexité, sa massivité, ses proportions et par les marques du temps qui jusqu’au XVIIe siècle s’y succédèrent sans jamais compromettre l’élégance des bâtisses. Depuis 300 ans, il semble ne plus avoir bougé. Au XXe siècle, il fut sauvé par la famille Charon, toujours propriétaire du domaine dans lequel fut implanté en 1987 un golf dessiné par Paul Rolin. Perdu dans les campagnes, le château surgit de e part avec une force qui surprend encore, même en étant prévenu. Le donjon faisait partie comme Cleydael, à Aertselaer, d’un poste de surveillance de la cité d’Anvers dès le XIVe siècle.



Histoire ininterrompue

Le volume du Patrimoine monumental comme le Vokaer donnent les éléments historiques, quasiment complets depuis l’origine. Les premières mentions remontent à 1346 quand le château, lieu de garnison, appartenait à Jean de Busco ou van den Bossche. De ce Bossche, vint le nom de Bossenstein. À partir de 1357, arrive Adam de Berchem. Adam s’était illustré comme chef militaire. Il dirigeait les Lierrois à la bataille de Basweiler en 1371. Cette famille de Berchem va demeurer à Broechem jusqu’en 1544. À cette date, le château entra dans le patrimoine de Guillaume Van der Rijt, secrétaire de la cité d’Anvers. Les nouveaux seigneurs étaient aussi à la tête de l’alleu d’Oeleghem depuis 1559. Ils y restèrent jusqu’en 1643 quand le duc de Brabant décida de reprendre ce fief à son compte. Mais c’était pour mieux le revendre dès 1644 à Philippe Le Roy, propriétaire du château de Broechem, cité plus haut. Il était sans doute le père du baron Jacques Le Roy installé à Zevenbergen. Dès 1649, voilà le domaine en possession de la famille ‘t Seraerts. Marguerite ‘t Seraerts, propriétaire en 1655, allait épouser Guillaume de Halmale, dont une parente – Agnès – était châtelaine de Zevenbergen au milieu du XVIe siècle. C’est à eux que l’on doit l’aménagement de la cour intérieure et des galeries.



Vente sous la Terreur

Les Halmale devinrent pleinement propriétaires en 1702 à la mort de Marguerite. Ils profitèrent de cet édifice jusqu’en 1793 quand ils s’en défirent durant la « Terreur » en faveur d’un Louis de Haultepenne (Ampsin, Anthisnes, Batenborch, Beauraing, Conjoux, Harzé, Housse, Huldenberg, Saint-Fontaine, Soy, Tavigny). Ce devait être moins cher et puis, il est bien connu qu’il faut acheter au son du canon... Entre 1798 et 1807, à moins que ce ne soit 1837, les Soeurs Norbertines installées à Herentals y résidèrent. Entre-temps, les barons de Woelmont en avaient hérité, sans doute en faveur des enfants issus du mariage de Nicolas de Woelmont (Frocourt, 1722- Namur 1790), seigneur de Frocourt, Hambraine, Brumagne et Soiron, avec Marie-Charlotte de Haultepenne (+ 1795). De plus, on notera que le fils de ces deux-ci, le baron Frédéric (1769-1829), épousa en secondes noces Françoise de Haultepenne (Arville 1773 - Namur 1833). Elle était la fille de Philippe et de Charlotte, baronne de Roose de Bouchout, ce qui nous fait graviter à nouveau dans la région d’Anvers. Voilà qui crée des liens très étroits, grâce aux Haultepenne, entre de nombreux domaines. De 1840 à 1920, le château resta inhabité et passa à un moment dans le patrimoine des comtes d’Oultremont, d’après Julien Van Remoortere. En effet, Clotilde de Woelmont (1857 - 1943) épousa le comte Adrien d’Oultremont (Blicquy 1843 - Bruxelles 1907). Acheté par Antoine Spruyt en 1906, Bossenstein fut ensuite cédé en 1952 à Paul Charon, père de l’actuel propriétaire, président du golf-club.



Tour carrée armoriée

Le château, posé sur un soubassement de grès, est accessible par un pont de deux arches placé au centre d’une aile composée de deux tours latérales octogonales qui abritent chacune un pigeonnier. Le portail d’entrée présente un arc surbaissé en anse de panier. Il est surmonté d’une tour carrée armoriée (Halmale-’t Seraes) datée de 1660. Les toitures couvertes ici comme ailleurs d’ardoises se terminent par de petits bulbes. Les bâtiments sont essentiellement construits en briques, à l’exception de la face nord du donjon dont trois niveaux inférieurs présentent du grès blanc. Les décors sont presque partout présents et homogènes. Ils allègent la massivité du donjon et animent les espaces de leurs bandeaux, cordons-larmiers, chaînages, trous de boulin et autres encadrements de baies à croisées ou à meneaux. L’eau ceinture les bâtisses posées en un large quadrilatère. Passé le porche, on entre dans une belle cour bordée sur trois côtés par une galerie fermée dont les arcades sont soutenues par des chapiteaux toscans. Le donjon a été coiffé d’une haute toiture de deux niveaux et joliment affublé de tourelles en échauguettes au XVIIe siècle. Bossenstein est un vrai joyau qui mériterait à nouveau des soins.



On ne visite pas; seuls les golfeurs peuvent profiter de ce cadre superbe.



SOURCES
:

Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003.

Frans Doperé & William Ubregts, De donjon in Vlaanderen, Gemeentekrediet & Universitaire Pers Leuven 1991.