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Le Wolvendael, un havre de paix ucclois


Château de Wolvendael - 1180 Uccle (Bruxelles)



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  • Dans le bas d’Uccle, le Wolvendael perpétue une certaine idée des environs de Bruxelles avant les belles constructions du XIXe siècle finissant. © Philippe Farcy

  • Ouvert au public, le parc abrite en son château une académie. © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Wolvendael
Localisation 1180 Uccle (Bruxelles)
Construction 1763; vers 1850; début du XXe siècle
Style Classique Louis XV
Architecte
Occupants Commune d'Uccle
Affectation Académie des Beaux-Arts
Protection Bien classé

Dernière mise à jour : 08/09/2012





Quand Uccle se souvient de ses temps bucoliques


Des trente-sept châteaux que comptait jadis la commune d’Uccle, il n’en reste guère plus d’une dizaine. La pression immobilière a fait son oeuvre de balayage de l’Histoire. C’est évidemment un drame. Parmi les survivants, le château de Wolvendael figure en bonne place par sa position géographique. Posée en bas de l’avenue De Fré et de l’avenue Brugmann, la demeure affiche sa simplicité. On l’aurait plus facilement imaginée implantée au milieu du parc ou, du moins, des belles parcelles connues depuis le XVIIe siècle étendues alors sur 2,25 bonniers de Bruxelles ce qui correspond, semble-t-il, à deux petits hectares.


Cartographe réputé

Le premier propriétaire connu du domaine (privé encore de maison), est maître Jean Slijpen. En 1715, ce personnage vend le bien à Eugène-Henry Fricx (1644-1730), imprimeur de la Cour, connu pour ses cartes géographiques. En 1733, le lot est cédé au vicomte (1732) puis comte (1736) Thomas de Fraula (+1738), issu d’une famille napolitaine installée à Bruxelles à la fin du siècle précédent, éteinte en 1899 dans les barons de Royer de Dour. 1812 apparaît comme un nouveau repère. Le propriétaire est à ce moment Guillaume Vanderborcht, riche bourgeois local et conseiller communal de Bruxelles.


Demeure d’un duc

Mais dès 1815, le château change encore de mains. On y trouve cette fois le duc Charles-Louis de Looz-Corswarem, né à Montigny-le-Tilleul en 1769 et décédé à Wolvendael en 1822. Son père, le duc Guillaume était aussi comte de Niel, petit village près de Gingelgom dans le Limbourg. En ce dernier endroit, se trouve toujours l’ancien château des Looz-Corswarem. Mais Niel a disparu en 1938 par la faute de l’incurie du fermier d’alors qui avait racheté le bien. C’est à Niel que Charles-Louis épousa Caroline Denu en 1801. C’est là que naîtra leur premier fils, Charles-Napoléon en 1804. Il décédera en 1896 au château de Bonlez demeure de son beau-père, Hollandais, chevalier Barend van Lockhorst.

La descendance Looz sera assurée par le frère de Charles-Napoléon, Guillaume (1817-1887) qui se mariera avec Eugénie O’Sullivan de Ter Deck. Le duc Charles-Louis n’était plus là en 1826 quand se maria sa fille Caroline (Niel 20 juin 1807- Bruxelles 24 mai 1880), princesse de Looz-Corswarem. Elle épousa don José-Mariano de la Riva-Aguiero y Sanchez Boquete, marquis de Montealegre de Aulestia. Il fut pendant un an (1823-1824) et avant ses noces, le troisième président du Pérou, après le général San Martin et Manuel Salazar y Baquijano. Exilé en Belgique, il convola avec la gente demoiselle qu’il emmena plus tard comme ambassadeur du Pérou à Paris. Ils eurent une fille, Caroline, née à Santiago de Chili et décédée à Niel le 8 septembre 1879. Le jeune couple s’installa au château de Piétrebais, nom donné jadis à l’actuel château de Grez. Différents Looz, à commencer par Charles-Louis, demeurèrent à Grez une cinquantaine d’années.


Standing idéal pour industriels

La maison de Wolvendael changea de mains une fois encore le 18 avril 1829 quand y arriva le futur comte (1837) Jacques-André Coghen, mort en 1858. Il était né en 1792 et avait épousé en 1821 Caroline Rittweger, fille du châtelain de Stalle, née en 1799. Le comte Coghen fut un grand homme d’affaires et un armateur. Comme homme d’État d’envergure, il fut député, sénateur et le premier ministre des Finances de la nouvelle Belgique. M. Coghen acheta un domaine de 15 hectares aux Looz contre 30.857 florins. Jacques-André et Caroline eurent cinq enfants dont Isabelle qui épousa Théodore Mosselman du Chenoy. Le nouveau ménage Mosselman eut notamment une fille Laure qui fut unie en ces lieux à Don Beniamino Ruffo di Calabria, XVIe comte de Sinopoli, Ve duc de Guardia Lombarda, bourgmestre de Naples. Ce sont les grands-parents de notre reine Paola.


Vente publique

À la mort de la comtesse Coghen (1885), ses enfants (un fils, quatre filles : Limnander de Nieuwenhove, Licot de Nismes alors décédée, Mulle de Terschuren et Mosselman du Chenoy) décidèrent de vendre. Douze lots furent proposés en vente publique. Le 24 juin 1887, Charles Balser, banquier à Bruxelles acheta le château et deux lots pour 137.000 francs. En novembre 1909, l’ensemble qui nous occupe passa sous le contrôle du baron (1910) Léon Janssen, vice-gouverneur de la Société générale (1849-1923), aïeul des Janssen actuels (Solvay). C’est lui qui agrémenta le parc de 20 ha du petit pavillon d’époque Louis XV, acheté à Amsterdam. Finalement en 1921, la commune gérée par Paul Errera acheta le domaine.

En 1763, le château était composé de trois éléments séparés par des pilastres à refends, sur neuf travées de long. Coghen étira la façade vers la rue de trois travées supplémentaires et créa une aile formant alors un L de quatre travées pour ménager des espaces de cuisines et de service. Un soubassement et deux cordons limitent horizontalement le château enduit. L’entrée s’effectue par un large perron de quatre marches où trône une paire de sphinges dans un état piteux. Trois portes-fenêtres en plein cintre devaient donner accès à un grand hall mais l’usage de cette demeure en salles d’expositions, puis d’athénée puis d’école d’art a dégradé les espaces. Une porte en plein cintre est placée au centre de la façade arrière. L’ensemble est protégé par une toiture mansardée couverte d’ardoises.


Visites possibles. Parc public.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Jacques Lorthiois & chevalier Xavier de Ghellinck Vaernewyck, Le château Franckheim à Uccle Saint-Job, aussi appelé Papenkasteel, Le Parchemin, n° 197, Office Généalogique et Héraldique de Belgique septembre-octobre 1978