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Laval dans le feu de l'offensive von Rundstedt


Château-Ferme de Laval - 6680 Tillet (Sainte-Ode)



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  • © Philippe Farcy avril 2010

  • Le château de Laval alterne les volumes. Le donjon aux lignes puissantes a résisté aux bombes allemandes de 1944. Elles ne furent pas les seules. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château-Ferme de Laval
Localisation 6680 Tillet (Sainte-Ode)
Construction XIIIe, XVIe, XVIIIe, XVIIIe et XXe siècles
Style Traditionnel
Architecte
Occupants
Affectation Résidences privées & gîtes à la ferme
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 12/01/2013


La Noël 44 fut terrible ici et les châtelains s’en souviennent avec émotion.


Le Laval, c’est d’abord une toute petite rivière. Elle ira se jeter dans l’Ourthe à Sprimont (Amberloup). Entre les deux, se trouve le hameau de Fosset si cher à Fernand Khnopff d’où il sortit quelques esquisses d’une infinie poésie. Laval c’est aussi un petit village centré sur son château qui fait office de donjon et de ferme. Nous sommes entre Bastogne et Saint-Hubert. Durant l’hiver 1944, « ça canardait fort par ici », nous disait Monsieur Denis, propriétaire d’une moitié des bâtiments – côté cour de la ferme et des adjonctions du XIXe siècle – tandis que son cousin, M. Vermeersch, agriculteur, veille à la pérennité du puissant et trapu donjon.

La première ferme a été transformée en quatre gîtes capables d’accueillir 28 personnes. L’autre est toujours en activité et assortie de très belles étables et granges du XVIIIe siècle. « Du porche d’entrée où nous nous trouvons, face au carrefour, je vois encore une jeep arriver avec quelques soldats. À peine eurent-ils le temps de s’arrêter que, pour leur malheur, un obus allemand leur tomba pile dessus. Il ne resta que des lambeaux de ces hommes valeureux dont des morceaux pendaient aux arbres et aux fils électriques. À 50 mètres près, c’est le château qui disparaissait. Ce sont des moments qui marquent à jamais une mémoire. J’étais gamin, mais je n’oublierai de ma vie le sacrifice de ces gars-là ».


Un obus dans le salon


Depuis 1944, les étangs n’ont plus été curés car y gisent des obus non explosés. Il y a même dans le mur de la cuisine du vieux donjon les traces d’un impact qui s’englua dans 1,5 mètre de façade sans éclater. Le projectile s’y trouve toujours. Les murs sont tellement épais que l’un d’eux abrite une petite chapelle privée. Au XIXe siècle, Tandel d’une part et l’abbé Sulbout d’autre part travaillèrent sur le passé de cette minuscule entité. Les premières traces modernes d’habitation, outre une présence humaine déjà signalée à la préhistoire puis sous les Celtes et les Romains, remonte au XIIIe siècle. Laval appartenait aux Welchenhausen originaires de Diekirch et dont Juliette ou Julienne allait épouser d’abord Waleran de Chenecu en 1387 puis un certain Jean Ier d’Orley, ce qui pourrait jeter un pont avec Ecaussinnes-La Follie. Leurs deux fils hériteront du bien, mais sous leur « règne » en 1410, le château fut détruit par le duc Antoine de Bourgogne, à moins qu’il ne s’agisse du comte Louis de Nassau lorsqu’il vint assiéger Bastogne. Il resta quand même la cave couverte d’une voûte d’arête en schiste comme dans les soubassements du donjon de Rahier. Entre 1532 et 1548, le château de Laval fut remonté comme on le voit encore de nos jours. Il appartenait alors aux seigneurs de Bolland qui étaient d’origine française. Leurs armes animent encore une façade. Ils y demeurèrent jusqu’en 1610.


Lien avec le Pont d’Oye


Ensuite Laval échut aux comtes de Schwarzenberg puis sans doute à Lambert-Maximilien de Viron, époux d’Antoinette Le Vasseur (Beervelde) pour entrer dans la famille des barons de Gallo de Salamanca. Une magnifique plaque de cheminée aux armes Gallo décore toujours le feu de la grande cuisine. Les Gallo furent dans le même temps, vers 1650, comtes de Cortil-Noirmont près de Gembloux. On trouve au Pont d’Oye une plaque de feu à leur blason, sans doute commandée aux forges et jamais livrée. À Laval, les Gallo agrandirent les ailes de ferme (pignon sud daté de 1661) puis firent l’adjonction d’une tour-porche (1690) et celle du quartier-maître (second donjon). Ils créèrent les ailes d’équerre formant la cour et travaillèrent au vieux donjon ancré de 1715. Faute de descendance, les Gallo perdront Laval en 1750 et la seigneurie sera alors morcelée.

À la Révolution française soit dès 1792, Laval tomba dans l’escarcelle du notaire Jean-Henry Cawet dont on dit que le fantôme hante toujours les murs de cette antique demeure. Cawet resta ici jusqu’en 1812. Peut-être est-il l’aïeul de Nicole Cawet, épouse de Francis Dernouchamps, patrons de la célèbre « Hostellerie Saint-Roch » à Comblain ? Le château et ses annexes furent encore modernisés quand Henry Vermeersch devint propriétaire du château en 1917 au nom de ses enfants. Le second donjon fut alors décoré d’échauguettes et d’une crête faîtière. Le jeu des successions a divisé les bâtiments en deux entités distinctes.

Le donjon est une bâtisse turriforme de deux niveaux sous une haute toiture d’ardoises en pavillon. Les murs crépis ou enduits selon les faces furent élevés en grès et schiste. Ils sont percés de quelques jours irréguliers de différentes époques, parfois à jambages harpés. Depuis la rue, l’accès s’effectue à travers la tour porche à arc en anse de panier de deux niveaux, bordée par le jeune donjon aux arêtes chaînées. L’aile de ferme nord regardant vers les fossés aqueux a été percée de larges baies pour le confort des visiteurs.

Le château se voit parfaitement de la rue.



SOURCES
:
Philippe Farcy
Emile Tandel, Les Communes luxembourgeoises, Institut Archéologique du Luxembourg 1889-1894
Abbé Césaire Sulbout, Notices archéologiques sur Amberloux et quelques localités de la province de Luxembourg, Annales de l'Institut Archéologique du Luxembourg 5, 1867, pp. 236-297