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Mirwart


Château de Mirwart - 6870 Mirwart (Saint-Hubert)



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  • © Philippe Farcy

  • Carte postale envoyée en 1906, ed. Hôtel Petit à Saint-Hubert

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Mirwart
Localisation 6870 Mirwart (Saint-Hubert)
Construction
Style
Architecte
Occupants
Affectation
Protection

Dernière mise à jour : 29/12/2012


Cet endroit est un des plus magnifiques de Belgique par sa position et ses vues. Un hôtel y verra le jour.


On a vu que le château Jemeppe à Hargimont a été transformé complétement et rendu à la vie. Cela est l'oeuvre d'un citoyen hollandais, Tijs Blom. Il est aidé par son épouse et leur fille. Ces personnes de grand bien sont à la manœuvre sur la Lhomme également où seuls passent les trains et le gibier bien sûr sous le regard d'un château qui a passé les siècles sans trop d'encombres, sauf le XXe finissant qui pourrait être comparé au XVe rugissants entre l'Amérique du Sud et l'Antartique.

Le château posé sur sa haute butte est entouré presque en totalité de forêts. Denise de Donnéa qui habitait juste en dessous de l’édifice castral en a vécu les misères les plus terribles durant les trente dernières années du siècle passé. Elle en a relaté les faits en 1988 dans la revue « Maison d’Hier et d’Aujourd’hui ». Le texte est toujours une référence mais les choses ont nettement évolué sur le plan juridique. Tijs Blom et sa famille sont devenus propriétaires du bien en 1998 via une société en vue d'aménager un hôtel. Le château était encore en bon ordre à la fin des années septante. La structure est toujours là, en partie restaurée depuis 2006 mais ce bel aspect n’est qu’apparence car à l’intérieur c’est le vide complet.

Mirwart est un considérable vaisseau de deux niveaux de résidence posés sur de très hautes caves qui prennent toute leur ampleur du côté sud. Le château est en U, totalement paré de moellons de grès. La pierre bleue est d’usage pour les encadrements des baies et les croisées qui sont généralisées. Cela donne un aspect massif et un peu austère à la demeure piquée de quatre tours circulaires engagées aux quatre extrémités des ailes. Douze travées composent le massif central du côté nord qui donne sur une large terrasse agrémentée d’un beau bassin de pierre. Il faut ajouter une travée par tour ce qui donne un alignement de cinquante mètres; tout cela donne une évidente majesté. Sur les ailes en ressaut on ne compte que cinq travées pour deux en largeur. Les toitures sont en bâtière ornée de très belles lucarnes. Les petites tours nord sont ouvertes par une baie à croisée et divers jours. Celles donnant vers le midi sont ouvertes par trois côtés. Les trois plus petites tours sont couronnées de toitures piriformes. La plus haute, vers le sud-est se distingue par ses quatre niveaux sous une toiture bulbeuse très complexe. La cour d’honneur est accessible par un monumental escalier. Cette apparence austère date de la fin du XVIIe siècle.

Avant cela Mirwart était une forteresse qui termina son cours médiéval et renaissant dans un piteux état raconte Denise de Donnéa. C’était alors un élément de la ligne de défense du duché de Luxembourg et du comté de Chiny face aux terres de France. Cela explique qu’il y avait des douves et un pont-levis, remplacé par un pont dormant et que ce dernier était assorti d’un corps de garde. On compte toujours un mur d’enceinte et des restes d’un chemin de ronde. Du côté ouest se trouve un édifice en demi-cercle dit « Tour de Dinant ». A gauche du château en arrivant sur la grande terrasse on passe devant les écuries, remises et sellerie.

En 1394 le domaine était aux mains d’Englebert III de La Marck. Hérité par les Domaines (Bourgogne), donné par le duc à son conseiller Croÿ, saisi ensuite par le duc Charles le Téméraire, Mirwart fut rendu en 1471 à Evrard III de La Marck. Le bien fut ensuite hérité par les d’Arenberg tout en étant contesté par l’abbaye de Saint-Hubert pour certaines parties dont la haute-vouerie qui sera vendue à l’abbaye en 1677 par l’intermédiaire du capitaine Nicolas de la Hamaide. En 1684 le château fut cerné par les troupes françaises en guerre contre l’Espagne. Arnould d’Hoffschmidt qui commandait la petite place ne résista pas, ce qui sauva les bâtiments et le comte de Bissy entra dans le château fort. Le bien fut confisqué et les d’Arenberg ne le récupérèrent qu’après 1697. C’était pour le revendre afin de combler quelques soucis financiers.

Les Smackers, venus de Maestricht et Liège en profitèrent et précisément Godefroid-Ferdinand. Il payera 151000 florins en 1706. Le château était en piteux état mais il garantissait de bons revenus grâce à ses bois et ses vingt-deux villages. Les restes du château furent détruit par Smackers qui fit ériger la bâtisse que l’on voit encore. On ne sait qui fut l’architecte. En 1711 la nouvelle demeure était habitable mais même après la mort du nouveau seigneur en 1725, la totalité du projet n’était pas achevée. Son fils Nicolas-Edmond né en 1685 et époux de Anne-Madeleine de Waha termina l’œuvre. Son fils Jean-Thomas lui succéda en 1764. Il décèdera sans hoir en 1796 au château de Hodister près de La Roche.

Son frère qui était général autrichien reprit la seigneurie passée sous régime français, en 1798. A sa mort en 1802, sa veuve née Steinbach épousa un des neveux de son défunt mari, Philippe d’Hoffschmidt. Le couple vendit quinze ans plus tard cette belle maison à Gabriel d’Artigues, directeur des verreries de Saint-Louis et puis de Vonêche. Au XIXe siècle il y eut encore quatre propriétaires (Wal d’Anthisne, d’Hoogvorst qui fit augmenter la tour orientale vers 1850 sur des dessins de l’architecte Balat, Darrigade puis le professeur Schlich d’Oxford associé à Max von der Becke). Ce dernier était armateur et directeur de la « Red Star Line ». En 1894 von der Becke devint seul maître. Mirwart subit les deux guerres et même la présence d’Adolf Hitler.

En 1950 l’Etat se porta acquéreur du bien et surtout des 1344 ha de bois contre 91 millions de francs. En 1951 la province du Luxembourg pouvait en jouir en y installant le Commissariat au Tourisme. En 1979 on pensa y installer une école d’hôtellerie. Mais rien ne se fit et la maison commença à prendre l’eau. Avant Tijs Bom, en 1991, le château fut vendu à des entrepreneurs qui voulaient y mettre un hôtel. C’étaient des incultes qui mirent du béton partout en dépit du bon sens faisant ployer les murs et les planchers. L’incurie a failli tuer Mirwart plusieurs fois.





SOURCES:
Annie Liénard, Les Grands Travaux Inutiles version 2011: le château de Mirwart, RTBF.be TV, 15 juin 2011 www.rtbf.be/tv/actualite/detail_les-grands-travaux-inutiles-version-2011-le-chateau-de-mirwart?id=6275183
Philippe Farcy
Denise de Donnea, Ces Messieurs de Mirwart. XVIIIème siècle, Librairie Michel Lhomme 1987