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La vie bousculée de Resteigne l'ancien


Château de Resteigne - 6927 Resteigne (Tellin)



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  • Le château vu de la rue aligne les travées de part et d’autre d’une tour-porche. Le tout est d’un jaune pâle bien venu. © Philippe Farcy

  • Dans la cour, la demeure présente de charmantes baies en arcs surbaissés et de larges toitures. Plus loin à droite du bassin circulaire, se trouve le potager. © Philippe Farcy

  • Carte postale réalisée pour la Maison Lambert-Zabus, alimentation générale à Resteigne-sur-Lesse, ed. Arduenna, photo Clém. Dessart



Nom Officiel Château de Resteigne
Localisation 6927 Resteigne (Tellin)
Construction XVIe siècle; aménagements aux XVIIIe et XIXe siècles; 1905
Style Traditionnel et classique
Architecte
Occupants Château de Resteigne s.a.
Affectation Résidence privée & chambres d'hôtes
Protection Bien classé depuis le 25 avril 1994

Dernière mise à jour : 12/01/2013


Cousinage de châteaux


À la suite des Merode, vinrent à Lavaux comme à Resteigne, les comtes de Groesbeeck, ceux-là mêmes qui édifièrent plus tard le château de Franc-Warêt par l’architecte natif de Hanzinelle, Chermanne. À partir de 1668, les d’Hoffschmidt prirent possession du domaine sans que l’on sache s’il s’agissait d’une succession ou d’un achat. Cette famille, de belle et ancienne noblesse, conserva le bien jusqu’à la mort du plus célèbre d’entre eux, Edmond, disparu en 1861 à l’âge de 83 ans. On reviendra plus loin sur ce grand seigneur, original il faut en convenir.

Au décès de ce personnage que les gens du village appellent toujours « Li vî Monseu », vint s’installer un couple de Français : les Michel. À leur suite, Resteigne fut occupé par les Wégimont, propriétaires avant guerre (la seconde) du Comptoir Commercial d’Anvers. Les Wégimont conservèrent le bien durant deux générations sous leur patronyme puis via deux de leurs filles. L’une se maria à M. Michel et vécut à Paris, l’autre épousa Guibert Gérard, notaire honoraire près de Namur. L’homme de loi et son épouse précédèrent jusqu’en 1964 les parents du propriétaire actuel, Christian de Proost.


Ermite clairvoyant et généreux

Revenons un court moment à Edmond d’Hoffschmidt. Il fut un personnage de légende. Officier au Régiment du Prince d’Arenberg, son père l’empêcha d’épouser sa bien-aimée. Désespéré, il se retira du monde pendant plus de vingt ans dans un ermitage érigé au milieu des bois qui surplombent la rivière. Dès lors, et jusqu’au terme de son existence, nous contait M. Michel, historien local, régisseur de la famille Hurbain, propriétaires du groupe Rossel et tenancier du bistrot « Le Café de la Lesse », il fit la charité en trouvant un moyen habile de ne pas vexer ses concitoyens. Cet ami de Léopold II, riche comme Crésus et propriétaire de plus de 2.000 ha, avait eu l’idée de prendre autant de chiens qu’il y avait de familles dans le village. Avant l’hiver, il laissait un chien par maison et assez d’argent pour le nourrir, lui et ses hôtes. On le vit un soir au « Bal de La Monnaie » à Bruxelles, déguisé en diable. Sa queue fourchue était constituée d’une housse en toile rouge dans laquelle il avait glissé une anguille pêchée le matin même. Les anguilles survivent hors de l’eau. Vous imaginez le spectacle et le scandale.



Belle demeure

Derrière cette figure emblématique, apparaît un fort beau château en moellons de calcaire dont la longue façade a été lissée au XVIIIe siècle et joliment peinte en jaune pâle par M. de Proost. Elle se compose de quatorze travées en ce compris l’avant-corps central formant tour-porche. La maison s’élève sur deux niveaux posés sur des caves. Les baies possèdent des linteaux droits à clé et des montants harpés au rez et à double harpe à l’étage. Les volets ont heureusement été préservés. Les angles sont chaînés. Du côté de la rivière, on trouve l’ancien logis; il se termine par une grande chapelle érigée en 1905. Le jardin, clos jadis comme celui de Wartet, demande à être rétabli. Les ailes ouest et sud sont presque jumelles en taille. Elles servirent de ferme au XIXe siècle et au début du XXe siècle. L’aile ouest a perdu ses échauguettes d’angles dessinées par Remacle Leloup. Les bâtières de l’ensemble des bâtiments sont couvertes d’ardoises. Elles sont à croupes et à coyaux et percées de diverses lucarnes en bâtière.



On ne visite pas. Le château se voit de la route et le long de la rivière.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003