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Les ultimes douleurs de Saive-Méan


Château de Méan - 4671 Saive (Blégny)



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  • Vu du ciel, vers 1990, le château semble en bon état. La toiture de la tour droite s’est effondrée depuis. L’élégance de la façade avant vient de son rythme équilibré d’où émerge un fronton courbé.

  • Les armoiries des Méan-Waha animent la façade principale de la cour sur ferme.

  • Détail de la façade vers l'ancien parc © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy mars 2003

  • Cage d'escalier aux armes Méan © Philippe Farcy

  • Avant l'effondrement de la tour de droite. Photo prise en 1990.



Nom Officiel Château de Méan
Localisation 4671 Saive (Blégny)
Construction vers 1660; 1719
Style Baroque mosan
Architecte
Occupants Le château est vide; la ferme attenante est occupée par la famille Rassenfosse
Affectation Sans affectation, en ruines
Protection Bien classé le 20 septembre 1977

Dernière mise à jour : 03/01/2013


Méan s’approche du néant. C’est une honte.



Les Méan occupèrent dans la principauté de Liège des positions fort avantageuses à l’instar des Bocholtz, des Berghes, des Liverlo, des Corte,... dès la fin du XVIe siècle et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Le ci-devant château des Méan se trouve en territoire liégeois, à la frontière avec le duché de Limbourg (terre habsbourgeoise). Cela explique par ailleurs la présence sur l’entité d’un château fort - lui aussi Méan - qui défendait la principauté en compagnie d’Argenteau, alors que l’Empire y possédait la forteresse de Dalhem, tenue en fief au XVe siècle par les Witthem. La division géographique justifie en outre la présence d’un autre château, mitoyen de celui qui nous intéresse. Il est nommé Bellaire, comme la commune sur laquelle il se trouve.


Il fut construit de l’autre coté de la route par Michel, baron de Rosen, vers 1740 sur les terres autrichiennes. Inutile de dire que le château des Méan est d’une haute importance, malgré la relative modestie de ses proportions. Celui-ci date des XVIIe et XVIIIe siècles et il vit la naissance en ces murs chancelants du dernier prince-évêque de Liège, François de Méan (1751-1831). Le prélat devint le premier primat de Belgique. Il repose à Saint-Rombaut de Malines dans un magnifique monument de marbre érigé par son neveu Eugène, dernier du nom, qui le commanda au sculpteur liégeois Jehotte. Inhabité dès avant 1940, Saive semble laisser tout le monde de marbre, à commencer par les militaires, grands responsables devant l’Eternel d’avoir choisi ce site dans les années trente pour y implanter une sinistre caserne.



Gravure ancienne


Le domaine militaire s’installa en plein coeur du parc illustré dans Les Délices du Païs de Liège de Saumery (1740). Cent mètres séparent la façade principale des briquettes jaunes des chambrées. Et l’espace va encore se réduire puisque la Défense vient d’exproprier quelques hectares, faisant de ce château symbolique une enclave coincée par un futur parking. Ce vieux château n’a droit à aucun respect.

Le castel a sans doute été érigé par François de Méan et son épouse Dorothée de Hinnisdael, vers 1660. Il fut ensuite réaménagé dès 1719 par Pierre, baron puis comte de Méan de Beaurieux, seigneur de Xhos et d’Atrin, époux de Hélène, baronne de Waha. L’aile principale présente une élévation de style classique sur neuf travées et deux niveaux sous la toiture. Typiquement liégeois, Saive est constitué de briques et de pierre bleue en guise d’encadrement des baies et de chaînages d’angles. La maison dessine un L, piqué de deux tours d’angle en ressaut et partiellement engagées. Du coté sud est installée la ferme, desservie par la famille Rassenfosse depuis cent cinquante ans.

Au centre de la façade coté parc on distingue un léger avant-corps de trois travées précédé par un beau perron et surmonté par un fronton en arc en plein cintre dans lequel prennent place les armes Méan-Waha. Ce fronton repose sur une belle paire de consoles en pierre taillée. Des deux tours, une seule conserve son faite.



Salle de bal

L’autre, à droite, n’est plus à la fête. Elle s’est écroulée il y a peu, de l’intérieur, et est totalement vide. Une salle dite « de bal » installée au premier niveau est classée, comme les façades et les toitures, depuis le 20 septembre 1977. Elle fut utilisée comme chapelle. Dernièrement, les pouvoirs publics wallons ont montré de l’intérêt pour ce vénérable vaisseau dont la population ignore l’importance. Pour le sauver, il suffirait de lui trouver une affectation. Notons, pour clore, que le gentil propriétaire, comte de Rosmorduc, très soucieux de l’avenir de Saive tout en lui préférant son château breton, est le descendant à la quatrième génération de Françoise-Aloïse de Méan, soeur du prince-évêque. Il faut ajouter encore que le hall d’entrée, superbement pavé de mosaïque de marbre blanc et noir abrite par ailleurs des peintures sur bois inédites, placées entre les baies donnant sur l’ancien parc. Elles ont été exécutées en grisaille vers 1660 par l’artiste liégeois Walthère Damery (1614-1678). Elles illustrent les « Quatre Saisons » et furent certainement commandées par François de Méan à l’artiste lui-même.


On ne visite pas. Les chiens de la ferme montrent les dents à tous visiteurs importuns.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002 
Pierre Lambert de Saumery, Les Délices du Pais de Liège ..., chez Everard Kints 1738



HOMONYMIE:
Hôtel de Méan à 4000 Liège.