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Arville à tous crins


Château d'Arville - 5340 Faulx-les-Tombes (Faulx)



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Catégorie : Informations Business Evénements
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  • © Philippe Farcy

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  • Armes Maillen-Namur © Philippe Farcy



Nom Officiel Château d'Arville
Localisation 5340 Faulx-les-Tombes (Faulx)
Construction XIVe siècle; 1616; XVIIIe siècle
Style
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection

Dernière mise à jour : 04/01/2013


Le domaine d’Arville est le royaume des chevaux de compétition. Le château posé sur sa terrasse dominera le brouhaha du concours complet avec une nonchalence héritée des siècles passés.

Du nom d’Arville, Jean-Jacques Jespers reprenant les dictionnaires géographiques anciens disait naguère qu’il s’agissait d’une terre à sangliers. Cet Arville-ci est celui qui touche Faulx dont il dépendait jadis, Gesves, les Tombes, Courrières et Sars-Bernard. Les sires d’Arville l’étaient également de Sars. Il s’en trouve un autre (d’Arville) près de Saint-Hubert et l’on n’y pratique sans doute moins la compétttion équestre que dans le domaine du château condruzien où le week-end qui débute sera enchanteur pour le public et difficile pour les concurrents du concours complet. Celui-ci est devenu en six ans le troisième rendez-vous sportif le plus populaire de Wallonie.

Arville est inscrit dans les premiers vallonnements du Condroz namurois et le château en U partiel qui a du être totalement fermé aux temps jadis, domine une vallée assez profonde et très large dans le creux de laquelle baigne un grand étang. Celui-ci est animé d’un « caprice » d’architecte de jardin construit vers 1820, peut-être avant, par le dernier baron de Haultepenne qui détenait Arville. Ce bâtiment fait penser encore 160 ans plus tard que dans le fond de la vallée se trouvait jadis un puissant château-fort. Que nenni !! Cette ruine est née ruine et le restera. La chose est d’ailleurs assez rare en Belgique où l’on trouve quand même quelques petits temples, temples chinois et autres fabriques de jardin dédiés à l’amour ou à la musique; mais de cette ampleur, sauf à Attre, il n’y a guère d’équivalent en taille et qualité.  La demeure présente dans son aile longitudinale des ancres qui donnent la date de 1616. Sans doute s’agit-il d’un aménagement. Il est probable qu’avant 1616 existait un château en ce lieu, faisant alors partie d’un maillage de défense de la cité de Namur, comme Andoy, Faulx, Thon, Golzinne sur l’autre rive… Le fief est d’ailleurs mentionné avec celui de Mont dès le XVIe siècle dans le relevé des seigneuries de Stanislas Bormans. Il y écrit que le 2 septembre 1535, Antoine de Mozet releva un fief à Arville puis le transporta à J. de Maillen, mari de Jehenne de Mozet. Au-delà des ancres on trouve un cadran solaire portant la date de 1746 et surtout une pierre armoriée aux blasons d’alliance Maillen/Namur portant lui aussi la date de 1616.

Les comtes de Liedekerke de Pailhe qui possèdent actuellement Arville savent que depuis 1616 le domaine n’a jamais été vendu et qu’il passa de famille en famille. Bormans signale encore que le 15 octobre 1672, Marie-Magdeleine de Geloes releva les seigneuries de Mont et d’Arville, en payant 3300 florins. Elle était la veuve de Godefroid de Maillen, dit Henri de Radiguès. Ensuite et ce sera l’avant-dernière mention pour ce lieu si important et pourtant si peu couvert d’archives, Radiguès signale que Marie-Agnès de Maillen releva Arville le 2 décembre 1729. Bormans signalait lui que le 10 février 1723, « Max. baron de Hautpenne et Anne-Marie-Agnès de Maillen sa femme, engagent à Anne-Catherine Posson les seigneuries d’Arville, Mont et Sars-Bernard. Les Posson étaient des maîtres de forges liégeois, comme l’étaient les Raymond qui détinrent le proche château des Forges à Thon-Samson (n°378) et la ferme seigneuriale de Basseilles, revenue dans le giron d’Arville il ya moins de cent ans. L’affaire de 1723 n’a pas impliqué une perte de propriété pour les Haultepenne-Maillen comme on le vit en 1729.

Sur le flanc droit des ailes du XVIIIe siècle plus étroites que le corps central, on trouve une magnifique pierre armoriée , elles aussi témoignage d’une alliance. Il s’agissait cette fois de François-Louis de Haultepenne (1704-1775), sire de Mont-Sainte-Marie, Arville et Sars-Bernard depuis 1733, membre de l’état noble de Namur et fils de Maximilien-Henri (précité en 1723) et de Marie-Agnès de Maillen. L’épouse de François-Louis était Anne-Charlotte de Woelmont, née en 1712 et que l’on est allée chercher à l’abbaye noble de Forest (Bruxelles) pour la faire convoler avec ce charmant Condruze. La religieuse qui allait vivre dans un paradis sur terre s’en alla vers l’autre en 1776. Anne-Charlotte était la fille de Charles-Alexandre, sire de Hambraine (entité de Fernelmont, où il reste la ferme en carré, une aile de dépendances du XVIIe siècle et un chêne gigantesque) et de Marie Dauvin dont le père, Philippe, était seigneur de Burdinne.

Les Haultepenne donnèrent une des très belles familles de la principauté de Liège. On les retrouvait comme seigneurs de Sclassin, de Housse, de Barvaux, de Chestrevin près de Bouvignes, de la Gleixe (aux Awirs), de Saint-Lambert et de Saint-Fontaine (près de Havelange), on vous en passe. Comme on vous passe les innombrables alliances, y compris avec les Baudequin de Peuthy, ce qui fait trôner leurs armes sur le perron de Huldenberg. Les Haultepenne s’éteignirent au XIXe siècle naissant. Henri de Radiguès donne d’autres détails sur le domaine quand il écrit que Angélique-Françoise de Haultepenne, chanoinesse de Maubeuge, céda ses parts sur Arville à son frère Philippe-Claude. Celui-ci releva Arville le 14 octobre 1775 ; il était également sire de Waret. Son épouse Charlotte-Constance de Roose de Bouchout releva l’usufruit le 30 octobre 1784. Par alliance, le domaine passa aux Liedekerke. Cela se fit via les Godin que l’on retrouvait avant qu’ils ne soient éteints à Chantraine (Havelange). Les Godin étaient liés aux comtes de Liedekerke par le mariage de Charlotte de Godin (1808-1895), fille du baron François et de Caroline de Haultepenne, avec Jacques-Bernard de Liedekerke (1783-1862). Le mariage eut d’ailleurs lieu à Huldenberg le 21 juin 1830 chez les oncle et tante de la mariée. Jacques-Bernard était le second fils de Gérard, comte de Liedekerke, et de Lucie comtesse de Brouchoven de Bergeyck, héritière de Leefdaal. Louis-Niçois, baron de Haultepenne, dernier de ce noms mourut le 4 avril 1841.

Il légua le domaine à son neveu et à sa nièce, les enfants de sa soeur Charlotte, épouse de Louis, baron de Godin. Ce neveu, Frédéric, baron de Godin (fondateur de l'église de Faulx lès Tombes en 1879), mourut célibataire à Arville en 1882, laissant sa fortune à sa soeur unique Charlotte. Elle décéda en 1895 laissant la seigneurie& les terres d'Arville et de Mont à son fils, Emile qui hérita à son tours. Emile, comte de Liedekerke, né en 1832, marié à Anne van de Woestyne, mourut le 21 mai 1920. Son fils, Gaston, comte de Liedekerke, né en 1872, époux de Anne, marquise Impériali des Princes de Francavilla, hérita du domaine ensuite ; lequel domaine est toujours dans sa descendance.



Le château est en U aux ailes de retour inégales

Quatre tours d’angle laissent penser que la cour était jadis close. Deux d’entre elles sont engagées et possèdent des toitures en cloche. Les deux autres sont couvertes en poivrière ; l’une sert de colombier. La façade d’accès aligne quatorze travées sur deux niveaux. Trois travées surplombent le porche d’entrée et elles sont en exergue par la pose de fins piliers latéraux à refends. Le niveau du rez ne s’ouvre que par des jours oblongs. Les murs sont enduits et ne laissent pas apparaître la jusxtaposition des éléments constitutifs. Sur la cour, cette même aile compte une travée de moins mais elle bénéficie du côté de l‘étang d’un pavillon en net ressaut, agrémentée d’une élégante toiture en pavillon. Cette partie est large de deux travées singularisées par leurs baies en plein cintre et à petits-bois rayonnants au rez. Au second niveau on décompte quatre travées dont les baies sont à linteau bombé à clé. Les arètes sont ici chaînées. Au-delà du porche on compte à nouveau trois arcades qui répondent à celles du sud où se trouvaient jadis les écuries. La grand eaile regardant vers le sud est compose de trois éléments. Au centre se trouve le corps de 1616, large de cinq travées égales, sur deux niveaux. Les ailes en retrait sont larges de quatre travées et plus jeunes que celle du centre. Elles semblent dater de 1762 et celle de gauche est assortie d’un escalier. L’aile de retour n’est large que de trois travées et compte elle aussi trois arcades en plein cintre. A l’arrière se trouve la ferme. 
 


On ne visite pas le domaine ni le château, sauf lors du Cross international où le parc est ouvert.



SOURCES:
Philippe Farcy
Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Éditions Racine 2005