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Chokier veille sur la Meuse


Château de Chokier - 4400 Chokier (Flémalle)



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  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • La beauté de Chokier est évidente depuis la vallée de la Meuse. Pour qui réussit à grimper la colline, l’élégance de la cour d’honneur est manifeste. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy 26 décembre 2008

  • Carte postale envoyée en 1925, ed. Maison Gérard & Gabriel-Gillay, papeterie

  • Carte postale ancienne, ed. Ern. Thill & Nels n° 160



Nom Officiel Château de Chokier
Localisation 4400 Chokier (Flémalle)
Construction XVe, XVIe et XVIIIe siècles
Style Louis XV
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien classé le 23 janvier 1970

Dernière mise à jour : 22/03/2014


Du haut de son promontoire, Chokier atténue les laideurs industrielles.



Depuis l’arrivée de John Cockerill, la vallée de la Meuse comprise entre Huy et Liège est largement devenue l’antre de Vulcain. Les forges y crépitent toujours de leurs flammes. En 1838, Victor Hugo les voyait comme « d’effrayants chandeliers qui flambent dans le paysage et jettent sur les rochers des réverbérations sinistres ». Le poète imaginait ses lieux comme « des gueules pleines de braises d’où sortent avec d’affreux hoquets des langues de flamme ». Cent septante quatre ans plus tard, Vulcain est toujours à l’ouvrage. Mais il n’y forge plus d’armes pour Enée à la demande de Vénus.

Toutefois, la déesse n’eut point dédaigné ce mont de calcaire, perché près de la rivière. Ceux qui réaménagèrent ce château au milieu du XVIIIe siècle lui sont sans doute redevables. Vénus est l’astre de l’art, du plaisir et de l’agrément. Fille de la Lune pour les anciens peuples de l’Asie mineure, elle incarne l’attraction instinctive. Or, du haut de son pic, Chokier attire. Et son actuel occupant, architecte, fils de l’agent immobilier M. F. est de ceux qui tombèrent sous les multiples charmes du lieu. M. F.-père avait acheté le domaine il y a peu dans le but de le revendre; mais c’était sans compter sur son fils, charmé par le lieu, qui a décidé de s’y installer. Ce dernier profite donc des 42 pièces que compte le bâtiment en U et des 800 mètres carrés au sol pour admirer le superbe paysage mosan et les abords du Condroz. Le parc compte encore onze hectares dont une partie est constituée de jardins étagés qui seront bientôt restaurés.



Barons de Berlo

Chokier était jadis une forteresse, à l’instar d’Aigremont ou d’Argenteau. Elle défendait l’accès vers la capitale de la principauté liégeoise. Jusqu’au XIIe siècle, le domaine appartint à l’abbaye de Saint-Jacques à Liège. Puis, il fut vendu à la famille de Rulant de Fontaine, dite d’Hozémont dès le XIIIe siècle. Les Surlet de Chokier l’occupèrent au XVe siècle, suite à un mariage. Ils précédèrent la famille Chabot avant que le château ne revienne aux Surlet. De là, une des filles, Catherine, épousa le comte Everard de Berlaymont de Floyon (XVIe siècle). Toujours par succession, à travers les Senzeilles, Chokier passa finalement aux barons de Berlo qui y furent seigneurs entre 1639 et 1800. Sous l’Empire, Chokier devint la résidence du lieutenant-général comte Loison, mort à Chokier en 1816, à 45 ans. Sa fille Marie-Louise, baronne Alexandre de Serdobin, garda Chokier plusieurs années avant de le vendre. Dès le 13 novembre 1867, le château entra dans le patrimoine des Clercx de Waroux qui possédaient aussi le château d’Aigremont, situé à 1.700 mètres de là. Les Clercx s’éteignirent dans les Frésart, dont Dominique (mort en 1987) fut le dernier châtelain de cette famille. Lors du décès de sa veuve, le château fut vendu aux actuels propriétaires; c’était en 1997.



Tour du XVe siècle?

Du vieux château de Chokier il reste de nombreux éléments intégrés à la bâtisse ultime dont les caves actuelles. Elle étaient en réalité le rez-de-chaussée du précédent château. L’aile ouest est ainsi précédée par une tour circulaire, peut-être du XVe siècle dont la base est constituée de moellons de calcaire. Elle est percée d’une porte en plein cintre et de quelques baies à linteau mitré dont certaines sont bouchées. La partie haute de la tour est sans doute plus jeune; elle est en briques. On verra avec plaisir le petit toit conique terminé par un bulbe.

Les deux ailes de retour posées sur des soubassements biseautés possèdent encore leur aspect de muraille presque aveugle quand elles regardent vers les ravins. Sur la cour, leur apparence est évidemment plus agréable et d’époque XVIIIe siècle, bien que des ancres datent l’aile ouest de 1588. L’aile est a sans doute été remaniée suite un incendie qui aurait eu lieu vers 1700. Elle est plus courte que la précédente, mais plus haute.



Fronton stuqué par Henin

Le corps principal possède un avant-corps concave d’une travée de largeur. Elle est rythmée par des pilastres à refends et ajourées sur ses deux niveaux par des baies à linteaux bombés. La façade sud ouvre par sept travées. Les trois travées du centre sont en léger ressaut de manière à isoler le fronton qu’elles supportent. Les deux niveaux sont séparés par un bandeau larmier. Les baies égales sont au centre en plein cintre, alors qu’elles sont à linteaux bombés sur les parties latérales. Le fronton triangulaire reçoit les armes de la famille des barons de Berlo, dessinées par le stucateur H.J. Henin, en 1788.



On ne visite pas.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002