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Folie de style Louis XV à Nerem


Kasteel Nerem - 3700 Nerem (Tongeren)



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  • Des grilles superbes puis un pont en béton peint amènent le regard vers un château éclectique bien tenu. © Philippe Farcy

  • Le château de Nerem est typique du goût Beaux-Arts de la fin du XIXe siècle et de la Belle Epoque. © Philippe Farcy



Nom Officiel Kasteel Nerem
Localisation 3700 Nerem (Tongeren)
Construction 1904-1914; après 1945 pour les aménagements intérieurs
Style Beaux-Arts
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 06/01/2013


Béton et ciment au service du style « Beaux-Arts ».


S’il est un château curieux dans le Limbourg, c’est bien celui de Nerem à défaut de pouvoir profiter encore de celui de Melveren dans son ancien état Tudor. Posé sur une colline qui domine un ruisseau, le château de Rosmeulen ainsi appelé en souvenir de celui qui le construisit, regarde vers le village. Il s’offre un petit air de domination, protégé derrière ses impressionnantes grilles en fer forgé de style Louis XV. La demeure est parfois nommée « La Brise ». Elle a été construite en plusieurs étapes en ce compris la décoration. Celle-ci fut achevée seulement dans les années 1970.



Un rêve d’homme d’affaires

Le sieur Rosmeulen qui n’aura jamais habité son rêve, était originaire du hameau de Berg, près de Tongres. Il possédait une chocolaterie installée à Verviers et constitua une société en ces lieux par acte passé chez Me Neven, notaire à Tongres. La maison n’était pas achevée au seuil de la Grande Guerre. L’idée du constructeur était de s’inspirer d’un des pavillons de l’exposition universelle de Paris en 1900. Voilà qui explique le côté sucré de cet intéressant château typique de la Belle-Epoque. Pour surfer sur l’idée plagiaire, il faut se souvenir des deux palais roses parisiens copiés sur le Grand Trianon de Versailles. Le premier construit par Arthur Schweitzer au Vésinet en 1899 fut acheté dès 1908 par le comte Robert de Montesquiou-Fezensac. Il existe toujours. Le plus célèbre construit en 1896 était celui de Boni de Castellane érigé avenue Foch et détruit en 1970. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le château de Nerem a d’abord été occupé par les soldats belges en mai 40. Les Allemands y prirent ensuite leurs quartiers puis à leur départ s’y installèrent les Américains. À la fin des opérations militaires, le château fut racheté (à qui ?) par les industriels verviétois Duesberg et Bodson avec un territoire de 2,70 hectares. Le château devint un ensemble de bureaux. En 1970, un instituteur de Tongres, M. Bleyweert, acheta le bien; il ne le conserva que deux ans. C’est alors qu’y entra la famille Riskin connue pour son commerce de fruits. Une usine, construite en contrebas par M. Rosmeulen, fut alors transformée en fonderie d’étain. On y emploie 80 personnes de nos jours ce qui en fait la plus grande usine du genre au monde.



Restauration et conservation

Dès 1972, M. Riskin s’est efforcé de reconstituer les allées, les pièces d’eau, les escaliers et de réparer l’extraordinaire pont qui lui aussi se prend pour un autre, à savoir le pont Alexandre III à Paris. Le ciment et le béton furent utilisés à toutes les sauces avec beaucoup d’habileté. Même les décors de vases du parc sont en ces matières. Le château est érigé sur un haut soubassement de caves. Il se présente comme un bloc carré cimenté peint en blanc, animé de quelques éléments de confort (comme les oriels) ou de service. On découvre la maison dès l’accès au pont cintré, précédé par deux sphinges couchées. Les garde-corps du pont ont été décorés de lampadaires en fer forgé d’un bel effet.



Toiture à bulbe

L’accès à la demeure s’effectue par un large escalier de pierre bleue menant à un péristyle. Il est soutenu par quatre colonnes à chapiteaux ioniques. Ils soutiennent une terrasse d’où émergent les trois baies accolées de la chambre principale. Le péristyle est enserré entre deux avancées à pans coupés ce qui donne à cette façade, large de cinq travées, beaucoup de lumière. La façade sud s’étire elle aussi sur cinq travées qui sont couronnées par autant de lucarnes plates. De ce côté pointe une belle tour d’angle ajourée par cinq autres travées. La tour présente deux niveaux et est sommée par une toiture en bulbe qui évoque le palais de Tervueren construit par Léopold II. Les hautes baies sont limitées par de belles colonnes cylindriques à chapiteaux composites. La face ouest est la moins élégante; elle est même un peu disparate. Par contre, on retrouve de l’élégance dans la face nord où une grande verrière composée de vitraux dorés donne de la lumière à l’immense hall d’entrée et à l’escalier d’honneur.


On ne visite pas. Le château se voit de la rue.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003