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Ville dortoir de luxe


Château de Ville - 4190 My (Ferrières)



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  • Carte postale, ed. A. Smetz

  • Carte postale ancienne, ed. à Vielsalm



Nom Officiel Château de Ville
Localisation 4190 My (Ferrières)
Construction milieu du XIXe siècle
Style
Architecte
Occupants Athénée Royal Durbuy Internat
Affectation Pensionnat
Protection

Dernière mise à jour : 06/01/2013


Les enfants de différentes écoles de la Communauté française viennent y dormir. Ils y sont en pension et sont instruits dans des instituts éparpillés entre Ourthe et Amblève.


Le long de la route menant de Bomal à Aywaille, au carrefour allant vers Ferrières (village qui donne son nom à l'entité), se trouve l'élégant château de Ville. Non loin de lui se découvrent les châteaux de My, de Ferot alors que celui de Grimonster est perdu dans les forêts. Ville est également très proche de l'abbaye de Bernardfagne, devenue le célèbre collège Saint-Roch. Ville est un hameau minuscule d'où l'ample demeure émerge en montant vers Hamoir.

Nous sommes dans une région qui jusqu'au milieu du XIXe siècle avait connu et ce depuis le XIVe siècle, une évidente prospérité grâce au charbon de bois, à la métallurgie et aux filons de fer. Des mines l'on tira le nom de l'entité, comme le signale Jean-Jacques Jespers dans son récent Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles. D'après Marie-Ange Closon, on évoquait déjà un "château" en ces lieux en 862. Mais il y va de Ville comme de Vêves et à cette époque-là un n'était pas constitué de pierre mais de bois, posé sur une motte et défendu par de l'eau.

Au XVe siècle et sans doute avant comme l'écrivit le docteur Thiry en 1938, les lieux étaient une dépendance de l'abbaye de Stavelot. Au XVe siècle, Ville fut relevé par les Rahier, puissants seigneurs en certains temps sires de Froidcourt, Rahier, Fraipont, Izier, Villers-aux-Tours, Sprimont et La Vaulx-Renard. Plusieurs de ces terres stavelotaines, peu éloignées d'ici, recelaient elles aussi pas mal de minerais. Après les Rahier vinrent les Maillen, sires de Ry (sur Mohiville dans le Condroz, aujourd'hui aux comtes d'Aspremont-Lynden) depuis 1550 alors qu'ils auraient pû l'être de l'imposant château de My, installé à un kilomètres d'ici. Ils ne le furent pas non plus de Sy, encore plus près. Il semblerait que ce soient les armes des Maillen qui se trouvent écartelées avec celles des Haultepenne et de deux autres familles sur la tour carrée de la façade principale donnant vers le sud-est. Cette pierre est datée de 1640.

Les Maillen restèrent maîtres de Ville jusqu'à une date inconnue au XVIIIe siècle. Ils furent suivis par les Leuze, dit Madame Closon. Par contre, aucune source n'évoque les Lardenois de Ville, pourtant seigneurs de Ville. Ils furent, vu leur patronyme, sires de ce lieu. D'autant qu'ils étaient maîtres de forges eux aussi, seigneurs de Dohan pour cette raison et sires de Vaux-Chavannes, ce qui nous situe à 11 km de Erezée. Après la Révolution française, le château de Ville fut acheté par les Ancion puis il atterrit dans le portefeuille de Victor de Rocheblin, qui posséda un petit château à Barvaux-sur-Ourthe (aujourd'hui c'est la mairie). Il possédait en plus le très beau moulin (1699) de Mesch, au Limbourg hollandais, au nord de Moulant. Enfin, vinrent les Lamarche, négociants en tabac à l'origine puis versés dans différentes entreprises dont la métallurgie liégeoise. Ils eurent aussi en leurs mains le fameux château de Fanson posté à quatre kilomètres de Ville.


Ce très intéressant château de Ville, non classé, profite de huit hectares de parc. Derrière ses façades de moellons de calcaire et de grès, il peut accueillir nonante-neuf élèves de six à vingt-et-un an, dans un cadre plus que sympathique. Les décors intérieurs sont pour une bonne part des années 1680-1720, en boiseries typiques du style Louis XIV liégeois. Le superbe bureau du directeur est en plus orné de toiles peintes sans doute par le paysagiste Juppin, dans ces mêmes années. Le château montre il faut le dire des lignes d'une certaine sévérité, sans doute depuis que les volets furent retirés. Il est centré sur un corps de bâtiment de huit travées montant sur deux niveaux et est posé sur un haut soubassement. La travée axiale, décalée, montre un léger ressaut et les pilastres plats qui l'isolent vont soutenir en haut un élégant fronton bombé. Ce logis est calé entre deux tours. Celle de l'angle orientée à l'est, carrée, ouvre sur trois côtés. Elle ressemble grandement à la tour du colombier qui se situe à l'occident, du fait de sa belle toiture à clocheton carré sommée d'une toiture à l'impériale. La tour monte sur deux niveaux et demi. Celle de l'occident est plus puissante et oblongue. A l'arrière se trouve au nord-est une échauguette en briques abritée par une toiture en poivrière. On ne visite pas, mais en demandant la permission, rien n'est impossible....


SOURCES:
Philippe Farcy
Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Éditions Racine 2005
Pierre Hanquet, Raymondi (Raymundi, de Raymundt), Le Parchemin, n° 216, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, novembre-décembre 1981