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Houthulst reconstruit par Viérin


Kasteel van Houthulst - 8650 Houthulst



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Catégorie : Informations Business Evénements
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  • À l’arrière, l’architecte Viérin a joué avec les volumes pour donner du mouvement au château. © Philippe Farcy

  • Les toitures sont d’une belle complexité. © Philippe Farcy

  • La façade à rue est classique et tempérée. © Philippe Farcy



Nom Officiel Kasteel van Houthulst
Localisation 8650 Houthulst
Construction 1848; 1922
Style Néoclassique
Architecte 1922: Joseph Viérin (1872-1949)
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 11/01/2013


Les souvenirs de la Grande Guerre sont par ici nombreux.


Dans un triangle formé par Dixmude, Cortemarck et Ypres se trouve le village de Houthulst. Depuis le 11 avril 1928, Houthulst (Bois de Houx) n’est plus une dépendance de Clerken. Ce dernier lieu fut après 1914 un repère des Allemands car le sol y monte jusqu’à 44 mètres. On trouvait en ces paysages assez vallonnés trois châteaux. Ils furent tous anéantis. Un seul a été reconstruit; c’est celui-ci. Il ne reste rien notamment de Melane sinon une maison reliée au château qui nous occupe par une des plus magistrales drèves de Belgique. Houthulst fut détruit car les occupants avaient fait de la forêt qui jouxte le château un immense repère.


Respect des traditions

Détruite, la forêt fut replantée et le château fut dans le même temps réédifié par l’architecte Jozef Viérin (Lophem). Il était un des maîtres à penser de la restauration des villes après 1918 dans le respect des traditions. Né à Courtrai et mort à Bruges, l’architecte était spécialisé dans les villas de style traditionnel. C’est lui qui érigea la villa royale du Zoute en 1934.

En 1935, à la demande d’Eugène de Groote, nouveau bourgmestre et propriétaire du château de Houthulst mais aussi commissaire du Gouvernement à la Reconstruction, il édifia la maison communale. Au château, il intervint dès 1922 pour remonter, à partir de ce qui était encore debout, un château néoclassique tout de briques vêtu. Depuis la route qui vient du village, le château apparaît au loin. Il est précédé par un petit étang. Or celui-ci poussait ses berges jadis jusqu’aux pieds du château. Après 1918 c’est dans l’étang que furent jetés tous les débris et remblais des maisons du village. Un tapis vert a pris la place d’où sortent parfois des vestiges. Le château s’élève sur deux niveaux sous une bâtière d’ardoises à coyaux. Il s’étire sur cinq travées très larges et inégales, rythmées par de faux pilastres en briques et des chaînages aux arêtes.


1843

Vers l’avant il est précédé par un étonnant escalier en pierre sculptée datant de 1843 dont les volées sont affrontées. Sous le perron se trouve un portique en plein cintre. Il donne accès au rez-de-chaussée qui n’est plus de caves mais de résidence. Le perron amène au vestibule éclairé par trois baies en retrait dont les arcs sont soutenus par des chapiteaux en pierre bleue. On retrouve ce matériau pour séparer les niveaux. Cette partie centrale s’élève d’un niveau supplémentaire, dépassant la corniche. La toiture est à coyaux ornée d’une lucarne en bâtière. Quatre autres lucarnes de grande taille scandent la toiture. Au centre surgit un clocheton ajouré à six pans sous une couverture en cloche. Latéralement, le château comporte quatre travées. Vers le sud, l’architecte a ménagé une longue terrasse au bel étage; elle longe la salle à manger. Privée de son garde-corps, elle est soutenue par deux paires de piliers métalliques et s’inscrit dans le retrait de la partie centrale. Cela crée du mouvement et donne un effet d’avancée des travées latérales extrêmes. On compte ici aussi cinq travées.


Histoire


Cette terre est donc accolée à la forêt dite le « Vrijbos ». On y comptait 4.000 ha au Moyen Âge. En 826 elle fut donnée à l’abbaye de Corbie. Vers 1100 la forêt fut divisée en deux parties. Une pour le comte de Flandre et l’autre pour l’abbé. En 1559 l’abbaye vendra ses domaines à un certain Godefroid de Bocholt. En 1606 les archiducs Albert et Isabelle reprenaient le contrôle des bois. Gustave van Hoorebeke publia en 1853 une note permettant de penser que le domaine est entré à une date inconnue dans le patrimoine des vicomtes de Patin, descendants de Charles-Philippe de Patin (1687-1773). Son fils Joseph (1757-1852) avait épousé Augustine Hynderick (Eessen) qui lui donna un fils, Joseph lui aussi, né en 1800 et mort en 1834. Il convola avec sa cousine Françoise Diericx de Tenham (1795-1852). Ils eurent une fille Caroline née en 1823, propriétaire de cette terre où vint s’installer le sénateur anversois Jean-Pierre Cassiers (1788-1870).

Ils s’étaient unis le 10 août 1843 à Langemarck. Le couple fera ériger le château. Ensuite Cassiers fit élever vers 1855-1860 une église près du château et avant de décéder il compléta le décor par une chapelle de Lourdes. Le domaine fut acheté par Raymond de Groote (décédé le 19 septembre 1892), après 1870, sans doute à la succession Cassiers. Raymond était le père d’Eugène de Groote et l’arrière-grand-père d’une des actuelles propriétaires, Mme Micheline White, née de Groote. Mlle Agnès (Tita) de Groote (°1910), fille d’Eugène et de Léona van Woumen réside toujours au château. Léona était la fille de Robert-Charles-Ghislain et de Sidonie-Cornélie van Renynghe de Voxvrie. Eugène allait acheter diverses terres à Staden le 1er octobre 1927 aux héritiers de René Cotteau de Patin (+ 1906). Il s’agissait de ses enfants et petits-enfants nés Creuzé de Lesser, Bonnefoy du Charmel et Cotteau de Simencourt.



Visites interdites. Le château se voit de la chaussée.




SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 
Gustave van Hoorebeke, Recherches généalogiques sur la noble famille Gobert avec un appendice relatif à la maison de Patin, Annoot-Braeckman 1853