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La sobriété Louis XV de Eessen


Esenkasteel - 8600 Esen (Diksmuide)



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  • À Eessen, une carte postale a permis de reconstruire un château sur le compte des dommages de guerre © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Esenkasteel
Localisation 8600 Esen (Diksmuide)
Construction 1922-1933
Style Louis XV
Architecte Lauwers
Occupants Streekhuis Esenkasteel
Affectation Maison d'accueil de la région du Westhoek en Flandre occidentale
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 11/01/2013


Un château reconstruit à partir d’une carte postale.


À l’entrée de Dixmude en venant de Ypres se trouve en bordure de la nationale 369 un intéressant château de style Louis XV. Il est construit tout en briques et ses rares décors sont limités à un jeu de refends inclus sur divers pilastres ou arêtes d’angles. On notera encore de minces bandeaux utilisés pour séparer les deux niveaux et surtout le système discret des travées panneautées qui isolent les baies entre de faux pilastres plats privés de chapiteaux. Les travées des faces principales sont au nombre de neuf. Il faut y ajouter les deux travées inférieures des édicules latéraux dont les toits plats servent de terrasses. Le château est centré sur une travée axiale sommée d’un fronton à oculus circulaire. Ce fronton isole quelque peu les trois travées du milieu.


Q.G. de diverses armées

L’architecte bruxellois Lauwers édifia cette demeure après la Première Guerre mondiale. Il plaça les deux dernières travées en léger ressaut en les couvrant de toiture en pavillon. Le reste du toit est en bâtière. Dès lors ces travées terminales apparaissent comme de timides tours d’angle et elles augmentent le prestige de la maison. Les toitures sont couvertes d’ardoises et ornées de quatre lucarnes bombées. La façade arrière est plus simple. On appréciera la présence de volets en bois à toutes les fenêtres.

Dès l’entrée du conflit de 1940, le château servit aux gendarmes belges jusqu’à la reddition de mai puis il fut utilisé par des officiers allemands et finalement de QG à un général canadien. Les Allemands avaient installé un canon puissant sur une terrasse et ils ont tiré sur l’ancienne Tour de l’Yser quand les Français s’y trouvaient. Puis on vit passer à Eessen le général Montgomery en décembre 1944, venu préparer la contre-offensive face à von Rundstedt. Avant ce château-ci et comme le montre la carte postale ancienne, on trouvait ici une imposante demeure érigée en 1863. Maurice Maeterlinck (1862-1949) l’évoqua en 1948 dans « Bulles bleues ».


Eugène-Henri et Marie entrèrent dans ce qui allait s’appeler la « Tour blanche », car Marie fit ajouter une tour peinte en blanc en 1905. Jusqu’en 1903 Eugène-Henri et sa famille vivaient soit au château de Hollebeke (au sud d’Ypres, détruit et pas reconstruit) loué par son père à des cousins, soit dans l’actuel musée Merghelynck à Ypres construit par l’architecte Thomas Gombert en 1774. Les Merghelynck avaient vendu puis racheté la maison aux Hynderick. Eugène-Henry était le fils du chevalier Auguste Hynderick (1817-1883) marié à Ida-Emilie de Ghelcke (1823-1891).

Dommages de guerre


Marie De Ruysschere était donc la propriétaire du domaine. Son petit-fils, le chevalier Bernard Hynderick de Ghelcke nous confia « qu’elle profita des dommages de guerre pour reconstruire ceci en partant d’un château de France. Ma grand-mère venait surveiller le chantier avec une carte postale. M. Lauwers se déplaçait souvent lui aussi. Les travaux débutèrent vers 1922 et se terminèrent en 1933 ». Le fils de Eugène-Henry et de Marie, Jacques Hynderick (1891-1976) époux depuis 1916 de Suzanne Amyot (1894-1987), jeune fille de Niort reprit le domaine. Il le transmit à ses trois enfants dont son fils Bernard né en 1923.

Bernard Hynderick de Ghelcke a épousé Régine Coppieters de ter Zaele. Il se souvient par ailleurs d’avoir « ramassé des douilles dans le parc et accompagné les démineurs qui venaient nettoyer l’étang ». Avec ses sœurs Jacqueline et Nicole, il céda le château et son parc de 4 ha 76 a à la commune de Dixmude via une vente publique du 29 juin 1983. Le château abrite des bureaux et est désormais aux mains de la province de Flandre occidentale qui a restauré l’ensemble pour plus de 350.000 euros. Le parc ne compte plus que 3,2 hectares. Eessen était une dépendance du Franc de Bruges. La famille van Eessene est très ancienne. Comme l’écrit de Seyn, Singilde de Peellaert fut seigneur du lieu. Un de ses descendants, Jacques de Peellaert, fut grand-bailli de Furnes. Puis lui succéda Louis de Lichtervelde, baron de Eessen, Zarren et la Mairie. Il signa en 1334 un traité de paix qui réunissait les comtes de Hainaut et de Flandre et le duc de Brabant. Il fut marié à Jeanne de Nevele, dame de Wervick et de Rumbeke.


Visites extérieures possibles. Le château se voit de la route.



SOURCES
:
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel XI,  Hobonia 2005
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004
Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)