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Haut-Regard et hauts les coeurs


Château de Haut-Regard - 4910 La Reid (Theux)



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  • © Philippe Farcy

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Nom Officiel Château de Haut-Regard
Localisation 4910 La Reid (Theux)
Construction Du XVIe au XXe siècle
Style Traditionnel
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection

Dernière mise à jour : 03/01/2013


Depuis 1996, les Heeren ont rendu à cette importante maison, toute son allure. L'ancien fief des Presseux a été restauré et regarde vers Franchimont avec fierté.


En 1867, Stanislas Bormans a donné l'histoire de cette maison posée au sommet d'une dépression qui descend vers La Reid. Nous sommes sur la route venant de Remouchamps. La première mention d'une demeure sur ce site privilégié (la vue est admirable), date d'avant 1535. La terre dépendait du marquisat de Franchimont et bénéficiait alors de douze bonniers de culture, plus un bois de vingt-deux bonniers.


D'après l'auteur, la maison daterait de 1622, mais c'est la maison neuve. On sait qu'Erard de La Marck, prince évêque de Liège donna la terre à son parent Englebert de Presseux. Les Presseux portaient le nom d'un petit village situé près de Sprimont (Liège). On sait qu'Englebert de Presseux avait épousé Jeanne de La Marck, fille de Godefroid d'Arenberg et de Marie de Montjardin, dame de Neufchâteau-sur-Emblève (Amblève). Godefroid n'était pas n'importe qui.

Comme nous le signale le marquis de Trazegnies: « Godefroid d'Arenberg est (sans doute, parce qu'il n'y a aucune preuve de sa filiation) un fils bâtard d'Evrard II de La Marck, seigneur d'Arenberg (le fameux grand-père de Guillaume «à la Barbe» dit - à tort - le «sanglier des Ardennes»). Ce Godefroid avait épousé la fille naturelle de Baudouin II de Mondersdorp, seigneur de Montjardin (territoire dépendant de la principauté de Stavelot-Malmédy), laquelle reçut de son père la seigneurie de Sprimont avec la maison de Neufchâteau-sur-Emblève. Godefroid fonda une branche relativement importante des La Marck (qui hérita d'ailleurs plus tard, via les Alsteren, de la seigneurie de Hamal).

Le dernier de cette branche avait épousé Madeleine de Hatzfeld. Voilà qui montre l'importance de l'alliance entre les Presseux et les La Marck-Arenberg. Le fils d'Englebert de Presseux et de Jeanne de La Marck, Englebert lui aussi, se maria avec Marie de Crisgnée, dame de My. La fille de ceux-ci, Marguerite allait épouser Daniel de Seraing. Marguerite de Presseux avait un frère prénommé Jacques. Lui convola avec Marie delle Reid de Belvaux. Ces noms se retrouvent sur un linteau de la ferme où on trouve les blasons des Presseux, La Marck, Crisgnée et Soheit.


Familles locales


Ceci montre que les Presseux étaient, aux alentours de 1500, de puissants seigneurs locaux. Ils eurent même des liens avec le château de Libermé à Kettenis. En 1605, Haut-Regard fut le sujet d'une saisie opéré par Gilles de Lens, contre le sieur Presseux, sire de Boumaele (Bomal). On imagine que la somme due fut payée car les débiteurs retrouvèrent leurs terres. Les Presseux garderont Haut-Regard au moins jusqu'en 1684 quand le prieur des Carmes déchaussés (de Liège selon toute vraisemblance), fit relief, à nouveau suite à une saisie. En 1722, la justice repassa les plats et Robert de Limbourg, docteur en médecine, fit relief via une autre saisie. En 1742, le bien était dans la famille de Jean-Joseph Behr, souverain officier d'Awans (territoire de Stavelot, près de Ans) et de Loncin.

Dans le volume 12 du patrimoine monumental (éditions Mardaga), la bâtisse n'est curieusement pas décrite; c'est évidemment une injustice. Par contre, on y évoque la ferme de Vert-Fontaine sise à La Reid, qui date aussi du début du XVIIe siècle. Cette ferme superbe appartint également aux Presseux de Hautregard jusqu'au début du XVIIIe siècle. Ensuite, elle arriva aux Beer (de Laer). Il ne s'agit de la même famille que les Behr précités. Hautregard échut ensuite aux Massange, célèbre famille de tanneurs installés à Stavelot (un conseil: allez visiter le cimetière de Stavelot, c'est un endroit extraordinaire par la richesse de ses tombes dont celle des Massange). Le château en L et sa ferme adjacente composent un ensemble assez rustre de pierre bleue bien réglée vers l'ouest et de moellons de grès à moitié, partagé avec du calcaire pour la partie regardant au nord. Le grès domine à l'est et au sud. Il est animé de chaînages en pierre bleue aux angles et aux montants de certaines baies. La massivité relative de la bâtisse principale tient sans doute à l'absence de toitures en poivrière au sommet des trois tours et des deux tourelles en échauguette. La façade d'accès a des airs néo-gothiques. Elle se limite à quatre travées, sur deux niveaux. Deux tours circulaires à encorbellement y sont accolées. Dans le creux du L on voit une intéressante tour à cinq pans.

On ne visite pas. Le château se voit aisément de la route.


SOURCES
:
Philippe Farcy, Haut-Regard et hauts les coeurs, LaLibre.be 28 juillet 2006 http://www.lalibre.be/economie/actualite/article/298572/haut-regard-et-haut-les-coeurs.html
Le patrimoine monumental de la Belgique, Volume 12, Tome 2, Ministère de la Communauté Française, Verviers/arrondissement H-L, Pierre Mardaga 1985

Stanislas Bormans, Les Seigneuries allodiales du Pays de Liège, avec une introduction historique,  J. Gothier 1867