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Le manoir de Lébioles reprend vie


Manoir de Lébioles - 4900 Spa



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  • © Philippe Farcy

  • Lébioles reprend son cours normal de lieu de qualité grâce à la vente de juin 2005 et aux acheteurs qui lui ont rendu son prestige. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Manoir de Lébioles
Localisation 4900 Spa
Construction 1908
Style Éclectique
Architecte Charles Soubre & Alfred Lobet; Entrepreneurs : Jehin Père et fils
Occupants Manoir de Lébioles Hôtel-Spa-Restaurant
Affectation Hôtel-restaurant
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 03/01/2013


Vendu en l’été 2005, le château a été restauré.


Lébioles est le Ciergnon spadois. Ce château connu pour avoir abrité pendant deux décennies d’excellents auteurs de la littérature francophone grâce au poète Paul Dresse de Lébioles, vaut le domaine royal par son ampleur architecturale, la beauté de son site et la magnificence de ses vues. Paul Dresse reçut ici Léon Daudet, fils d’Alphonse, en août 1927. Léon était avec Maurras un des fondateurs du journal l’Action Française. Pourtant, si les Dresse ont laissé leur nom à ce domaine enchanteur, c’est à un Gantois que l’on doit l’édification de cette bâtisse. Elle tient à la fois de l’art mosan et de l’art rhénan, en une sorte de fusion jusque-là jamais réalisée architecturalement entre la principauté de Liège et sa grande sœur colonaise, même si les princes de Bavière ceignirent souvent les deux couronnes ecclésiales.


Georges Neyt, né en 1842, est décédé en 1910. Il était le fils unique d’Édouard-Constant (1799-1849) et d’Albanie Duquesne, née à Tournai en janvier 1820. Les Neyt étaient installés sur la promenade de la Coupure à Gand. Ils possédaient une sucrerie fort rentable. En 1845, Edouard-Constant et son frère Adolphe-Henri décidèrent d’investir ensemble les bénéfices de leur affaire dans un grand lot de bois disponible près de Spa. Les vendeurs étaient d’autres Gantois, les frères Van Damme, négociant et notaire. Il s’agissait de forêts appartenant avant 1794 au prince-évêque de Liège, devenues domaniales sous le régime hollandais et achetées en 1825 par Constantin, comte de Geloes d’Eysden, chambellan du roi.

La très mauvaise gestion du site obligea le comte à revendre et les Van Damme en firent l’acquisition. Les Neyt achetèrent le bien soit 365 hectares, pour 117 520 francs. Les frères Neyt accrurent leur domaine à plusieurs reprises, mais le père de Georges allait mourir prématurément en 1849. En 1850, le gamin se retrouvait à la tête d’une fortune de 533 777 francs-or, signale le spécialiste de ce domaine A. Andries en juin 2003. En 1852, le petit Georges allait perdre sa mère. Ce double drame devait le mettre sous la protection d’un ami de sa famille maternelle, Julien Vinchent, président du Conseil des Mines. Ce dernier allait passer son temps à acheter pour le jeune homme des terres et des bois dans cette zone agricole fort rentable.

Georges Neyt parcourut une carrière de diplomate – il fut ministre plénipotentiaire – et il ne s’occupa de ses domaines spadois (440 ha) qu’une fois entré en retraite, le 29 novembre 1902. Il vivait à Bruxelles au n° 32 boulevard de Waterloo. Veuf depuis 1895, il eut une fille Mary, mariée à l’avocat Guillery dont elle divorcera. En 1904, Georges Neyt rencontra Louise de Gerlache, sœur d’Adrien. Elle sera sa compagne platonique jusqu’à la proche fin des jours de Georges, malade du système digestif.



Choix laborieux d’un architecte


Pour occuper la fin de sa vie, Georges Neyt pensa ériger un château. Il fit appel à Charles Soubre (1846-1915) qui lui soumit un projet dès 1905. Il contacta aussi Léopold Pepermans, architecte bruxellois né en 1870. Mais le plus beau projet sera celui de Paul Saintenoy daté de 1907. Il s’agissait d’un château typique de la Renaissance française, sur la Loire. Malheureusement, il n’y eut pas d’entente entre les deux hommes qui iront même se disputer devant les tribunaux.


Saintenoy vexé d’avoir été refoulé intentera un procès et touchera un dédit de 30 000 franc; il en espérait 50 000. Soubre et Neyt travailleront de concert avec l’aide de l’assistant de Soubre, Alfred Lobet, né en 1861, commissaire et membre fondateur de l’Association des Architectes de Liège créée en 1891. Les châteaux d’Awans (Francotte) et de La Neuville à Chevron (anciennement aux Simonis) serviront d’exemples. En avril 1908, Neyt quitta définitivement Bruxelles pour Spa afin de surveiller les travaux. Il s’installera au Red Castle, rue de Barisart.

Mais le 29 décembre, il s’y écroula dans son bureau, frappé par une rupture d’anévrisme. En 1912, le château fut vendu par Mary à Edmond Dresse (1870-1940). Ce dernier était fils de Robert et d’Edwige Spring. Edmond avait épousé Anne Delloye (1873-1960), fille de Charles-Emile et de Marie Lamarche. Les Dresse terminèrent les travaux et firent installer dans les bois des « fabriques », tel un temple hindou décoré de scènes de l’opéra « Lakmé » de Léo Delibes, une tour d’observation en bois, un chalet et un pavillon de chasse. En 1980, leur petite fille Liliane vendit le domaine à Jacques Cauwels et son épouse, née Van Cauwenberg qui transformèrent le bien en un hôtel de luxe. Ils maintinrent à Lébioles cet esprit de beauté et de charme pendant dix-neuf ans. Après leur départ à la retraite et la vente du bien à des investisseurs allemands, le château a décliné, avant de retrouver sa splendeur et sa vocation récente d'hôtel-restaurant de luxe en 2006.
 


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 
André Andries, La vie romanesque de Georges Neyt (1842-1908) : envoye? extraordinaire et ministre ple?nipotentiaire, ba?tisseur du manoir de Le?bioles, Histoire et Arche?ologie spadoises 2005