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A Villers, un peu de Limbourg


Château de Villers-aux-Tours - 4161 Villers-aux-Tours (Anthisnes)



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Catégorie : Informations Business Evénements
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  • © Philippe Farcy 2008



Nom Officiel Château de Villers-aux-Tours
Localisation 4161 Villers-aux-Tours (Anthisnes)
Construction 1682-1687
Style Traditionnel mosan
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Château classé le 28 novembre 2001

Dernière mise à jour : 06/01/2013


Seigneurie des Briffoz puis des barons de Rahier, le château est intact depuis 1682.


Nous sommes entre Esneux et Hamoir, entre Sprimont et Anthisnes, dans une région au relief accidenté forgé par l'Ourthe et l'Amblève. Villers-aux-Tours perpétue le nom d'une seigneurie qui eut son siège médiéval à quelques kilomètres d'ici. Il en restait des traces en 1726 signale Guy Poswick. Le château actuel est une résidence de campagne, un peu austère et à peine privée de caractère militaire. Il est haut de deux niveaux posés sur un épais soubassement de grès dont les jolies baies sont à linteaux bombés. Le château est érigé en briques et en moellons de calcaire et de grès pour les pignons et la façade arrière. Les élévations sont décorées de la traditionnelle pierre bleue pour les montants des baies, les chaînages d'angles et les éléments jointifs des baies à croisées, à hauteur des appuis, des traverses et des linteaux. Ces linteaux plats soulignent l'effet d'horizontalité de l'édifice. Les croisées sont encore intégralement conservées sur la face nord. On les a gardé au second niveau pour la façade donnant sur la cour de la ferme, mais pas au premier niveau afin d'augmenter la luminosité des salons. L'édifice mesure trente mètres de long, grâce à ses neuf travées, pour onze mètres de large. Aux pignons, on ne compte plus que deux travées fort espacées et des baies étroites à meneau. Le pignon oriental est accosté au nord-est d'une élégante tour d'angle carrée. Elle grimpe sur quatre niveaux de jours sous une toiture en pavillon à coyaux surmontée d'un clocheton carré percé d'une baie.

Le tout est poursuivi d'une autre toiture en pavillon qui sert d'appui à une flèche à huit pans terminée par une poivrière octogonale sommé d'une girouette. On notera que la toiture du château est mansardée et animée de quatre lucarnes; on y voit aussi trois hautes cheminées. Le château était sans doute entouré de douves comme le laisse croire un petit fossé séparant la basse cour de la haute cour. On passe de l'une à l'autre par un petit pont en pierre à trois arches. Précédé par deux piliers sommés de pommes de pin dont les montants sont percés chacun d'une meutrière, le pont mène tout droit vers une porte en bois donnant accès aux caves. La porte est placée sous le seuil de l'escalier à quatre volées, en U. Cet escalier agrémenté d'oculi ovales inscrits dans des panneaux feuillagés est une petite merveille de sculpture. Par on ne sait quel besoin, il a été décoré à ses pilastres de têtes de soldats semblants sortis des armées assyriennes. Leur source iconographique n'est pas élucidée, mais leur qualité de traits en fait des œuvres fort intéressantes. Les degrés mènent à un superbe portail à refends. La porte d'entrée cintrée est flanquée de deux pilastres toscans soutenant un fronton aux armes d'alliance des barons de Rahier et des comtes d’Argenteau. Les Argenteau étaient des voisins car il n’y a que quatre kilomètres entre Esneux et Villers, en passant par les grands bois où se cache le fameux château du Rond-Chêne, jadis aux Orban, Montefiore etc… Le fronton est daté de 1687 alors que les façades longues sont ancrées aux dates de 1682. La cour de la ferme en U est limitée par des bâtiments en long. On y accède par un large portail carrossable de la fin du XVIIIe siècle décoré d'une pierre de remploi fort usée aux armes des Rahier.


Dévolution simplifiée

En ce qui concerne la dévolution du bien et à défaut d'un quelconque événement historique important, on signalera que la seigneurie appartenait à Jean de Mons en 1350. Elle passa à son cousin Jean de Villers avant 1390. Puis en 1454 par donation arrivèrent les Briffoz. Alliés notamment aux Presseux et aux Soheit, ils y restèrent jusqu'à une vente du 30 juin 1642 exercée en faveur du baron Théodore de Botzeler, seigneur de Tassigny. Cette vente fut contestée par un cousin des Briffoz, Godefroid d'Anthisnes, seigneur de Hody et de Fraiture. On lui donna gain de cause et il vendit alors Villers à la fin de 1645 à Gilles de Rahier, châtelain de Logne, seigneur de Renier et Awans et mari de Marguerite de Fraipont. Marguerite était la fille du baron Daniel, seigneur d'Olne, de Comblain et de Halleux (sur l'Amblève). C'est à leur fils Godefroid marié en 1682 à Anne-Marie d'Argenteau, dame de Sprimont, que l'on doit l'édifice actuel. Godefroid (1636-1714) était outre Villers et de par son père, seigneur de Heid, Izier, Preisch (G-D. de Luxembourg), Jusaine, Werbomont et Petit-Bomal. Son épouse était la fille de Guillaume d’Argenteau, comte d'Esneux et de Anne de Waha de Vecmont (près de La Roche). Les biens passèrent à leur fils Jules-Ferdinand (mort en 1752) puis à son frère Ferdinand-Henri, seigneur de Froidcourt (mort en 1755), uni à Marie-Agnès de Berlaymont (décédée en 1753, après avoir cinq fois enfanté ceux qui seront les ultimes porteurs de leur nom).


Ainsi de Ferdinand-François (mort à Florzé, célibataire, en 1772). Il hérita de Villers, des autres biens issus des Rahier, mais pas de Harzé qui appartint à sa soeur Marie-Antoinette (1731-1816), épouse du comte Philippe de Woestenraedt, seigneur de Sclassin, Grand-Rechain et de Renal semble-t-il. Ferdinand-François eut de par sa grand-mère Argenteau des domaines de cette puissante famille sur Esneux et Sprimont, en ce compris Florzé. Un autre frère, Louis-Claude hérita des biens. Interné pendant 20 ans près de Tournai, il décéda sans hoirs en 1809 à Florzé laissant tout à sa soeur de Harzé. Elle légua sa fortune immense à Clément de Berlaymont, fils du comte Florent époux de Marie de Berlo-Suys. Toutefois, Marie-Antoinette avait déjà vendu Villers en 1811 à Antoine Lahaye. Des Lahaye et par successions, le château passa aux Billy puis aux Leurquin. Dans les années 1930, le château fut vendu par ces derniers pour l'ultime fois. 40 ha et la maison passèrent à Mme Dresse épouse d'un sieur Lahaye non apparenté à celui de 1811, signale Guy Poswick. Le château est classé depuis le 28 novembre 2001.


Visites possibles lors des Journées du Patrimoine. Le château se voit de la route.



SOURCES:
Philippe Farcy
Villers-aux-Tours: le château est à vendre, LaGazette.be 12 octobre 2009  http://www.lanouvellegazette.be/regions/huy_waremme/2009-10-12/villers-tours-chateau-vendre-732568.shtml
Guy Poswick, Les délices du duché de Limbourg, Archives verviétoises, tome IV, Verviers 1951