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La renaissance de Ny


Château-Ferme de Ny - 6990 Hotton



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  • Le château-ferme de Ny est inscrit dans un beau cadre paysager © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Dans la cour, une fois passé un pont dormant et la tour-porche, on aperçoit à droite le logis précédé d'un large perron © Philippe Farcy



Nom Officiel Château-Ferme de Ny
Localisation 6990 Hotton
Construction 1669
Style Traditionnel
Architecte
Occupants Le Pays de Ny
Affectation Résidence privée; gîtes et lieux de divertissements
Protection Bien classé le 25 octobre 1977

Dernière mise à jour : 04/01/2013


Une ferme-château bousculée par la jeunesse


Grâce à la famille Van Reeth venue d’Anvers il y a quelques années (1994), la superbe ferme-château de Ny toute recouverte de moellons de calcaire reprend vie. En été, le lieu est ouvert. Des gîtes sont accessibles par ailleurs. L’endroit est idéal pour les amateurs de nature et d’animaux ou de promenades aux abords de l’Ourthe avant que la rivière ne glisse vers Deulin où pétillent d’autres charmes. Paru en 1979, le volume 7 du Patrimoine monumental nous montre les bâtiments partiellement en déliquescence. Tout cela est restauré avec beaucoup d’à-propos par des propriétaires éminemment respectueux du patrimoine. Ny est toujours une ferme et elle est résolument orientée vers la culture et l’élevage bio.



Étude universitaire

L’ensemble castral de Ny a été étudié de près par Véronique Gobert. À la lire, au XVIe siècle, Ny fut à Thiry de Résimont de Paille, seigneur de Generet et de Bende. Trois générations supplémentaires de Résimont possédèrent Ny avant 1650 quand cette seigneurie foncière fut cédée à François de Cassal (1604-1657). Les Cassal étaient déjà propriétaires du château-ferme de Soy situé à trois kilomètres d’ici. La tour-porche regarde vers le nord-est. Elle s’élève sur trois niveaux et demeure toujours le seul accès de cet ensemble en carré jadis bordé de douves. Le troisième niveau servait de pigeonnier. Au-dessus du portail encadré des feuillures vitrées de l’ancien pont-levis, on trouve une dalle aux blasons accolés de François de Cassal et de son épouse Charlotte de Gozée (+1665), fille de Simon, châtelain de Balâtre. Elle est datée de 1669 ce qui est bizarre puisque ces deux-là étaient déjà décédés.



Cheminée armoriée

La toiture de cet édifice est très haute et ses ardoises reposent sur une bâtière à croupes et coyaux posée sur une corniche de pierre en doucine. A l’est, le logis se compose de deux niveaux posés sur des caves; il est long de six travées. Les baies très étroites possèdent des traverses. Elles sont toutes identiques aux étages. Au rez (2ième niveau), la porte d’accès se trouve au sommet d’un large perron et est sommée d’une pierre armoriée martelée. Deux baies à linteau bombé à clé (peut-être du XIXe s.) sont deux fois plus larges que les autres. Un bandeau relie les baies de chaque niveau et sépare nettement l’élévation. Vu de l’arrière (sud-est), on se rend mieux compte que le logis fut construit en deux périodes distinctes. Une des cheminées portes les armes d’Antoine de Cassal, fils d’un François et de Catherine de Prez, fille de Charles-Ogier, seigneur de Barcenal. La tour-porche est insérée entre deux ailes de deux niveaux comportant jadis plusieurs arcades dont certaines ont été murées.



Immense grange

Vers le sud, l’aile des remises à voitures compte deux niveaux et celui du rez est animé par quatre arcades surbaissées posant sur des piliers carrés. Les façades extérieures sont quasiment aveugles. L’aile sud-ouest abrite une immense grange. Ses toitures ont été rétablies. L’aile nord-ouest a été partiellement amputée dans des circonstances inconnues. Les Cassal furent propriétaires jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Le dernier seigneur fut Pierre-Antoine, baron de Cassal et de Bomal, seigneur de Fischbach, de Rocourt, de La Rochette, de Soy et de Fletz. En 1841, le château est mentionné dans un atlas comme appartenant à la marquise de Moustier, née Ligne. Or le seul mariage Ligne/Moustier est celui de Jeanne Marie Louise (1887-1974), fille d’Ernest et de Diane (des ducs) de Cossé Brissac mariée avec Léonel, marquis de Moustier (1882-1945). À moins qu’il n’y ait confusion car à l’époque la marquise de Moustier était une Merode (Loverval).


Il se peut qu’à travers les Merode puis les d’Arenberg, le bien ait abouti chez les Ligne. On sait par ailleurs que le deuxième prince de Ligne, Albert-Henri (1615-1641) marié dès 1633 avec Marie-Claire de Nassau-Siegen, avait été seigneur de Soy avant les Cassal. Le XIXe siècle demeurera donc comme un mystère. Au XXe siècle, le domaine était loué par la famille Magis puis par les Colson qui en devinrent propriétaires vers 1960, par achat aux héritiers de Moustier et ce jusqu’en 1994. Durant l’hiver 1944, les soldats américains logèrent ici plusieurs nuits. Les Van Reeth vous attendent pour en faire autant.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Véronique Gobert, Évolution d’une demeure seigneuriale en Famenne: le château-ferme de Ny, 1991-1992, Thèse de doctorat en Histoire de l'art, archéologie et musicologie,
Université de Liège