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Les dernières prières d'Herlaimont


Prieuré d'Herlaimont (ou Château d'Herlaimont) - 7160 Chapelle-lez-Herlaimont



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  • Cette construction de l’architecte Dewez, favori du gouverneur Charles de Lorraine, attend son retour à la gloire. Si vous êtes mécène, c’est le moment ! © Philippe Farcy

  • À Herlaimont, on oublie les corons et les terrils. Le « désert » très vert d’un abbé de Floreffe est toujours là. Et le refuge à mourir se refuse. © Philippe Farcy



Nom Officiel Prieuré d'Herlaimont (ou Château d'Herlaimont)
Localisation 7160 Chapelle-lez-Herlaimont
Construction Vers 1775-1776
Style Classique Louis XVI
Architecte Laurent-Benoît Dewez
Occupants
Affectation Sans; en ruine
Protection Bien non classé;inscrit sur la liste de sauvegarde en 2002, retiré fin 2003

Dernière mise à jour : 03/01/2013


La retraite de l’abbé de Floreffe, J.-B. Dufresne.


À trois pas de quelques terrils, dans une nature encore magnifique, une maison meurt à Herlaimont. Elle est l’oeuvre de Laurent-Benoit Dewez (1731-1812). Cet artiste figure au sommet du panthéon des architectes belges. Il fut le constructeur attitré des abbayes dans les Pays-Bas du Sud en même temps qu’il fut choisi par le gouverneur Charles de Lorraine comme premier architecte. Dewez nous laisse dans cette région l’élégant château de Seneffe devenu Musée de l’Orfèvrerie. Sa conservatrice Marjolaine Hanssens évoquait naguère, sur les ondes de la RTBF-Radio, l’évident degré de génie du maître. On ne peut la contredire et cette évidence place l’architecture de nos régions (en incluant les oeuvres de Henry, Payen, Digneffe et Montoyer) à égalité avec ce qui se faisait de mieux en France. Dewez vaut bien Gabriel, Blondel, Chevotet ou Chaussard. Dewez est un personnage capital de notre patrimoine et tout ce qu’il a créé mérite d’être sauvegardé.


Un cadeau des Trazegnies

Mais cette place enviable n’exclut pas les drames et Herlaimont en est un. Golgotha du néo-classicisme où Dewez fit merveille pour un abbé des Lumières, Herlaimont se meurt.

L’abbé Dufresne désirait créer sur des terres offertes par Othon de Trazegnies vers 1135, un petit château que la modestie feinte des gens d’Eglise forçait à appeler prieuré. Ci fait ! En quelques mois, un bijou sortit de terre. Il y retourne !

En 1973, l’historien Xavier Duquenne à qui Dewez doit tant, avait publié une plaquette sur ce bâtiment délicieux si proche du château de Sint-Ulriks-Kapelle. L’auteur précisait que le bâtiment est installé dans un immense écrin de pâtures, de forêts et d’étangs, jadis nommé désert. Son jardin était constitué de cinq terrasses et clos de murs. Herlaimont est précédé d’une jolie ferme bien restaurée par les Delin-Danneels, propriétaires, et flanqué de deux ailes en retour. La publication de Xavier Duquenne où figurent les plans originaux de Dewez était une véritable découverte et déjà un cri d’alarme. Ici, rien n’a bougé depuis le XVIIIe siècle, sauf les briques qui chutent, les stucs qui s’éparpillent, les planchers qui s’effondrent, les vitres qui se brisent, les pierres bleues qui se délitent, les tuiles qui s’envolent. Elles partent à tire-d’aile avec la force de l’oie, poussées par la misère et le je-m’en-foutisme quand ils ont force de loi.



 

Histoire changeante

À la Révolution française, le bien fut vendu d’abord à l’ancien prieur et à ses confrères, puis il passa par vente aux Dusart, puis par héritages aux Pranger et aux Piessens en 1849; ils y installèrent un pensionnat. En 1860, le prieuré fut acheté par le Charbonnage de Bascoup. Revendu en 1883, il fut laissé à l’abandon et sauvé en 1934 par Gustave Smal, de La Louvière. Depuis 1942, il appartient à la famille Delin. Sans la Région Wallonne et l’Institut du Patrimoine Wallon (IPW), Herlaimont n’a plus aucune chance de survie. Or, en ce début 2003, il a été suggéré par l’IPW le retrait du bien de la liste d’urgence (sauvegarde) et de ne pas le classer faute d’une idée pour son affectation future. On risque bientôt de ne plus revoir ce logis de sept travées sur deux niveaux de baies à petits carreaux cintrées au XXe siècle, sous une belle corniche en pierre bleue soutenant la bâtière à coyaux. Le fronton sud est encore là, mais au nord, on l’enleva. De l’intérieur, on ne parlera pas tant le danger est grand d’y poser les pieds. L’aile gauche en retour abrita la chapelle. Au dehors, il reste ce que l’on voit. Fi de commentaires. Herlaimont est le Viane wallon.


La demeure s’aperçoit de la rue, vers Piéton.




SOURCES;
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Le patrimoine monumental de la Belgique, sous la direction de Danielle Sarlet & André Matthys, Direction Générale de l’Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine, Volume 20, Hainaut/arrondissement de Charleroi, Pierre Mardaga 1994
Maison d’Hier et d’Aujourd’hui, n° 20, 1973, pp. 56 et ss.
Xavier Duquenne, Le prieuré d’Herlaimont 1973