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La Comté, une terre d'élection


Château Pastur - 1370 Jodoigne



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  • © Philippe Farcy

  • Carte postale ancienne, T.& O. Editeurs & Nels

  • © Philippe Farcy

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Nom Officiel Château Pastur
Localisation 1370 Jodoigne
Construction XIIe siècle
Style
Architecte
Occupants Ville de Jodoigne
Affectation Hôtel de ville, depuis 1988
Protection Classé le 25 novembre 1975

Dernière mise à jour : 03/01/2013


La maison communale de Jodoigne, très esthétique, est un ancien fief de belle qualité. Passé en de nombreuses mains nobles, elle échut à la famille des notaires Pastur.


Dominant la grande Ghète ou Gette, plus que ne le fait la Vicomté à quelques centaines de mètres d'ici, la Comté sert, depuis 1988, de maison de ville à la commune de Jodoigne. Le château est posé sur un éperon rocheux et domine une partie de la cité. Dans les temps très anciens, l'endroit dépendait du comté de Duras mais en 1184, il devint un bien du duc Godefroid III de Brabant après un petit conflit armé.



Propriété princière


La Comté était d'abord un donjon au tout début du XIIe siècle, érigé sur ordre du duc Henri Ier. Puis, on y édifia un château dont il resterait des traces enfouies au sud des bâtiments actuels.

D'après Douxchamps, le bien fut relevé par les Jodoigne jusqu'en 1515, puis les Mons et les Dammant, avant d'arriver à Roland Longhijn puis à Pierre du Pont et, enfin, à Erard de Wihogne, sire de Velroux. Son fils Jacques le légua, en 1560, à Jacques de Glymes, sire de Franquenies à Mousty. Les conflits religieux du XVIe siècle, en les années 1568 par les armées du prince d'Orange, puis en 1578 du fait des troupes hispaniques de Don Juan, eurent raison de cet espace de défense dont le rôle stratégique était pourtant limité. La Comté appartint au début du XVIIe siècle à Edouard de Coquiel, receveur des Domaines.

Il fit ériger un nouvel édifice entre 1614 et 1623. En 1658, Philippe II d'Espagne offrit cette seigneurie à Philippe de Ligne, premier duc d'Aerschot et d'Arenberg (1625-1674) qui avait épousé, en 1642, Madeleine de Borgia, parente du pape Alexandre VI. Aerschot revendit la Comté, dès 1664, au comte Winand de Glymes de Brabant, déjà maître de la Vicomté. La Vicomté sera vendue en 1696 après des procès sans fin entre les enfants de Wiand. Pour sa part, la Comté fut cédée au marquis Luis de Borgia, marquis de Tarazena, neveu du duc d'Aerschot. Il était gouverneur d'Anvers.



Fief des Romrée


Sa veuve Marie-Antoinette de Pimentel releva la Comté en 1718. Le comte Jean-Engelbert de Romrée, qui avait acheté le bien en 1729 selon les uns ou le 9 avril 1726 selon Douxchamps, releva la Comté. Romrée y entama des aménagements dont les beautés à la fois baroques et classiques perdurent. Ces travaux eurent lieu à partir de 1730. Le comte était sire de Paddenborch, de Bonheyden, de Zellaer, de Mazée, etc. Il était le fils de François, mayeur de Malines. Ce François avait épousé, en 1684, Thérèse Bauwens van der Boyen, veuve de Jean-Philippe Schoyte, sire de Calesberg et bourgmestre d'Anvers. Jean-Engelbert de Romrée allait épouser un autre très beau parti brabançon en la personne de Jeanne-Isabelle Vecquemans (1692-1756), des barons de la Vère, des sires de s'Gravenwezel. Elle était dame de Berentrode et de Baert. Son père était également mayeur d'Anvers. Elle releva la Comté le 20 mars 1754 à la suite du décès de son fils Henri-François de Romrée (1721-1753).

Il restait une soeur Isabelle née en 1729. Elle avait épousé, en 1748, son cousin germain Jean-Philippe d'Yve de Bavay (1715-1777), sire de Bois-de-Lessines, dont le père était seigneur d'Ostiche et de Warelle et marié à Anne-Thérèse Vecquemans de la Vère. Le fils d'Isabelle, Ferdinand-Antoine d'Yve, hérita de la Comté. En 1822, il fut créé marquis d'Yve et de Jodoigne par notre souverain Guillaume Ier de Hollande. La Comté sera vendue sans doute par son fils Théodore. La mère de ce dernier, née comtesse Marie-Anne von Wildenstein (1762-1820), avait été chanoinesse à Mons (Sainte-Waudru), quoiqu'elle était autrichienne.


Notaire à Lathuy


L'acheteur fut le notaire Philippe Pastur, installé au château de Brocuy, dit de Beaulieu, à l'écart de Lathuy. Pastur allait acheter aussi le château de Dongelberg avec son collègue Wirix de Louvain, en avril 1833. L'achat de la Comté eut lieu le 15 juin 1849, cofinancé avec Mme Philippe Pastur, née Marie-Clémence Deville. Le notaire Pastur posa son dernier acte le 12 juin 1861. Le château resta dans sa descendance au profit de sa fille Octavie, puis de son frère Justinien, puis leur frère Léon-Clément et ainsi de suite.

La famille Pastur était catholique; elle affronta dans moult élections les tenants libéraux d'une ville (depuis 1985), qui a toujours été un bourg bon mais surtout bleu... Si la mairie leur échappa longtemps, les Pastur donnèrent des députés, des sénateurs, des conseillers provinciaux et des notables. Le dernier de la liste des Pastur à la Comté fut Jacques, fils de Max décédé en février 1930. Jacques y résidait encore en 1946. Ensuite, le bien fut acheté, en 1960, par les soeurs de l'Union au Sacré-Coeur qui y installèrent l'Institut Reine de la Paix, y adjoignant un édifice moderne à droite du château.


Maison communale


La demeure sert de maison communale depuis 1988. On arrive à la maison par un portail cintré à bossages, en pierre de Gobertange. Cette pierre orne les façades des édifices castraux. Le château de plan massé forme un U par la présence de deux tours carrées de deux niveaux, sommées de toitures à bulbes qui semblent remonter au XVIIe siècle. A l'ouest, il se trouve des restes du XIIIe siècle dont une baie à colonnette circulaire. Le corps central, qui monte comme les tours sur deux niveaux posés sur un soubassement de jours, est centré sur un large perron qui précède une porte en plein cintre. Elle est incluse dans un portail en léger ressaut dont le linteau soutient l'encadrement mouluré de la baie supérieure.

Dans la toiture en bâtière, un fronton ouvert par un oculus surmonte les cinq baies centrales, laissant à deux lucarnes le droit d'accompagner deux paires de baies à montants à crossettes sous des bandeaux larmiers moulurés. A l'arrière, un parking a tué le jardin. Ici, la simple façade ne compte que sept travées contre neuf au sud. Le château est classé depuis le 25 novembre 1975. Il se voit parfaitement de la rue et est accessible à tous.



SOURCES:
Philippe Farcy, La Comté, une terre d'élection, LaLibre.be 30 mars 2007  http://www.lalibre.be/archives/divers/article/340422/la-comte-une-terre-d-election.html
José Douxchamps, Répertoire des châteaux de Wallonie 2002