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A Claimarais naquit Mgr Mathen, évêque de Namur


Château de Claimarais - 6790 Aubange



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  • © Philippe Farcy

  • Carte postale envoyée en 1900, ed. Nels



Nom Officiel Château de Claimarais
Localisation 6790 Aubange
Construction 1839-1840
Style Néo-classique
Architecte
Occupants Hostellerie Le Claimarais
Affectation Hôtel-restaurant
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 03/01/2013


Ce petit château accompagné d'une ferme était un fief noble.


Nous voilà sur l'actuelle commune d'Aubange, là où coule le Brühl. Au nord du village se trouve l'ancienne seigneurie de Clemarais ou Claimarais selon les cas. Un minuscule château fut construit ici vers 1839-1840. Il est devenu depuis 1967 un hôtel-restaurant ce qui donne une belle animation à un quartier résidentiel.
Les gens des environs fréquentent les lieux pour son bureau du tourisme et ses salles de sports aménagées dans les ailes de la vieille ferme. Celle-ci appartient à la commune d'Aubange depuis 1968. Le château avait été acheté par M. Coos, entrepreneur, en 1961, à M. Mathen. M. Coos créa le petit étang et fit des lieux un endroit de réceptions. Depuis 1997, la maison est tenue par messieurs Baillieux et Fosse.


Fief des comtes de Mercy

Mais l'histoire de Claimarais ne se résume pas à ces quelques années récentes. Tandel dans ses prodigieuses études des communes du Luxembourg belge évoque le site, indépendamment d'Aubange, depuis 1422. Le premier personnage par lui cité est Jean de Mercy, dont la famille tint de belles terres en Ardenne belge et en Lorraine d'où ils étaient originaires, en Autriche et en Hongrie. Jean Peschon dans une plaquette sur la Gaume donne comme dates extrêmes de la présence des Mercy en cette demeure - qui fut une maison-forte frontière - : 1373 à 1618. Selon lui, les Mercy avaient été précédés par les d'Autel, importante famille elle aussi, bien installée au duché de Luxembourg.
 
En 1477, Roger de Mercy dit fut nommé capitaine et prévôt de Longwy par René II de Lorraine. En 1522, Tandel signale la présence de Nicolas de Mercy, époux de Bernardine de Boulogne. De 1561 à 1590, le bien était aux mains de Jean de Mercy, gouverneur de Thionville. Les Mercy gardèrent Claimarais jusqu'en 1624. A cette époque et un peu après, le principal personnage chez les Mercy était le comte de Mercy, capitaine des Gardes de Monsieur le Prince. Le comte était l'époux de Marie de Saulx-Tavannes (ce qui crée des liens presque directs avec le château de Sully en Saône et Loire et avec celui de Pailly au sud-est de Langres).

Dans les environs d'Aubange, les Mercy possédaient les châteaux de Joppécourt (détruit en 1681) et de Cutry, tous deux situés entre Thionville et Briey. Ils profitaient aussi d'un important hôtel de maître à Landres, dans la même zone. Les Mercy se sont éteints dans les comtes d'Argenteau d'Ochain au XVIIe siècle mais leur nom fut d'usage jusqu'à la fin du XIXe siècle par adoption; les Argenteau devinrent comtes de Mercy-Argenteau. En 1624 donc, Tandel écrit que les biens des barons de Brandenburg (branche cadette des comtes de Vianden; ils se sont éteints dans les barons d'Yve de Soye et dans les Beaufort) furent partagés entre trois filles Brandenburg. Le domaine de Claimarais augmenté de Landres et de Cutry, passa à la baronne de Lutzelburg. Les Lutzelburg, originaires d'Alsace-Lorraine, se sont éteints au XVIIe siècle dans les comtes de Florainville-Luxembourg, branche barroise des Trazegnies. Des deux autres filles Brandenburg, Anne épouse Florent, baron d'Argenteau. L'autre convole avec un baron de Mercy. Elles eurent d'autres lots. Les barons de Brandenburg déjà rencontrés à Beauraing et qui avaient possédé les seigneuries de Longchamps (Bertogne) et de Stolzembourg (près de Vianden), semblent bien avoir été seigneurs de Claimarais, en une sorte d'intermède avec leur parentèle. Les Lutzebourg étaient pour leur part alliés aux Bollant, seigneurs de Rollé (Rolley ?).



Don au jardinier

Mais une des petites-filles, née Anne-Marguerite d'Argenteau, épouse du comte Florimond d'Allamont (gouverneur de Pont-à-Mousson, colonel du duc Charles IV de Lorraine et maréchal d'Empire) finit par racheter Claimarais. Plusieurs Allamont furent importants pour nos contrées. On se souviendra de Jean IV et de Jean V fils du précédant, chacun gouverneur de Montmédy pour le roi d'Espagne. Né en 1626 des oeuvres d'Agnès de Merode-Waroux (soeur de Itel, grand-mayeur de Liège), Jean V mourra au combat en 1657 devant Montmédy. Son frère aîné, Eugène (1609-1673), sera chanoine de Saint-Lambert à Liège puis évêque de Gand et à ce titre comte d'Everghem. Les deux frères ont eu leurs portraits gravés par l'artiste liégeois Michel Natalis (1610-1668), étudié en 1993 pour l'Université Catholique de Louvain par Gaëlle de Lannoy. L'évêque avait commandé son magnifique mausolée au sculpteur liégeois Jean Del Cour (1627-1707), à Saint-Bavon (Gand), livré justement en 1673.

Pour en revenir à Madame d'Allamont, elle vendit finalement le domaine de Claimarais, en 1683, à Toussaint de Papigny. Les Papigny furent résidants ici de 1683 à 1826, date du décès de Joseph-Léopold. L'un d'eux avait acheté les 3/4 de la seigneurie d'Aubange en 1755 à Françoise de Waha de Mesnil et à Pierre de Groulard de Couvreur; ce dernier habitait à Laroche. Le quart ultime leur échut en 1767 via la cession de ce reste par André de Pouilly (Pouilly était en partie une seigneurie des Allamont).

Enfin, la famille Mathelin, célèbre à Bastogne, devint propriétaire par legs, de 1826 à 1915. Le bénéficiaire du legs était Hippolyte de Mathelin, originaire de Messancy, cousin du sieur de Papigny. Hippolyte, dont la mère était Marguerite Favrais, épousa la baronne Laure d'Huart. Elle était la fille du baron Auguste, châtelain de Villemont, d'Onthaine et de Longlaville. La mère de Laure était Appoline-Eléonore d'Anethan, née au château de la Trapperie (à Habay).


Suite au décès d'Hippolyte en 1881, Claimarais connut deux propriétaires à savoir la fille du défunt (Louise, elle décèdera à 58 ans le 28 avril 1915) et le chevalier de Corswarem. Louise de Mathelin avait fait don de son bien (assorti de 3 ha 70) à son jardinier, M. Mathen. Celui-ci sera le père de l'évêque de Namur, Robert-Joseph né ici, au château en 1916. Il décéda en 1997. En 1916, le susdit chevalier vendit sa part de la propriété à Georges Cahen, négociant à Arlon. Ce dernier revendit semble-t-il aussitôt cette part constituée d'une aile et des dépendances avec 24 ha de terres au fermier, M. Welschen, époux de Madame Lichtfus.

Du XVIIe siècle il ne reste plus semble-t-il que la tour carrée bordée d'un autre étang, et que l'on nomme à Aubange . Le château s'étire sur onze travées presque jumelées et séparées au centre par un avant-corps de trois travées sommé d'un fronton. Le château s'élève sur deux niveaux et demi sous une toiture en bâtière. Il est large de quatre travées. Construit vers 1839-1840, il tient du style néo-classique, mêlant une pierre gréseuse à des éléments décoratifs en pierre blanche.


SOURCES:
542968€ pour le domaine de Clémarais, LaLibre.be 27 décembre 2005

http://www.lalibre.be/actu/namur-luxembourg/article/257628/542968-pour-le-domaine-de-clemarais.html
Jean Peschon, La Gaume buissonnière, circuit pédestre parcourant le Sud-Luxembourg, non daté
Gaëlle de Lannoy, Les portraits de Michel Natalis, graveur liégeois du XVIIe siècle, Revue des archéologues et historiens d'art de Louvain, vol. 26, 1993, p. 221
Emile Tandel, Les Communes luxembourgeoises, Institut Archéologique du Luxembourg 1889-1894