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Flawinne fait le guet de Namur


Château de Flawinne - 5020 Flawinne (Namur)



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  • Le château de Flawinne est typique du style Louis XV mais ses décors n’ont rien d'exubérant. © Philippe Farcy

  • Flawinne a retrouvé toute sa beauté et ses jardins en terrasses sont un vrai enchantement. © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Flawinne
Localisation 5020 Flawinne (Namur)
Construction XVIIe siècle pour la Rouge-Cense; premier quart du XVIIIe siècle pour le château
Style Louis XV
Architecte Architectes d'une part du jardin : vicomtesse Sybille de Spoelberch et comte Philippe de Boncourt
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien classé comme site le 15 octobre 1980

Dernière mise à jour : 06/01/2013


Le château David de Lossy perpétue le classicisme français.


Perché sur sa colline, Flawinne domine la capitale de la Wallonie. La vue depuis l’une des trois terrasses créées au début du XVIIIe siècle est géante. Pour une fois, on ne croise pas un de ces satanés pylones électriques dans l’horizon. L’accès au château s’effectue par une très longue drève de tilleuls plantés lors de l’édification du château actuel, soit au premier quart du XVIIIe siècle. La fille de l’ancien propriétaire, Marie-Berthe David de Lossy, épouse d’Edouard de Harenne, nous racontait que certains de ces arbres portaient encore, dans sa jeunesse, des restes de boulets de canons tirés à l’occasion d’un engagement entre Français et Anglais, lors de la débâcle de Waterloo. On a même retrouvé la dépouille d’un soldat britannique lorsque son grand-père Edmond fit aménager en 1903 une petite maison à l’extrémité de l’allée. On a reconnu son régiment grâce à ses boutons. Oscar Petitjean, dans « Nos châteaux historiques » parus en 1934, évoque ces choses. Il est d’ailleurs le seul à publier les noms des différentes familles qui se succédèrent ici depuis le XVIIe siècle et dont les David de Lossy furent les derniers héritiers.


Ancien fief liégeois puis namurois

La paroisse et la seigneurie relevaient de Liège. Jusqu’au XVIIe siècle, l’auteur ne dit rien des seigneurs locaux. En 1686, Jean-Jacques d’Hinslin, seigneur de Maibes, près de Hamois et Schaltin, receveur général puis mayeur de Namur, acheta le domaine. Il était alors bâti autour de la grosse ferme-château en moellons de calcaire, dite de la Rouge Cense, qui jouxte la maison actuelle. Ce château-vieux abrita Louis XIV le 26 mai 1692. En 1695, Guillaume d’Orange, roi d’Angleterre, seigneur de Grimbergen, y tint à son tour ses quartiers. Jean-Jacques mourut en 1696. Le château passa à la fille aînée du maître, Jeanne-Françoise, épouse d’un Fraula désargenté (Wolvendael). Flawinne frôla de gros soucis, mais la sagesse l’emporta et Madame céda son bien à son frère Albert-Nicolas, bailli de Vieuville, mayeur de Fleurus et mari de Marguerite Stapleaux. Leurs armes accolées décorent encore superbement la cour d’honneur. Notons que les d’Hinslin fournirent un abbé à Malonne au XVIIe siècle.



Van der Noot

Le domaine passa ensuite à la petite-nièce du précédent, Louise-Josèphe, aînée de la famille de Jean-Baptiste. La dame avait épousé un fils de Prez de Barchon de Barcenal. Décédée sans hoir, le castel passa à sa soeur, épouse du baron Huldenberghe van den Borcht, d’une famille qui donna des bourgmestres à Louvain. Le 6 avril 1790, les partisans de van der Noot et de van der Mersch conclurent ici une alliance demeurée célèbre. Le baron, sans héritier, hérita seul de son épouse, dernière porteuse du nom d’Hinslin. Durant le XIXe siècle, le château passa par apparentement aux Doetinghem, aux barons Deville puis aux de Lossy. Ces derniers se sont éteints dans les David. Le château, bombardé en 1940 puis en décembre 1944, a été vendu pour la première fois en 1986 et superbement restauré depuis.



Immobile dans le temps

Saumery évoqua le domaine en 1744 dans les Délices du Païs de Liège et Remacle Le Loup en dressa alors le portrait gravé. La bâtisse castrale y apparaît comme aujourd’hui mais sans les adjonctions de bâtiments de basse-cour placés derrière le château. La cour arrière est désormais ornée d’un joli jardin dessiné par la comtesse Sybille d’Ansembourg et le comte Philippe de Boncourt. Le corps de logis principal en U, peint en jaune pâle, est constitué de briques et de pierre bleue. Il est composé de deux niveaux sur leur soubassement et de sept travées et se voit encadré de deux pavillons de deux travées, cantonnés de refends. Les baies du bas sont à linteau droit. Celles de l’étage sont bombées à clé alors que les piédroits sont animés de harpes saillantes. Vers le sud, l’aile de retour comporte trois travées. Les batières sont d’ardoises à coyaux et ornées de lucarnes en batière. À l’angle est, se trouve les anciennes remises à voitures. Elles limitent la terrasse principale animée de bassins. Les jardins sont admirables dans leur double déclivité. On compte trois niveaux dans le sens nord-sud et quatre dans le sens ouest-est. Le potager vient d’être restauré. Le site de Flawinne est classé comme site depuis le 15 octobre 1980; c’est le moins que l’on puisse faire !




Visites possibles uniquement lors des Journées du Patrimoine et lors de diverses manifestations annoncées dans la presse.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Pierre Lambert de Saumery, Les Délices du Pais de Liège ..., chez Everard Kints 1738