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Kinkempois, seigneurie abbatiale égarée dans une banlieue


Château de Peralta - 4031 Angleur (Liège)



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  • La partie arrière n’est plus en briques comme à l’avant mais en blocs de calcaire. La massivité des façades relève des temps troublés du XVIIe siècle. © Philippe Farcy

  • La façade d’accueil du château évoque le style Louis XV. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Peralta
Localisation 4031 Angleur (Liège)
Construction XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles; 1951
Style Louis XIV et Louis XV
Architecte 1887: Lambert Gaspard; 1951: J. Moutschen
Occupants Ville de Liège
Affectation Mairie de quartier et échevinat des travaux publics
Protection Bien classé le 15 octobre 1937

Dernière mise à jour : 06/01/2013


Un château pour un abbé de Saint-Laurent.


Fief du prince-évêque, Kinkempois est une très ancienne seigneurie. Comme le signalait jadis Maurice Yans, cette terre appartenait dès le XIIIe siècle aux Hemricourt. Raes de Haccourt en 1381 y régnait. Puis, comme le dit de Seyn, on y vit Henri de Bautersem, seigneur de Berg-op-Zoom (Berghes) suivit par son frère Gérard de Berghes et le fils de ce dernier. Jehan de Grimberghe, seigneur d’Assche, gendre du fils Berghes, l’obtint en 1421. Il vendit en 1434 à Guillaume de Momalle, seigneur d’Emptinne. Son fils s’en sépara en 1457 au profit de l’abbaye de Saint-Laurent. L’abbaye paya 3.000 florins-or et conserva les lieux jusqu’à la chute de l’Ancien Régime. Remacle Le Loup (1708-1746) en donna une gravure pour les Délices du Païs de Liège.



Un ministre du Costa Rica

Dès 1796, Charles Desoer et son épouse née Goswin en firent l’acquisition contre 40.100 livres. En 1885, leur arrière-petite-fille Jehanne, vicomtesse de Clérembault, devint la nouvelle propriétaire. Elle épousa en secondes noces le marquis de Peralta, ministre plénipotentiaire du Costa-Rica à Paris. Il ne faut pas confondre ce Peralta avec les comtes de Peralta y Cascales qui donnèrent un gouverneur de Charleroy et furent propriétaires du château de Louvignies dès 1715. À la mort de la marquise décédée sans hoir en 1919, le château fut racheté par la compagnie immobilière Bernheim aux marquis de Gontaut-Biron, héritiers de Jehanne. Le titre de marquis de Peralta semble s'être éteint puisqu'il a été réhabilité en 1968 pour le fondateur de l'Opus Dei don José Maria Escriva de Balaguer. Personne ne voulut de ce château déjà inscrit dans un univers industrieux, à proximité de l’immense gare de triage ferroviaire de Kinkempois. En 1935, Bernheim se résolut alors à donner le castel et le parc accompagné d’un superbe théâtre de verdure à la commune d’Angleur qui s’empressa d’accepter. D’après le volume du patrimoine monumental, la partie intacte la plus ancienne est le pont d’une arche, décoré d’une clé portant l’inscription « D Gérard de Zuilre 1535 ».



Ancien château fort

Le pont donne accès à la petite cour en U du château. Celui-ci est en effet ceinturé d’eau ce qui confirmerait les sources mentionnant ici dès le XIVe siècle un château-fort. Les douves sont toujours alimentées par le ruisseau de Kinkempois, long d’un seul kilomètre. Il coule depuis la colline voisine, formée par un massif du Dévonien et passe sous la route du Condroz avant de glisser vers le château. La bâtisse médiévale défendait les accès à la Meuse et à l’Ourthe, comme signalé plus haut. À la différence près que du temps de Remacle Le Loup, le château avait déjà perdu son aspect militaire et était devenu une résidence de plaisance. Il fut par la suite plusieurs fois remanié. En 1887, la vicomtesse consentit de multiples transformations avec l’aide de l’architecte Lambert Gaspard suite à un incendie, nous apprend Carlo Bronne. En 1940 puis en 1944, du fait de la proximité du pont de chemin de fer et de l’importante gare de triage, le village fut bombardé. Le château eut à en souffrir. Il fut presque totalement reconstruit et les travaux s’achevèrent en 1951.



Chapelle de l’abbé Natalis

La façade d’accès de style Louis XV est installée au nord. Elle est érigée en briques et pierre bleue. On y compte neuf travées sur deux niveaux posés sur un haut étage de caves, sous des toitures en bâtière animées de lucarnes bombées. Certaines travées sont séparées par des pilastres à refends. La façade ouest compte huit travées. La façade arrière, elle aussi en U, est par contre totalement recouverte de beaux moellons de calcaire. Les baies sont ici à croisées. La face est partage briques et moellons. Une petite chapelle évoquant le souvenir de l’abbé Henri Natalis qui l’avait reconstruite en 1566, y est inscrite. Le maréchal de Turenne, l’infante Eulalie d’Espagne, la tante du roi Alphonse XIII et Ferdinand de Lesseps séjournèrent en ces lieux. Les abords sont très mal tenus.


Accès public.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Le patrimoine monumental de la Belgique, Volume 8, Tome 1, Ministère de la Communauté Française, Liège/arrondissement de Liège A-J, Pierre Mardaga 1978
Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)

Pierre Lambert de Saumery, Les Délices du Pais de Liège ..., chez Everard Kints 1738