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La majesté germanique de Hergenrath


Château de Hergenrath - 4728 Hergenrath (La Calamine)



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  • Les différents éléments du corps de logis sont disposés avec grâce autour du massif central. Les encadrements des baies participent beaucoup à l’allégresse de l’élévation. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • L’esprit guerrier et germanique hante toujours Hergenrath, énorme château retiré du monde près des Trois Frontières. © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Hergenrath
Localisation 4728 Hergenrath (La Calamine)
Construction XIIIe, XIVe et XVe siècles; 1640; 1648; 1722; 1898 et années suivantes
Style Gothique, renaissance et baroque
Architecte 1898: Louis Arntz
Occupants Eyne-Veranstaltungs GmbH
Affectation Résidence privée
Protection Bien classé le 18 juillet 1966

Dernière mise à jour : 10/05/2013


Un château imprenable.


Nous sommes sur le territoire de La Calamine. C’est ici que se trouve le site des « Trois Bornes » où Belgique, Hollande, à son point culminant de 332,5 mètres, et Allemagne fédérale se retrouvent. À flanc d’une colline très pentue, le château de Hergenrath domine la vallée de la Gueule en compagnie de la ferme qui clôt le bâti castral. La Gueule prend sa source à Lichtenbusch et se jette, après 50 kilomètres de course, en Hollande à Itteren. Ce château, cité pour la première fois en 1260, est le seul de la région ainsi positionné en hauteur. Il est construit en moellons de grès et animé de pierre bleue.



L’architecte de la cathédrale de Strasbourg

On le nomme parfois, mais faussement, Emmaburg, en souvenir d’une fille de Charlemagne qui y aurait vécu. Légende que cela. D’après Guy Poswick, « le logis en forme de tour carrée remonte aux XIIIe et XIVe siècles. On l’appelle le « Palas ». En 1640, la tour brûla partiellement. On la reconstruisit en assortissant ses façades de baies à meneaux et à croisées.

À la fin du XIXe siècle, des améliorations esthétiques ont été apportées par l’architecte qui restaura la cathédrale de Strasbourg : Louis Arntz. Sans dénaturer le côté moyenâgeux des bâtiments, il leur a donné un côté un peu sucré qui ne manque pas de charme. C’est autour de cette masse défensive que le château et sa ferme contiguë ont été construits en six ailes, sans compter les blocs en retraits, d’autres en ressauts et divers éléments jointifs. L’ensemble est clos par les trois ailes irrégulières de la basse-cour dont une porte les armes de Charles von Dobbelstein et de son épouse Catherine von Westerholt-Lembecq. Cette pierre est datée de 1722.

La cour, pentue, est pavée en damier. On y accède au mieux par le sud via un porche couvert daté de 1898 dont les armes sont sans doute celles des nouveaux propriétaires. Il est couronné par une galerie en colombage. Un autre accès est situé à l’ouest. Il mène vers les pâtures et vers le potager, clos de murs encore puissants, mais dont l’état presque piteux transpire de misère. Cette entrée est datée de 1640.

Sous ce porche se trouve une belle pierre armoriée Rolshausen/Wischel, datée de 1567. Elle provient du château de Bütgenbach dont Christophe Rolshausen était propriétaire comme il l’était de Hergenrath. Un mur percé de larges baies en plein cintre et fermé de grilles en fer forgé sépare l’exploitation du jardin castral. La partie sud du complexe architectural date du XVe siècle.

Du bas de la cour, le château offre un spectacle magistral. La résidence s’étire depuis la belle chapelle néo-gothique (tribune sous appentis, décors muraux et mobilier homogène), jusqu’à la magnifique tour circulaire du nord-ouest engagée et à encorbellement. Celui-ci profite de son délicat colombage. L’ensemble est couvert par une impressionnante toiture en poivrière à coyaux, tapissé d’ardoises. La tour grimpe sur six niveaux et à ses pieds se trouve un escalier hexagonal couvert d’un toit pyramidal. Le « palas » a été érigé sur trois niveaux de pierre. Le corps de bâtiment voisin s’est vu agrémenté d’une loggia à colombages. La partie nord-ouest comprend un bâtiment animé lui aussi d’une loggia à arcades géminées et d’un pavillon d’angle.



De Tavigny à Colonster

La famille d’Eyneburg posséda le bien au XIIIe et XIVe siècles. Puis le château fut transmis aux van den Bongaerd, puis aux Tzevel en 1430 et ensuite, pour trois siècles, aux von Dobbelstein. On épinglera deux alliances de garçons de ce château avec deux demoiselles de la famille des Horion de Colonster. Les unions eurent lieu en 1559 pour Marguerite et Thierry et en 1628 pour le petit-fils de ceux-ci, Jean-Charles, avec sa cousine Helwige. Jean-Charles sera le restaurateur du château après l’incendie de 1640. En 1673, le fief est relevé par le premier baron de Dobbelstein, marié à Marie-Sidonie d’Ouren de Tavigny. Le dernier Dobbelstein du cru se sépara du domaine en 1786, au profit de Renier Turbet. Les héritiers de ce dernier vendirent le château au banquier Gérard Nagelmackers. En 1836, le baron Florent de Thiriart de Mützhagen acheta le bien. Son petit-neveu, le baron Gaston de la Rousselière-Clouard, déjà rencontré à Streversdorp, céda le domaine en 1897 à l’industriel d’Aix-la-Chapelle Théodore Nellesen. Son fils Hans en hérita, mais il vendit l’ensemble à la Chaufournerie de Hergenrath, dépendant du groupe Lhoist-Benelux. Le domaine compte 226 hectares. Il vient d’être à nouveau vendu au printemps 2002 « au citoyen allemand Koenig, professionnel de l’immobilier qui devrait remettre le bien sur le marché par petits morceaux..... », nous disait un vent favorable.

Ouvert au public.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002 

Guy Poswick, Les délices du duché de Limbourg, Archives verviétoises, tome IV, Verviers 1951