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Rameyen


Hof van Rameyen - 2590 Gestel (Berlaar)



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  • 1913 (Collection AdB)



Nom Officiel Hof van Rameyen
Localisation 2590 Gestel (Berlaar)
Construction 1380; avant 1531; 1696; après 1815; 1906-1910; 1998-2002
Style Renaissance: après 1815: Empire
Architecte 1906-1910: Jules Bilmeyer (cour d'honneur néo-gothique)
Occupants Claartje de Gruyter Gallery
Affectation Résidence privée & expositions d'art contemporain
Protection Classé le 23 octobre 1992

Dernière mise à jour : 04/01/2013


L'un des plus charmants châteaux de la province d'Anvers se cache près de Gistel.


Gravé par Harrewijn pour le volume de Jacques Le Roy sur les résidences du Brabant publié à l'extrême fin du XVIIe siècle, Rameyen que l'on appelait jadis "Ter Hameyden", se trouve dans les campagnes de Gistel, non loin de Lierre, et en bordure de la Nethe. Cette maison fut la résidence du fils de Pierre-Paul Rubens, Nicolas Rubens et de son épouse Constance Helman. On y reviendra. Depuis 1995, cette demeure de qualité totalement entourée d'eau, est en mains de Brabançons hollandais, venus de Bois-le-Duc. Monsieur de Gruyter et Madame, née Janssens ont en effet acheté le domaine et les terres avoisinantes. Depuis 1998 jusque 2002, ils l'ont totalement restauré telles que les sources d'archives en signalaient ou prouvaient les éléments disparus. Les dépendances et le parc, replanté de plus de 15.000 arbres, ont retrouvé de leur superbe. Dès aujourd'hui, une partie des dépendances qui font face au château et dans laquelle se trouve une galerie d'art, abrite les oeuvres d'artistes contemporains, tels que Kinga et Anatoly Stolnikoff, célèbres pour leurs sculptures, Pontine Paus, Antonio Munoz et des Bergmans et Brouwer.

Le château de Rameyen est le fruit moulte fois remanié d'une implantation défensive voulue primitivement par les Berthout de Malines. Aux XIe et XIIe siècles, leur puissance rivalisait presque avec celle des ducs de Brabant. Ici, ils sont signalés à travers Jean II Berthout, dès 1303. Il était sire de Berlaere et l'époux de Marie de Mortagne. En 1343, la seigneurie échut à Charles d'Immerseel, signale Paul Arren. C'est à lui ou à son héritier que l'on doit la construction vers 1380, d'un donjon de pierre et de briques. Il constitue encore et toujours, 627 ans plus tard, la pièce maîtresse du château. D'ailleurs, dans la salle à manger, malgré l’agrandissement ultérieur des meurtrières, les antiques murs massifs sont encore perceptibles et l’âtre monumental évoque la salle de réception médiévale. Dans l’angle, la cage d’escalier ronde reliait alors tous les étages et en haut, dans la chambre du seigneur, pour ceux qui ont la chance de visiter cet endroit totalement restauré par Axel et May Vervoordt, on peut encore voir ses latrines.



Rameyen, tout enduit de blanc, a retrouvé avec bonheur son aspect du XVIIe siècle.

Les Immerseel, issus de la famille van Liere, étaient de puissants personnages à Lierre et à Anvers (margraves, écoutètes.....). Ils avaient acquis des positions importantes grâce aux ducs de Brabant dont l'un leur donna ladite terre d'Immerseel près de Wommelghem; ils en prirent le nom. Cinq générations d'Immerseel se suivirent en ces murs pour arriver à Jean, vicomte d'Alost par son mariage avec Josina Tollinck, sire de Iteghem et de Wommelghem etc....dont Meysse. Son fils François épousa Marie de Lannoy fille de Pierre et de Josina de Glymes. Dans la première moitié du XVIe siècle – peut-être même avant 1531 – et donc du temps de François, le château acquit son volume actuel, recouvrant peut-être entièrement l’ancienne cour de ferme qui était partie prenante sur l'île. Une nouvelle cour de ferme avec portail de briques et pignons crénelés et annexes, entourée de douves elle aussi, fut aménagée en dehors du château. A François succéda Engelbert, mari de Josina de Grevenbroeck, dame de Loon. Deux générations plus loin encore, c'était le tour d'Engelbert II, mari de Hélène de Montmorency, de diriger le domaine qu'il vendit néanmoins le 7 mai 1635 à Baudouin de Cocq. Celui-ci garda Rameyen jusqu'à la vente du bien à Nicolas Rubens, le fils du peintre à propos duquel le Musée Royal d'Art Ancien à Bruxelles prépare une grande rétrospective. Nicolas et Constance eurent cinq enfants. Albert-Marie Rubens hérita puis il fut suivi par sa nièce Cornélie-Pauline Rubens, fille de Jean-Nicolas. Celle-ci épousa Honoré, vicomte van der Haegen d'Eesbeeke, chancelier de Brabant. Il en vint une seule fille Claire qui épousa en 1731 Ignace de Visscher, baron de Celles (Tournai), sire de Schiplaeken, et mayeur de Bruxelles. Leur fils Joseph, sire de Pottes en plus du reste, reprit les rennes de Rameyen. Epoux de Marie-Philippe Coloma, il en eut quatre enfants.

En 1794, Ignace mit Rameyen à la disposition de Guillaume I des Pays-Bas, pour que son domaine puisse servir d’hôpital de campagne pour les soldats hollandais blessés dans le Nord de la France. Beaucoup de ces soldats sont enterrés dans le parc .… Une fois les troubles passés, François-Antoine, l'un des fils d'Ignace, vendit le château le 23 octobre 1815 à Pierre-Joseph le Grelle, mari de Marie-Josèphe van den Bol. Les nouveaux maîtres consentirent de grands frais pour restaurer le bien. Rameyen passa par une véritable cure de rajeunissement. Le château Renaissance, démodé, devint une résidence d’été de style Empire. La grande salle avec sa niche en demi-lune et le vestibule avec son sol en marbre respirent encore l’atmosphère des bals donnés à la belle saison. Une paire de sphinx monumentaux placés devant le pont accueillaient les convives. Les chambres furent également réaménagées et l’on retrouve partout de nombreux témoins de cette période. Des le Grelle, après deux générations, le bien passa à un neveu, Nicolas de Cock (1839-1936), époux d'une sienne cousine, Marie-Caroline le Grelle. Nicolas était passionné par l'histoire. Il essaya de reconstituer le domaine dans ses dimensions premières par l’achat de terres et entre 1906 et 1910, il fit ériger dans la cour d’honneur par l’architecte Bilmeyer, un supplément voulu historique en style néo-gothique, avec une tour crénelée et un péristyle. Les de Cock de Rameyen, Léopold, Roger puis Alain, gardèrent leur propriété jusqu'en 1995, date de la vente aux Gruyter-Janssens. Le château est classé depuis le 23 octobre 1992.



SOURCES:
Philippe Farcy, Châteaux et manoirs de charme en Belgique, Editions Aparté 2008

Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel III, Hobonia 1989