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La vie presque trépidante d'Emines


Château d'Emines - 5080 Emines (La Bruyère)



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  • Le château en L a été totalement sauvé par les Ruzette. Le parc de 25 ha posé des deux côtés de la rue va retrouver ses étangs en cascade. © Philippe Farcy

  • Emines fief d’une jeunesse européenne en vacances possède bien du charme y compris en ses haies d’honneur. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château d'Emines
Localisation 5080 Emines (La Bruyère)
Construction Vers 1687-1700; vers 1750; transformations au XXe siècle
Style Louis XV
Architecte
Occupants Château d'Emines
Affectation Résidence privée, locations événementielles & chambres d'hôtes
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 03/01/2013


De l’art de rendre la vie à une demeure ancestral

Dans le village d’Emines, on l’appelle aussi le château Ladmirant. Si le corps de logis en T n’a guère changé depuis la description donnée en 1975 dans le patrimoine monumental, les communs prirent, eux, un sacré coup de jeune. De la rue, on est impressionné par la massivité des structures de briques et de pierre bleue. Le T est ici formé par une seule travée de deux niveaux et une seule baie au rez en avancée sur la façade est. Cette partie de l’édifice repose sur un soubassement de calcaire biseauté percé d’une porte et de cinq jours. On appréciera dans l’avancée les quatre hautes et minces baies à traverses et linteaux bombés.


Fenêtres bouchées

Comme on sait, elles ont été rebouchées pour éviter de payer des taxes calculées jadis sur le nombre de baies des maisons. Cette élévation est limitée par de beaux chaînages d’angles. L’aile nord se poursuit sur sept travées. Elle est en briques exceptées les trois travées de droite dont les moellons de calcaire grimpent sur tout le premier étage. Sous la toiture ouvrant par cinq lucarnes en bâtière, trois fenêtres illuminent les chambres; une quatrième est aveugle. On remarquera le pignon jadis percé de baies dont une à croisée et l’autre à traverse et harpée. Sur la façade ouest, l’élévation de deux niveaux égaux a été ouverte sur le parc de diverses manières au fil du temps. En partant de la rue, trois travées égales assurent leur époque : fin XVIIIe siècle. Les encadrements des baies sont rigoureusement identiques et la brique servit à l’édification. Plus loin, on aperçoit, outre un disgracieux bâtiment accolé à usage d’aisance, deux baies murées, superposées et à croisées. Vers le sud, deux travées ont été aménagées dans un espace qui frise l’austérité. Cette aile est érigée en moellons de calcaire. La toiture est à coyaux, couverte d’ardoises.


Souvenir des Visart de Bocarmé

Du côté de la cour d’accès, les aménagements datent du XVIIIe siècle. Le château prend l’apparence d’un L et sous l’uniforme blanc du chaulage, il n’y a plus qu’à compter les baies, alignées sous leurs linteaux droits. La petite aile est illuminée par six travées dont une pour la porte. La grande aile est percée de sept travées dont deux pour les portes. Le pignon sud est orné d’une double baie joliment encadrée et d’un balcon. Ils furent récupérés lors de la démolition en 1974 de l’hôtel Visart de Bocarmé à Namur. Deux jours à linteaux droits complètent le dispositif. La corniche est parfois de pierre, parfois de briques (au pignon sud) ou de bois selon les endroits.


Stages pour enfants

Les communs, jadis à usage de ferme, ont subi les plus gros travaux sous la direction de l’architecte Marc-Antoine Ruzette. Désormais, pendant les vacances, ils sont utilisés pour divers stages de tennis et langues, pour des classes nature et patrimoine et pour les chambrées. Quant à l’histoire de ce site, de Seyn évoquait en 1924 un domaine féodal qui donna son nom à une famille éteinte au XVIIe siècle. Ensuite, l’auteur fait se confondre l’histoire d’Emines et du superbe château de Villers-lez-Heest tout proche, classé mais invisible, qui appartient à la famille des barons de Pitteurs de Budingen, comme à Brustem et jadis à la commanderie teutonique de Ordange (Ordingen). Selon le propriétaire actuel, le domaine passa en 1682 à Jérôme Ladmirant par héritage d’une dame Gaiffier, de Huy. François Dotreppe, échevin de Namur, acquit le bien dès 1687. Son fils Théodore-Joseph d’Otreppe de Bouvette donna au château son aspect actuel. Ensuite, son petit-fils, Philippe-Théodore céda le lot à Charles-Amour de Gemblinnes de Noville-sur-Mehaigne.

Des problèmes de patacons le forcèrent à se séparer d’Emines au profit de Thomas-Joseph Bequet qui agrandit le domaine et planta le jardin anglais. Le bien passa ensuite à Alfred Bequet, archéologue de belle réputation puis à sa fille Jeanne, épouse du comte Ferdinand Visart de Bocarmé. Leur fils Fernand reprendra le flambeau tout en apportant un soutien actif au musée de Groesbeeck de Croix, à Namur. En 1976, ce dernier légua le château au baron Ruzette qui le transmit en 1989 à son fils le chevalier Christophe Ruzette, époux de Martine Goffinet, fille du baron Goffinet, châtelain de et à Reux. Christophe et Martine Ruzette sont les véritables sauveurs d’Emines et, avouons-le, à voir le travail accompli on ne peut quitter leur oeuvre qu’en l’admirant.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 

Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)