FR - NL - EN
ACCUEIL AGENDA CONTACTEZ-NOUS FAQ CONNEXION CHÂTELAINS

Monceau, un château-ferme pour des jeunes aimant la nature


Château du Monceau - 6642 Juseret (Vaux-sur-Sûre)



Contacter

Catégorie : Informations Business Evénements
Prénom
Nom
E-mail
Téléphone
Veuillez écrire CASTLE dans le champ ci-dessous:

  • © Philippe Farcy

  • De l’ancienne seigneurie de Juseret, il reste le château-ferme offert en apanage aux enfants. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château du Monceau
Localisation 6642 Juseret (Vaux-sur-Sûre)
Construction 1699; XVIIIe et XIXe siècles
Style Traditionnel
Architecte
Occupants La Boîte à Couleurs a.s.b.l.
Affectation Stages nature pour enfants
Protection Monument et site classés le 17 novembre 1989

Dernière mise à jour : 12/01/2013


La réaffectation des châteaux est parfois heureuse. La preuve à Juseret.


Sur la commune de Vaux-sur-Sûre se trouve une ancienne ferme seigneurie. Le village de Juseret comptait, nous dit de Seyn, trois seigneuries. Il y avait celle de Bercheux qui était aux mains de la famille de Naves au XVIIe siècle. Les Dumont et les Barsin en héritèrent ensuite. Puis il y avait la seigneurie « Le Chêne » avec un château possédant les trois niveaux de justice. Enfin l’auteur signale la seigneurie qui nous occupe avec son ancien château nommé « le Monceau, qui a appartenu à des comtes ». Les volumes encore récents des « Communes de Belgique » sont plus prolixes. Un des auteurs ne cite comme châtelain et seigneur foncier en avril 1626 que Robert du Monceau. À cette date, « il acheta la haute justice sur Bercheux, Juseret et Lescheret. En février 1629, les communautés (religieuses) payèrent à la Chambre des comptes les droits attachés aux engagères ». En compensation, du Monceau obtint la haute justice sur Ebly, Chêne et Tronquoy. Les du Monceau furent faits comtes en 1737 et gardèrent leurs pouvoirs sur ces trois lieux jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.


Fief de réfractaires

Quant à Emile Tandel (T.VI, a, p. 127) il signale que « Les habitants... ont été attirés par le château appelé Le Monceau, et ont construit, à quelques mètres plus bas, un nouveau village nommé Juseret. Ce château, qu’on dit avoir été construit par les moines, a appartenu aux comtes de la famille seigneuriale Du Monceau, éteinte aujourd’hui, et dont il (le château) porte encore le nom ». On notera que ces petits villages étaient situés en zone limitrophe de diverses circonsciptions ecclésiastiques (Trèves et Metz en particulier) et qu’ à Lescheret, se réunirent secrètement des catholiques réfractaires à Napoléon Ier. On les nommait les stévenistes (une de leurs chapelles se situe à Gooik). L’appellation de cette communauté encore existante vient du chanoine Corneille Stevens (1747-1828) qui se ralliera en 1814 à l’évêque de Namur.

Douves combléees

Le château-ferme est donc garni de diverses tours de défense. De plus, il était ceint de douves dont on devine encore les traces mais elles furent, il y a fort longtemps, comblées. La jeunesse en ces lieux l’est autant (comblée). Depuis 1990, grâce à l'a.s.b.l. La Boîte à Couleurs, on fait vivre à cette jeunesse des stages divers pour apprendre à connaître la nature (site protégé aux abords immédiats de la demeure), pour appréhender et côtoyer tous les animaux de la ferme et ceux de la faune sauvage qui gravitent dans les environs. L’a.s.b.l. s’efforce d’organiser des classes de campagne et de vacances pour enfants handicapés et valides, mettant ainsi la nature à portée de tous. Les enfants-élèves participent concrètement à la vie de la ferme : ils soignent les animaux, ils récoltent les produits fabriqués sur place, ils apprennent à vivre en communauté et font de l’équitation. De plus, ils sont encadrés par une équipe pluridisciplinaire comprenant animateurs, assistantes sociales, kinésithérapeute, psychologue, éducateurs, instituteurs et ergothérapeute... Voilà donc un projet de revitalisation d’un ensemble de bâtiments dont l’avenir était devenu incertain lors de la cessation d’activité de la ferme. Comme on sait que la Région Wallonne aime soutenir les projets qui permettent à la population de profiter de son patrimoine, l’aide des pouvoirs publics fut rapide et consistante. Cette belle bâtisse fortifiée dont la construction remonte à l’extrême fin du XVIIe siècle (1699 selon la notice du volume 17 du Patrimoine monumental), a été vraisemblablement remaniée au siècle suivant.


Chapelle castrale


Le plan traditionnel en quadrilatère était jadis complètement clos. Il reste un élément d’élévation sur le flanc sud. L’immeuble présentait, il y a peu encore, des murs extérieurs en schiste crépi. Ils sont pratiquement aveugles. Une cour à laquelle on accède à l’ouest par un très beau porche en arc surbaissé à impostes saillantes dont les deux éléments de porte ont disparu. Au nord, deux tours carrées assez hautes ponctuent les angles. Elles sont couvertes de toitures en pavillon à coyaux. Dans la cour intérieure, on peut encore voir le logis, des étables, des granges, une bergerie ainsi que l’ancienne chapelle. La chapelle fait partie des restes de la face sud. Elle est éclairée par trois baies dont deux sont chanfreinées et en plein cintre tandis que la troisième possède un linteau droit. Le lieu de recueillement est surmonté d’un étage d’habitation. À ce niveau, on retrouve deux fenêtres. Les façades du périmètre intérieur étaient en restauration à l’automne 2004. Les travaux ont déjà coûté 230 540 euros à la Région Wallonne qui aide le projet pour sa portée économique, culturelle et touristique comme elle l’a fait à Landenne dans le projet du château du Chant d’Oiseaux.


Les bâtiments sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 
Le patrimoine monumental de la Belgique, sous la direction de Danielle Sarlet & André Matthys, Direction Générale de l’Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine,Volume 17, Luxembourg/arrondissement de Bastogne, Pierre Mardaga 1993
Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)
Emile Tandel, Les Communes luxembourgeoises, Institut Archéologique du Luxembourg 1889-1894