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La Hutte, fief éphémère des Coppée


Château de La Hutte - 7134 Ressaix (Binche)



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  • La façade principale donnant vers Binche est d’une animation rare dans notre pays. La Hutte est une réussite esthétique. © Philippe Farcy

  • Récemment repris par des Bruxellois, La Hutte dont on voit l’aile donnant sur le reste du parc, redécouvre un évident art de vivre. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de La Hutte
Localisation 7134 Ressaix (Binche)
Construction XIIIe, XVIIe, XVIIIe siècles; vers 1920; restauré en 1992
Style Classique
Architecte Jardin : baron Paul Rolin
Occupants Château de la Hutte s.p.r.l.
Affectation Restaurant, réceptions, séminaires et conférences
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 12/01/2013


Un château dix fois détruit


Les données historiques anciennes sur cette demeure qui appartient depuis 1992 à la famille Tesse-Capron ne sont constituées que de bribes, malgré les recherches d’Oscar Petitjean. La Hutte vient d’être restauré avec beaucoup de justesse par ses nouveaux propriétaires bruxellois. Ce n’était pas la première fois que cette maison profitait de telles largesses. Déjà entre les années 1910-1920, La Hutte fut aménagé par Evence-Narcisse, premier baron Coppée (1912) dont la famille avait fleuri non loin de là, au petit château d’Avondance, à Haine-Saint-Paul lui aussi transformé à usage de réceptions.



Château de grands industriels


Le baron Coppée (1851-1925), fils d’Evence-Dieudonné et de Joséphine Warnant, était l’administrateur-délégué des charbonnages de Ressaix. Ceux-ci faisaient partie d’un groupe comprenant presque dix exploitations, jusqu’à celles de Genk et Winterslag. D’après l’actuel baron Coppée, « Le château se trouvait dans le portefeuille de la société de charbonnage, mais n’a jamais été habité par nous. Je ne sais vraiment pas pourquoi le grand-père a acheté cette bâtisse. J’y ai suivi des stages comme ingénieur vers 1955, avant que mon beau-frère Philippe le Hodey et M. Stevens, directeur-gérant du groupe, ne vendent, je crois en 1958. La société en faisait une colonie de vacances en été pour les enfants de mineurs. Le grand-père s’en alla mourir à Roumont. Il y avait acheté un petit château du début du XIXe siècle en 1885 sur les conseils de Raoul Warocqué. Il y fit construire un château de style Louis XIII par l’architecte Chambon ». Roumont est bien plus extraordinaire qu’Avondance ou La Hutte et il possède une majesté digne des châteaux de la Loire. Mais il lui manque un brin d’histoire.



Fief des de Latre


La Hutte, lui, a vécu et il offre de la prestance. Mais s’il est beaucoup plus ancien que Roumont, il n’a guère plus d’histoires à raconter. Les auteurs sont avares de commentaires. On reprendra de Seyn pour dire qu’il y avait ici un château dès le XIIIe siècle dans les mains des seigneurs de Ressaix. S’y succédèrent les familles de Quarouble, de Montigny, de Quiévrain en 1452, de Rosimbos et puis d’Oignies dès 1570. De Seyn signale encore que le vieux château a été détruit une dizaine de fois, jusqu’au règne de Louis XIV. Un millésime de 1662 suggère une transformation. L’historien ajoute qu’au début du XVIIIe siècle, La Hutte entra dans le patrimoine des de Latre, devenus depuis le 29 octobre 1895 de Latre du Bosqueau. Ils restèrent maîtres des lieux jusqu’en 1875. À leur suite vint la famille Fontaine, sans doute jusqu’à la vente aux Coppée. Entre 1958 et avant 1992, le château devint une école professionnelle pour jeunes filles.



Deux belles tours cornières


La Hutte est un édifice en U centré sur une cour d’accès étroite et précédé par une allée de platanes. Totalement enduit en un jaune pâle légèrement blanc, le château se caractérise par des jeux de volumes qui font presque penser à des maisons du sud de l’Allemagne ou de la Suisse. Deux tours cornières en encorbellement limitent l’espace. Leurs toitures en poivrière à bulbes sont charmantes. Au centre du U, la porte principale comprise dans un encadrement à refends, est en plein cintre. Elle est surmontée d’un beau balcon sommé d’un fronton armorié. Les angles extérieurs de la cour sont garnis de pilastres en léger ressaut. Les ailes comptent trois baies sur deux niveaux. Les baies possèdent des arcs surbaissés à clés. Ces dernières, comme les balustres de la terrasse et divers éléments décoratifs des façades avant et arrière semblent être en tuffaux. La toiture d’ardoise partiellement dessinée à la Mansart comportent une lucarne en bâtière par côté. La façade nord compte sept travées dont une large travée pour la porte identique à celle de la face sud. Six pilastres accentuent la verticalité modérée du bâtiment dont la toiture est joliment animée de lucarnes et d’un clocheton. Le parc est limité à 3 ha.



SOURCES:
Château de la Hutte vendu, DH.be 31 mai 2005  http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=482340
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)