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Lonzée-Argenton, un palais en pleins champs


Château de Lonzée - 5030 Lonzée (Gembloux)



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  • La demeure vue de l’arrière est agrémentée par les bandeaux reliant les linteaux des baies. Puis elle se termine par l’église abbatiale transformée en hangar pour les engins agricoles. Voilà qui évoque la Paix-Dieu à Amay. © Philippe Farcy

  • Lonzée était une résidence de nonnes bien nées: le palais épiscopal et la "maison des étrangers", c'est-à-dire la partie où étaient hébergés l'abbesse et les personnes de passage à l'abbaye (merci à Andrée Odekerken pour cette précision). © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • A Lonzée, il n'a pas que le palais abbatial qui vaille la peine. Même de petits coins de la ferme recèlent beaucoup de charme. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Le fronton armorié de l'abbesse Diesberg © Philippe Farcy

  • Le tympan armorié de l'abbesse Gemine © Philippe Farcy

  • Photo 1933. Tous nos remerciements à Michel d'Arripe.

  • Photo 1933. Tous nos remerciements à Michel d'Arripe.

  • Photo 1933. Tous nos remerciements à Michel d'Arripe.

  • Carte postale envoyée en 1921, ed. Bob



Nom Officiel Château de Lonzée
Localisation 5030 Lonzée (Gembloux)
Construction 1738; 1752 à 1754
Style Classique Louis XV
Architecte Jean Maljean
Occupants
Affectation Résidence privée; exploitation et commerce d'antiquités
Protection Bien classé le 13 janvier 1989

Dernière mise à jour : 24/03/2013


Une église en guise de hangar.


L’histoire de ce véritable palais abbatial, survivance de l’abbaye d’Argenton accompagné de ses corps de ferme, de l’église en trèfle, d’un élégant porche d’entrée et d’une partie du mur d’enceinte est relativement simple. Des religieuses augustines délocalisées depuis Balâtre (Granval) vinrent se fixer dans cette vaste plaine dès 1229. Ralliée à l’Ordre de Cîteaux et dépendant de l’abbaye de Villers-la-Ville, l’abbaye d’Argenton demeura en fonction jusqu’à la Révolution française. L’abbaye d’Argenton a été supprimée en 1796. Le bien fut vendu une première fois le 27 juin 1797 au citoyen Jean-Baptiste Paulée (1754-1832), avec 130 bonniers de terres, pour la somme de 200.000 livres. Sous l’Ancien Régime, le territoire comptait 850 hectares. Les sources relevées par Andrée Odekerken en 1993 signalent que l’abbaye était déjà louée comme ferme dès le 7 janvier 1797 au sieur Hicquet. Depuis, l’affectation n’a pas changé. À Hicquet succédèrent les Chavée, Rucquoy, d’Arripe et enfin les van Eyck présents en ces lieux depuis trois générations.



Un fabricant de cigarettes

Après le citoyen Paulée, on trouve comme propriétaire en 1831 Paul-Joseph Dervaux, seul. En 1834, le bien est placé entre les mains de Paul, César et Eglé Dervaux. Eglé épousa le comte Duchâtel, mort en 1867. En 1879, la comtesse est co-propriétaire avec ses enfants. Le 31 décembre 1904, l’ensemble est vendu à Alfred-Abdallah Orban et à son épouse Jeanne-Félicité van Volxem. Le 1er décembre 1921, ce couple dont la fille épousa Paul Lippens, se sépara de Lonzée en faveur d’Eugène d’Arripe (7e enfant d'Edouard d'Arripe, propriétaire du Hof ter Linden à Battel, Malines) et Madame, née Meeus. Eugène conserva l’abbaye jusqu’à ce qu’il la vende le 31 mai 1933 à Camille Gosset, Bruxellois bien connu pour sa fabrique de cigarettes.

Sur le plan historique, un des rares moments forts de Lonzée réside dans la présence le 31 janvier 1678, de Don Juan d’Autriche. Il fit d’Argenton son quartier général avant la bataille de Gembloux contre l’armée des Etats Généraux.



Maljean, un architecte méconnu

L’architecture du palais abbatial est celle d’un immense quadrilatère de près de 50 mètres de long, de type classique. Norbert Bastin, conservateur honoraire du Musée de Croix, a découvert encore récemment la personnalité de l’architecte qui aménagea l’aile qui nous occupe ainsi que l’église. Il s’agit de Jean Maljean à qui le conservateur namurois attribue le Séminaire (1734), l’église Notre-Dame des Récollets (1750 à 1754), le château de La Plante (1735-1740) pour l’évêque von Strickland, le palais épiscopal construit pour le même prélat (1755) et enfin une aile de l’abbaye de Floreffe érigée pour l’abbé Dartevelle de 1737 à 1740.

Le corps de logis en briques et pierre bleue s’élève sur deux niveaux posés sur des caves percées de jours dont la hauteur croît en fonction de la pente. L’édifice s’étire sur treize travées. Les trois travées du centre sont en légère avancée; elles sont sommées d’un fronton armorié (abbesse Diesberg) soutenu par des pilastres à refends. Un escalier à deux volées affrontées prend place dans cet axe sous un tympan mouluré, surbaissés et armorié (abbé Bavay, de Villers). Toutes les baies sont à petits-bois, bombées et ornées de montants harpés. Certaines baies conservent des croisées de pierre en boudin. La partie gauche, vers l’église qui sert de hangar, est elle aussi animée d’un tympan armorié (abbesse Gemine). Les toitures en bâtières et coyaux sont couvertes d’ardoises.


Visites possibles et accueil charmant. 




SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003