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Rivieren, un havre à la vue bétonnée


Château de Rivieren - 1083 Ganshoren (Bruxelles)



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  • © Philippe Farcy

  • Carte postale envoyée en 1928, ed. Librairie de la Basilique & Nels



Nom Officiel Château de Rivieren
Localisation 1083 Ganshoren (Bruxelles)
Construction
Style
Architecte
Occupants
Affectation Evènements
Protection 1983

Dernière mise à jour : 09/08/2013


Le château des comtes de Villegas vit dans un univers où le béton a pris le pouvoir.
Il reste sept hectares d'un puissant domaine de campagne brabançonne.
 

En région bruxelloise, le château de Rivieren à Ganshoren est et demeure malgré sa précarité environnementale (le parc est ceinturé de barres d'appartements), comme l'un des plus importants domaines anciens issu du duché de Brabant.

La seigneurie de Ganshoren en était jadis suzeraine. La plus ancienne mention du site remonte à 1151. Les premiers maîtres connus furent les Rivieren d'Arschot, suivis par les Clutinck qui y furent au XIVe siècle. Les mariages allaient y faire entrer les Stoop dans le courant du XVe siècle. En 1588, lors des troubles confessionnels, le château fut saisi et vendu, car les Stoop comme les Roogemans étaient cousins des Estor, sires de Grand-Bigard et défenseur de la religion réformée. Les Estor étaient proches des Berlaer, issus des Berthout de Malines, puissants seigneurs qui avaient fait de l'ombre aux ducs de Brabant aux XIIe et XIIIe siècles. C'était une manière de réduire leur influence que de saisir des terres grâce aux prétextes religieux.


Puissance politique


En 1628, écrit Suzanne Van Aertschot, le bien fut transmis à François I Kinschot (né le 29 avril 1577-mort le 3 mai 1651), conseiller de la gouvernante Isabelle de Habsbourg, trésorier général puis chancelier du Brabant. Ce puissant personnage politique avait épousé Marguerite Boote, dont la mère était Jeanne de Hovyne, dame de Clercamps, près de Tournai. Les Boote, signale Gladys Guyot en 1987, étaient des Bruxellois alliés aux Clutinck déjà cités, ainsi qu'aux Sweerts et aux van der Dussen (ceux d'Ottignies ?). Le bien passa à son fils François II, né en 1616. Il obtint lui aussi des charges majeures. Il épousa la Brugeoise Gertrude Lanchals, fille de Philippe, sire de Denterghem, la Potterie et Olsene et de Florence de Gruutere, dame de Zwynaerde, Oesselghem et Exaerde. En 1654, Rivieren devint une baronnie et le domaine fut étendu dans le courant de la seconde moitié du XVIIe siècle jusque Jette, Releghem, Hamme et Bever. François II tomba veuf bien malgré lui en 1656. Il put alors convoler en 1658 avec une gamine de quatorze ans, Angélique d'Oyenbrugge, de la branche de Meldert. Sa mère était de la même famille mais de la branche de Duras. Ses grands-parents étaient Berlo et Ligne (branche bâtarde de Ham, sans doute). Angélique fut mal dotée et surtout incapable de donner un fils.


Enlèvement

Elle passa de vie à trépas en 1679. François II de Kinschot, devenu comte de Saint-Pierre, se remaria avec Anne-Charlotte (des barons) de Berch de Trips, fille du sire de Tichelen. Ils ne firent pas d'enfant du tout. Anne, fille de François avait le coeur pris pour Paul-Philippe de Villegas, fils du baron d'Hovorst. Le père Kinschot refusa le mariage et elle fit en sorte de se faire enlever par son fiancé. Mais la belle qui épousa son amant au grand dam de son géniteur, mourut en 1698 avant celui-ci (1700). Il l'avait déshéritée. Le domaine de Rivieren et celui de Muyseghem passèrent donc au petit-fils, Gérard de Villegas, né en 1687. Resté dans la famille des Villegas, le domaine élevé en comté en 1767, passa les siècles dans cette illustre famille, jusqu'à la vente du domaine par les enfants du comte Albert de Villegas (1878-1955) et de son épouse Elisabeth de Botmiliau (1889-1973), fille du comte René et de Jehanne de Tardieu de Maleissye.

De nombreuses fois gravé et dessiné, le château conserve son apparence ancienne de maison forte médiévale ayant subi les aménagements habituels de la Renaissance et des périodes ultérieures. Parfaitement tenu, le château est toujours entouré d'eau et organisé autour de sa tour carrée en pierre blanche gréseuse de trois niveaux sous une toiture en pavillon terminée par une flèche piriforme conclue d'un bulbe daté 1664. Les ailes adjacentes, (huit sauf erreur en comptant l'appentis) sont constituées de grès et de briques et animées de bandeaux plats. Chacune est couverte de son propre toit en bâtière ou en pavillon.

L'aile située à l'est est dotée d'un embarcadère aménagé en 1872. Les baies à croisées et les lucarnes ont été améliorées au XIXe siècle. Le château et le parc de sept hectares, redéployé par l'architecte de jardin allemand Brücke sont classés depuis 1983.

On ne visite pas.


SOURCES:
Philippe Farcy,  Rivieren, un havre à la vue bétonnée, LaLibre.be, Vie de Château 373bis, 24 novembre 2006 http://www.lalibre.be/archives/divers/article/316229/rivieren-un-havre-a-la-vue-betonnee.html 
Sœur Gladys Guyot, Un testament seigneurial au XVIIIe siècle. Contexte et analyse, Le Parchemin, n° 184, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, juillet-août 1976