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Ingelmunster, fief princier


Kasteel Ingelmunster - 8770 Ingelmunster



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  • Carte postale

  • Carte postale ancienne, ed. Ern. Thill



Nom Officiel Kasteel Ingelmunster
Localisation 8770 Ingelmunster
Construction XIe siècle; XIVe siècle; 1643; 1657-1697; XVIIIe siècle; XIXe siècle; 1987-1988
Style Classique, empire, néogothique
Architecte 1727: Pien; 1735-1736: Bartholomeus
Occupants Brouwerij Van Honsebrouck n.v.
Affectation Production de la Kasteelbier, St. Louis et Brigand
Protection Classé le 24 avril 1974

Dernière mise à jour : 11/01/2013


Jadis s'élevait, ici, un puissant château oblong ceinturé d'eau alimentée par le Mandelbeek. La bâtisse actuelle, commencée au XVIIe siècle, est d'aspect Louis XV.

En Flandre occidentale, il n'y a guère d'aussi grande et prestigieuse demeure de style et d'époque Louis XV. Ingelmunster est donc une exception. Il offre, en outre, la particularité d'être planté au beau milieu de la cité dont il porte le nom. On imagine alors son rôle stratégique au Moyen-Age et jusqu'aux conflits qui ensanglantèrent nos régions à la Renaissance. A voir la gravure parue en 1641 dans la Flandria Illustrata, on comprend aisément qu'au moindre conflit, la population trouvait, en cette place forte de plaine, un abri salutaire.

Les comtes de Flandre en furent les premiers possesseurs. Robert le Frison (1029-1093), deuxième fils de Baudouin V, érigea la première bâtisse défensive. Les chevaliers de Rodes viendront au début du XIIIe siècle avant que leurs suzerains, comtes de Flandre, n'y reprennent les rênes. Un siècle plus tard, on y vit Robert III dit de Béthune, puis les sires de Bar et à nouveau vinrent les Rodes.

Princes français

De là, Ingelmunster passa aux Ghistelles en 1355 et aux d'Ailly en 1415. Les Bourgogne comtes d'Etampes, sires de Nevers, de Rethel, de Dourdan et d'Auxerre, y arrivèrent par mariage. Ces Français, princes royaux, garderont Ingelmunster pendant quelques décennies. Sous les Bourgogne, on vit arriver les Gantois venus assiéger le castel en 1452. Le château passa aux Clèves dont on sait qu'Englebert fut fait duc de Nevers par Louis XII. Le futur duc allait épouser Charlotte de Bourbon, fille de Jean, duc de Vendôme.

Henriette de Clèves, mariée à Louis de Gonzague, sera la dernière de sa maison en ce lieu. Elle vendra le domaine le 9 juin 1578 à Gaspard de Schömberg, comte de Nanteuil. Celui-ci revendra son bien dès 1583 à Otto de Plotho qui mourra non marié; il désigna son neveu Gaspard de Plotho, en 1594, comme héritier. Son petit-neveu Delphin de Plotho (1628-1697) sera le premier baron d'Ingelmunster. Il épousa, en 1662, Marie-Florence de Thiennes, fille de René, comte de Rumbeke. Les Plotho garderont Ingelmunster jusqu'au 14 juin 1825 quand, à Paris, mourut Charles-Joseph de Plotho. Il fit don de ses biens à son parent Charles-Albéric Descantons de Montblanc (1785-1861), fait comte par le roi Louis-Philippe en 1841.

Les Montblanc conserveront le château jusqu'à sa cession en 1986. Celle-ci fut précédée par une vente des biens meubles organisée in situ par la feue salle de ventes Leys à Anvers. Les nouveaux propriétaires furent les frères brasseurs, Luc et Marc van Honsebrouck, signale Paul Arren.


 

Briques et pierre bleue

Le château est totalement érigé en briques dont les parois sont agrémentées de pierre bleue pour les décors traditionnels de chaînages d'angles aux arêtes, pour les cordons larmiers et les contours d'une partie des baies. Selon toute vraisemblance, le château était totalement enduit au XVIIIe siècle. Construite en U, la maison offre une profonde cour d'honneur à laquelle on accède par un pont d'une seule arche. D'après Luc Devliegher, "le mur extérieur du sous-sol médiéval existe encore dans l'aile méridionale. La partie inférieure de la tour ronde à gauche du pont remonte aussi à cette période ancienne". L'aile méridionale de la cour compte sept travées centrées sur la porte d'entrée bordée de colonnes supportant un fronton.

Un second fronton aux armes des Plotho-Cauteren, en stuc, couvre les trois travées centrales en léger ressaut. Les baies de la cour sont en anse de panier à clé, tandis qu'en attique (ce sont les anciens greniers aménagés), elles sont carrées. Ailleurs, elles sont simplement bombées. Toutes les baies de la cour sont cernées de pierre bleue. Ce n'est plus le cas systématiquement sur les façades extérieures. En effet, on constate que les ailes ont été prolongées de deux travées vers le pont. Les ailes latérales comptent neuf travées. L'aile regardant au sud en comporte onze. Ici aussi, on constate que l'édifice fut augmenté, à la fin du XVIIIe siècle, de deux travées. En ces extrémités, deux niveaux inégaux de résidence reposent sur un haut soubassement de caves. Chaque niveau est séparé par un bandeau qui s'arrête aux bords de l'ajout caractérisé par des pilastres à refends. De plus, les baies ne sont pas identiques avec celles du corps central de sept travées, et les toitures mansardées s'arrêtent là où débute l'attique.

Le château est classé depuis le 24 avril 1974. Le domaine avait été protégé comme paysage dès le 20 juin 1947.

Le parc est public. Le château se regarde donc sans peine.


SOURCES :
Philippe Farcy, Ingelmunster, fief princier, LaLibre.be, Vie de Château 389, 13 avril 2007  http://www.lalibre.be/archives/divers/article/342553/ingelmunster-fief-princier.html

Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel V,  Hobonia 1993
Luc Devliegher, Geklasseerde monumenten en landschappen in West-Vlaanderen, Biekorf 1961



Antonius Sanderus, Flandria Illustrata, chez De Vos 1735