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Epinois, les restes d'une demeure princière


Château d'Epinois - 7134 Epinois (Binche)



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  • À l’époque des Albums de Croÿ, Epinois offrait moult tours et défenses. Il n’en reste presque rien. © Philippe Farcy

  • Douceur de vivre et calme sont les atouts de cette demeure trop divisée par le Temps. © Philippe Farcy

  • © Christine Glassant

  • © Christine Glassant

  • © Christine Glassant

  • © Christine Glassant



Nom Officiel Château d'Epinois
Localisation 7134 Epinois (Binche)
Construction XVIIe, XVIIIe en fin du XIXe siècle
Style Classique
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 19/03/2016


Une terre liégoise oubliée dans les douceurs de la Haine.


Epinois est un petit bourg posé à une encablure de Binche. Pour s’y rendre, quelque part sur la nationale 90 qui mène vers Charleroi, on vire sur la droite. Une fois passé le délicieux château d’époque Louis XV de Prische, ancienne prévôté du même nom, qui appartenait jadis à l’abbaye Sainte-Rictude de Marchiennes (Nord de la France), on s’enfonce dans les campagnes vers Buvrinnes. On longe ensuite le parc du château d’époque Louis XVI de Jolimetz et on entre enfin dans le hameau d’Epinois, ancienne terre liégeoise.


Terres des Ligne

L’appellation de ce coin encore agricole vient d’un site planté de ronces et d’épines. Le château est proche du Mont-Sainte-Geneviève, point culminant du Hainaut à 276 mètres. La Haine y prend sa source. On évoque déjà la présence d’un château à Epinois du temps de Regnier, comte de Hainaut, beau-père de Mengold, saint patron de Huy, qui aurait résidé à Epinois vers 900. On le nommait « castrum spinetum ». L’église dépendait de l’autel de Waudrez relevant de Lobbes et donc de Liège. En 1590, le seigneur d’Epinois était Jacques d’Esclaibes (hameau proche de Bavay); on le sait grâce à un conflit portant sur des coupes de bois et sur un plan conservé aux archives de Mons. Les Esclaibes étaient liés aux Gavre, cadets de la lignée de Chièvres. À leur suite, les princes de Ligne prirent possession de cette terre par achat. Si les Ligne sont princes d’Epinoy, c’est par héritage des Melun-Barbançon, barons d’Antoing, de Cisoing, de Néchin, de Rosny et de Boubers, marquis de Roubaix... on en passa jusqu’à Fagnolle. Mais cet Epinoy là est proche de Cambrai.


Vendu au comte Le Boucq

De cet Epinois-ci, les Ligne ne firent pas grand’chose à en croire Théophile Lejeune, historien local. Finalement, Henri-Ernest, cinquième prince de Ligne, s’en sépara le 18 juin 1689, au profit du seigneur de Leval, né François-Joseph Le Boucq. Ce dernier deviendra le premier comte Le Boucq d’Epinois, au début du XVIIIe siècle et avant 1708, à en croire une clé armoriée. Son fils Philippe-Albert décédera le 30 mars 1777. Son petit-fils sera Dominique-Alexandre (1740-1789), avant-dernier seigneur d’Epinois de sa famille aujourd'hui disparue. Puissant gentilhomme, on le retrouve dès 1768 propriétaire du fameux hôtel des comtes de Lannoy, rue aux Laines à Bruxelles. Celui-ci avait été construit en 1762. Les Lannoy ne s’y installèrent qu’en 1833. Son fils Charles-Léopold, décédé en 1795-1796, fut dépossédé de ses biens par son avocat puis juge Antoine George, de Mons. C’est à Epinoy que décèdera le général George en 1866. Le fils du général, Louis puis son petit-fils Charles, mort en 1907, conservèrent le bien. Ensuite, un entrepreneur passa par là, faisant du château une petite carrière. D’un U reconstruit au début du XVIIIe siècle, il reste un L.


Albums de Croÿ

On sait que le château fut dessiné vers 1600 dans les Albums de Croÿ, par Adrien de Montigny et son atelier. Il y est orné de ses six tours rondes qui en faisaient une vraie place forte. Jusqu’au début du XXe siècle, le domaine possédait encore son châtelet d’entrée; il a été détruit, tout comme la chapelle. On entre dans le petit parc à travers une belle paire de piliers de briques à refends, sommés de vases. Le château s’élève sur deux niveaux, flanqués vers l’angle sud-est d’une tour circulaire engagée, sous une toiture polygonale d’ardoises piquée d’une flèche. L’aile principale compte deux portes en plein cintre bordées d’un encadrement à refends, entaillé d’une gorge et surmonté d’une archivolte amortie. L’une des portes à gauche, est en boiserie de style Louis XIV. L’aile en retour se trouve sur la gauche. Elle présente trois arcades surbaissées, porteuses de clés saillantes. L’une est armoriée, datée 1708 et chargée de l’inscription « leconte/despinoy ». À l’arrière, vers le parc-potager, les baies défilent dans une ordonnance très XIXe siècle. La toiture de l’édifice repose sur des corbeaux. Elle est en batière, à croupes.



On ne visite pas. Domaine strictement privé.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003