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Le très long voyage des Merode à Ham-sur-Heure


Château communal de Ham-sur-Heure - 6120 Ham-sur-Heure (Ham-sur-Heure-Nalinnes)



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  • Le château-fort d’Ham abrite les services communaux et un petit musée historique fort intéressant. La demeure est d’une qualité exceptionnelle. © Philippe Farcy

  • Paré de moellons de calcaire, Ham a intégré au mieux les ajouts du XIXe siècle. © Philippe Farcy

  • Timbre-poste, série Pour le Tourisme, 23 octobre 1976, dessin Herman Verbaere, ravure Paul Verheyden, Catalogue Officiel de Timbres-Poste (COB) n° 1835



Nom Officiel Château communal de Ham-sur-Heure
Localisation 6120 Ham-sur-Heure (Ham-sur-Heure-Nalinnes)
Construction Du XIVe siècle au XXe siècle
Style Gothique et néo-gothique
Architecte L.-B. Dewez au XVIIIe siècle; P. Langerock (1898-1910) ; gravure : Remacle-le-Loup au XVIIIe siècle
Occupants Administration communale de Ham-sur-Heure-Nalinnes - CPAS de Ham-sur-Heure-Nalinnes - Bibliothèque communale de Ham-sur-Heure - Musée de la Vie Rurale et Artisanale
Affectation Maison communale, CPAS, bibiothèque communale et musée historique depuis 1952
Protection Bien classé le 5 mars 1936

Dernière mise à jour : 31/07/2013


Une forteresse de plaine.


Proche de Thuin, Ham-sur-Heure est un château absolument remarquable dont la seigneurie dépendait jadis de la principauté de Liège (de 889 à 1794). Le château appartint à la famille de Florennes, puis à celle des Morialmé déjà cités en 1075. Il passa ensuite par mariage dans la descendance du comte de Flandre, Guy de Dampierre. En 1259, les Condé y étaient maîtres comme ils l’étaient à Beloeil. Vinrent à leur suite les d’Enghien en 1402. Plus tard, de 1413 à 1441, on y vit les Luxembourg, Fosseux et Bourgogne. Puis, en 1487, Ham entra pour un semblant d’éternité chez les barons (1473) de Merode. Il suffisait que Richard III de Merode épousa le 7 juillet 1456 Marguerite d’Argenteau, fille de Renaud, seigneur de Houffalize et de Jeanne d’Enghien pour que Ham et Houffalize tombassent dans l’escarcelle des Merode. Marguerite mourut ! Les Merode étaient désormais chez eux.



Aux marquis de Trélon


La branche des Merode marquis de Trélon garda ce bien parmi les plus prestigieux de leurs innombrables domaines jusqu’au 13 janvier 1941. Cette date marque le décès de leur descendante, la comtesse John d’Oultremont. Elle était née à Paris le 24 mai 1859 comtesse Victurienne de Merode des oeuvres de son père Louis et de sa mère (surtout) Anne de Rochechouart de Mortemart; la famille résidait au 16 rue de Matignon à Paris. Victurienne était la tante de Louis de Merode et de son épouse, Elisabeth de Moustier (Ny), ceux-là même qui cédèrent le château de Loverval aux religieuses de Gand en 1939. La commune acheta Ham aux d’Oultremont en 1952, contre six millions de francs belges.

Le parc d’Ham-sur-Heure compte encore plusieurs dizaines d’hectares. Ils sont partiellement ceinturés de superbes murs – certaines portions requièrent d’urgence des soins – érigés par Maximilien de Merode-Monfort (1662-1716). C’est d’ailleurs lui qui diminua nettement le château-fort pour le rendre plus vivable; Louis XIV l’aida un peu en 1667. Sous le Soleil, la tour principale qui lui faisait de l’ombre fut abattue. Et en 1689, le maréchal d’Humières, lointain parent de Maximilien mina divers pavillons. Quand la raison d’Etat prime, le cousinage déprime...



Intervention de Dewez


Le château se présente désormais comme un L déséquilibré (coudé) et terminé par des pavillons ou tours d’angle carrés. L’architecte Langerock transforma grandement l’aspect néo-classique en vigueur sur une partie est de la façade sur cour dessinée par son collègue Laurent-Benoît Dewez (Herlaimont). Le néogothique s’imposa avec force pierre bleue et moellons de calcaire. Les lignes d’accès à la maison furent rompues par l’implantation d’un corps trapézoïdal de deux niveaux et demi, liant les deux ailes. Langerock fit appel aux tourmenteurs de pierres, aux faiseurs de gradins, aux façonneurs de pinacles et autres créateurs de lucarnes à pignons crénelés. Les façades donnant sur le sud ont été moins transformées. Les murs y sont aveugles sur près de 30 pieds. La tour semi-circulaire abrite la chapelle sous sa nouvelle toiture en poivrière. Les baies sont généralement à croisées. Plusieurs linteaux sont animés d’une accolade, décor typique des souvenirs gothiques encore en vogue au XVIe siècle. L’arrière de l’aile est se voit longée par des douves sèches et des murailles hautes (fin XVIIe-début XVIIIe siècles selon les sections) soutenant les parterres en terrasse. Une allée de tilleuls et une superbe balustrade baroque remontent l’Heure et s’éloignent du bâtiment pour se diriger vers le fond du parc. 



SOURCES:
Comte Baudouin d’Ursel, Princes en Belgique : Merode, Rubempré et Everbergh 1823, Grimberghe 1827, Merode 1930, Le Parchemin, 78e année, n° 405, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, mai-juin 2013
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003