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Messines, le poison de Lede


Kasteel van Mesen - 9340 Lede



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  • © Philippe Farcy

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Nom Officiel Kasteel van Mesen
Localisation 9340 Lede
Construction XVIIIe siècle; 1905
Style
Architecte Jean-Nicolas Servandoni
Occupants Institution Royale de Messines (Ministère de la Défense)
Affectation
Protection Parc classé

Dernière mise à jour : 12/01/2013


La petite ville de Lede possède un domaine en son sein, jadis superbe. C’est un chancre aujourd’hui.

 

Curieuse vision que celle de la petite ville de Lede proprette et agrémentée de belles maisons, piquée en son sein d’un chancre. Nous sommes à 5 km au nord d’Alost. Lede possède entre mairie et gare un ancien marquisat, domaine partiellement muré, qui fut un endroit brillant. De nos jours le château, transformé au XIXe siècle en usine (distillerie, tabac et sucre) puis en collège et pensionnat géré par les chanoinesses de Jupille (Liège), traîne une misère indigne d’une Flandre prospère et fière. Ce sont les Liégeoises qui firent construire en 1905 les ajouts néo-gothiques. Ces bâtiments servirent également pour les orphelins de guerre après 1918.


Cela fait plus de trente ans que le site est abandonné et que le calvaire se poursuit. Et plus il dure, plus les poutres et murs se ramollissent, tombant par pans de plâtre et groupes de briques. Le classement de la totalité du bien lancé déjà en 1975, n’aboutit jamais totalement et de toutes façons n’aurait pas suffit à sauver cette masse immense. Le parc fut classé. Et pourtant un projet d’édification de maison de retraite fut accepté à 40 mètres du vieux château. En 2010 pour faire place à côté du château à des bâtiments neufs on détruisit toute une partie des ailes de 1905 (à voir sur You ube : kasteel van mesen). Le chantier à ce jour est en partie à l’arrêt. L’idée serait de garder le site en l’état pour en faire une ruine romantique.

A ce que l’on sait, Lede était une seigneurie très ancienne dont les sires de Lede contrôlaient le fief depuis les environs de l’an mille. Cette famille gardera Lede jusqu’en 1542 quand arriva Jean de Grutere. Sa fille Isabeau épousa en 1549 Jacob de Bette, fils d’Adrien notable gantois. Les Bette devinrent sires de Lede à la mort de Jean de Grutere en 1556, nous apprend Hubert Tropke. Et à partir d’ici jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, leur ascension sociale fut impressionnante tant par les positions acquises que par les mariages. Jacob et Isabeau eurent quatre enfants. C’est le dernier qui reprit Lede à la mort de son père en 1591. Il fut fait chevalier en 1598 et devint baron de Lede en 1607. En 1598 il avait épousé Jeanne de Berghes et il décédera en 1620. Deux fils naquirent de cette union.

L’un fut capucin et l’autre, Guillaume, sera fait marquis de Lede le 3 août 1633 et baron de Péronne. Militaire, lieutenant-colonel au service de l’Espagne, il sera gouverneur du pays de Limbourg et dans un autre temps de Dunquerke. Guillaume épousa le 24 janvier 1633 Marie de Hornes de Baucignies. Ils eurent une fille et quatre fils. On doit à Guillaume le maître-autel de l’église (classée) de Saint-Martin à Lede.

L’aîné, Ambroise, fut colonel et mourut soldat en Hollande en 1677. Il reprit les titres et terres et avait épousé en 1671 à Condé Dorothée de Croÿ-Solre dont la mère était une Gand-Vilain. Ce couple eut notamment un fils, célèbre militaire et marié à une cousine Croÿ-Roeulx. Il s’agissait de Jean-François, né en 1677, époux depuis le 11 décembre 1722 d’ Anne-Marie de Croÿ née vers 1700 et morte en 1792, dont le frère Ferdinand-Gaston allait aménager le Roeulx tel qu’on le voit aujourd’hui; grandiose donc. Jean-François de Bette mourut le 11 janvier 1725 à Madrid. Il eut les honneurs de la Cour de d’Espagne et même de Versailles car sa femme était demoiselle d’honneur d’une princesse de France, ce qui lui valait un appartement dans l’aile des Ministres. Homme de guerre, il était dit Saint-Simon doté d’un bel esprit mais accablé d’une laideur insigne. Grand d’Espagne de 1ère classe, il fut vice-roi de Majorque puis vice-roi de Sicile, comme le furent les Ligne et les Croix, gouverneur de Palmas, président du Conseil de la Guerre, et lieutenant-général. Un fils naquit quand même, en octobre 1724. Il s’agissait d’Emmanuel-Ferdinand, grand d’Espagne lui aussi et maréchal de France. C’est à lui que l’on dût ce château Louis XV aux lignes dépouillées commandé à l’architecte florentin Jean-Nicolas Servandoni. Ce dernier travaillait à Paris, sur l’église Saint-Sulpice et il avait obtenu une belle commande près du canal de Bruxelles au château de Haecht (détruit vers 1930 pour agrandir les zones industrielles) . Surtout, c’est lui qui a dessiné le château de Steerebeek que les Solvay protègent avec délicatesse.


Emmanuel-Ferdinand fut le dernier marquis de Lede et mourut sans enfant en 1792. Il avait épousé une chanteuse de La Monnaie, Rosalie du Tarte (1740-1788). Un tiers des biens des Lede échurent aux Croÿ et 2/3 aux cousins Joigny de Pamele. C’est Emmanuel-Ferdinand qui fit construire l’église de Wanzele en 1775 sur les plans du frère augustinien Philippe Gobert, d’Enghien.

Les ruines se voient parfaitement de la rue.



SOURCES:
Philippe Farcy, Messines, le poison de Lede, Vie de Château 636, La Libre Belgique