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Merckem reconstruit sur une terre brûlée


Kasteel de Merckem - 8650 Merkem (Houthulst)



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  • Il ne restait rien de Merckem et, d’un château du XVIIIe siècle, on fit une demeure massive © Philippe Farcy

  • Le château est inscrit dans un beau parc et bordé par de jolis communs © Philippe Farcy



Nom Officiel Kasteel de Merckem
Localisation 8650 Merkem (Houthulst)
Construction XIe siècle; après 1381; après 1566; vers 1764; 1e moitié du XIXe siècle; 1923
Style Éclectique, néorenaissance flamande
Architecte Jules Coomans
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 03/01/2013


Entre villa et château, Merckem a retrouvé son charme d’antan.



Dans un parc à l’anglaise très ouvert, à une encablure de la nouvelle église de style gothique typique de cette région proche de l’Yser, le château de Merckem est à l’évidence le point d’orgue de la reconstruction du village après les combats sanglants qui eurent lieu en 1917 et au printemps 1918. Il ne restait rien des édifices anciens sauf des trous d’obus.

L’histoire du village et de sa seigneurie remonte à la nuit des temps. D’après E. Feys et D. Van De Casteele (1873), auteurs d’une monographie sur Oudenburg, Merckem appartenait aux Grammines depuis le milieu du XIIIe siècle. Ils étaient chambellans de Flandre. Ils le furent même de manière héréditaire à partir d’Eustache Ier de Grammines dès 1145. Eustache laissa trois fils, Baudouin, Huwelin et Gérard. Le premier épousa Catherine d’Oudenbourg, fille du châtelain Gérard. Baudouin et Catherine eurent deux fils, Eustache et Gérard. Veuve, Madame épousa Gilles Berthout, dit « à la Barbe » qui finira après un voyage en Terre Sainte comme chevalier de l’Ordre Teutonique. Il était le second fils de Walter III Berthout, avoué de l’évêque de Liège en la seigneurie de Malines. On sait que les Berthout jouèrent un rôle considérable en Flandre dans le marquisat d’Anvers mais surtout dans le duché de Brabant. Les comtes de Flandre étaient suzerains des sires de Merckem et d’Oudenbourg. À cette époque, il s’agissait de la maison de Guines représentée par Jeanne de Constantinople et son mari Ferrand de Portugal.



Deux seigneuries en une

La seigneurie de Merckem pas encore liée à celle d’Oudenburg passa à Eustache II de Grammines puis à son frère Gérard avant 1236 puis au fils de ce dernier prénommé Eustache III. Cet Eustache épousa Elisabeth de Merckem. Il devint seigneur de ce lieu et se fit appeler du nom de son nouveau fief. Il apparaît dans les archives pour la première fois en 1254. Ils eurent un fils Jean qui laissa ses biens et titres à sa fille Isabelle devenue camérière de Flandre. Elle allait épouser vers 1300-1310 Jean III de Ghistelles (+28 octobre 1315), veuf de Marguerite de Durbuy ou de Luxembourg. En juin 1317 Dame Isabelle vendait ses terres de Wevelghem et Menin à Jean de Menin dans un acte où apparaît un parent (un neveu ?) Roger de Merckem. Isabelle allait se remarier et Merckem échappa aux destructions de châteaux qui eurent lieu dans sa région vers 1324-1325. Ghistelles et Oudenbourg furent réduits en cendres. On ne sait rien de Merckem. En troisièmes noces, Isabelle convola avec Robert d’Ailly, seigneur de Fontaines sur Somme (Abbeville) et de Boubers, etc... , officier des armées du roi de France Charles IV le Bel puis de Philippe VI de Valois dont il était aussi vassal. Le 3 septembre 1330, Dame Isabelle vendit au comte de Flandre Louis de Crécy toutes ses terres sauf une mais y compris Oudenbourg qui allait devenir un vicomté hérité par les Brandenbourg puis les Beauffort-Spontin, jadis châtelains de Freÿr. Les derniers sont toujours vicomtes de Oudenbourg. Isabelle garda Merckem.


Dévolution

Cette terre fut alors reprise par les d’Ailly. De Seyn signale ensuite que Merckem entra en possession de Rogier de Halewyn, vicomte d’Harelbeke, époux de Catherine Vilain, dame de Merckem. Elle était la fille d’Adrien et de Jossine van Moerkerke, dame de Merckem. Le fils de Rogier et Catherine, Jean de Halewyn reprit le domaine et devint bourgmestre du Franc de Bruges dont dépendait Merckem. Par achat le fief passa au chevalier Jean de Beer, seigneur entre autres de Grammene (Deinze). Puis son fils Jean II vendit le lot à Antoine Le Poyvre en 1533. Les Le Poyvre sont les ancêtres des Croeser, puissants notables à Bruges (Litterveld). On ne sait rien du XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle Merckem appartenait à Jean-Jacques van Outryve, seigneur de Corvere, Regelburg etc... Il en avait hérité de son oncle Josse van Outryve, chanoine à Bruges et grand propriétaire terrien. La fille de Jean-Jacques, Françoise (1777-1827), porta la terre de Merckem dans la famille des chevaliers (1719) et futurs barons (1875) de Coninck de Merckem dans la descendance desquels le domaine se trouve toujours, comme le signale Paul Arren.


Une demeure imposante

Ce dernier auteur nous montre en son volume n° 10 Van Kasteel naar Kasteel (2003) une carte postale du château précédent. Il s’agissait d’une maison néoclassique à toitures mansardées large de trois travées et longue de cinq travées. Elle montait sur deux niveaux. Les dépendances étaient liées à la demeure par un portique à demi arondi qui évoque ceux de Poederlée. Le château actuel repose sur un épais soubassement à jours carrés. Il monte sur deux niveaux. Construit en briques et pierre blanche, il se présente en plan massé divisé en trois blocs de une, deux et trois travées vers le nord. De ce côté, les niveaux sont bien séparés par des bandeaux larmiers. Deux tourelles en encorbellement limitent le massif central. Les baies sont presque toutes en triplé et à croisillons. Les côtés présentent deux travées et un bow-window à l’est. On retrouve cet appendice sur la façade sud qui sert d’accès. Les deux bow-windows sont placés aux travées extérieures. Le corps axial de cette face est signalé, outre le large perron, par trois portes fenêtres en arcs en plein cintre surmontées d’un balcon ouvragé. À gauche une pierre gravée montre les armes des Coninck et des Fraeys de Veubeke. Les dépendances sont charmantes.



On ne visite pas. Des chiens veillent au grain.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel X,  Hobonia 2003
Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)
Jean Marie Eusèbe Feys & Désiré vande Casteele, Histoire d'Oudenbourg, accompagne?e de pie?ces justificatives comprenant le cartulaire de la ville et de nombreux extraits des comptes communaux, Socie?te? d'Emulation de Bruges, Imprimerie d'Aime? de Zuttere 1873