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Beauvoorde, le rêve flamand d'Arthur Merghelynck


Kasteel Beauvoorde - 8630 Wulveringem (Veurne)



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  • Dans un cadre délicieux Beauvoorde apparaît en tous ses charmes © Philippe Farcy

  • Beauvoorde mérite sa réputation © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Timbre-poste, série Culturelle, 17 septembre 1979, dessin Oscar Bonneville, gravure Henri Decuyper, Catalogue Officiel de Timbres-Poste (COB) n° 1941



Nom Officiel Kasteel Beauvoorde
Localisation 8630 Wulveringem (Veurne)
Construction Vers 1580; après 1879
Style Traditionnel
Architecte Inconnu mais peut-être Sylvain-Boulin; après 1879: J. Vinck
Occupants Erfgoed Vlaanderen (association publique pour le patrimoine de la Flandre) (1998)
Affectation Musée, bibliothèque et bureaux
Protection Bien classé le 1er juillet 1987

Dernière mise à jour : 11/01/2013


L’Académie Royale de Langue et de Littérature flamande y a siégé


Le chevalier Arthur Merghelynck, décédé en 1908, doit être regardé comme le sauveteur de ce petit château du Westhoek dont les proportions conviendraient à une maison de ville que l’on qualifie alors d’hôtel particulier.

Cette maison, que l’on a aussi qualifiée de « fief-manoir », a de particulier d’être devenue le siège d’une importante académie de notre pays. Arthur Merghelynck avait acheté le lot en 1875 pour le sauver et lui rendre son antique prestige. Il faut dire que Arthur était allié par sa mère aux anciens propriétaires, les Bryarde. Il demanda à l’architecte J. Vinck de procéder aux travaux. La mode était sous Léopold II au nationalisme et la Belgique puisa dans la Flandre son identité culturelle. Beauvoorde n’échappa guère à cette règle.


Village signalé depuis 1128

À Wulveringhem, le château est installé à côté de l’église et de son cimetière en un site remarquable où l’éternité est presque palpable. Cette commune est regroupée depuis 1971 avec Vinkem. Ce dernier village possédait une cour féodale nommée « De Torrelen ». Après 1640 le siège de la seigneurie devint une exploitation agricole mais elle a conservé des signes tangibles de sa puissance.

Nous sommes ici à moins de dix kilomètres de Furnes. Dans cette Flandre qui sent bon la mer et où les flèches des châteaux comme celles des églises servent encore aux mouettes pour leurs rendez-vous « goélands ». Par ici des fortunes se firent au gré des vagues et de nombreuses familles montèrent en puissance grâce au commerce. Ce fut la cas des Bryarde qui édifièrent le château tel qu’il se présente aujourd’hui vers 1580. Mais on ne saurait oublier que Beauvoorde fut précédé par une autre demeure sans doute bien plus importante.

En effet, le village de Wulveringem est signalé par des actes depuis 1128. On sait que les sires locaux se soulevèrent avec leur peuple contre des impôts trop forts instaurés par Mathilde, veuve du comte Philippe d’Alsace, comte de Flandre. Richard Blauvoet fut fait prisonnier au château fort de Furnes. Il fut libéré par son collègue Héribert de Wulveringen qui résidait sans doute dans son domaine voisin du Hoeyvaartsnest. Il fallut attendre 1206 pour que la région se calme sous l’autorité du comte de Guisne. Les Blauvoet furent bannis et le château d’Héribert fut détruit.

Les de Craene

D’après Dieudonné Dalle, du XVe au XVIIe siècle la cour féodale du Hoyvaartsnest appartint à Simon de Flandre puis aux familles de Morbeke et de Recourt. Quant au château qui allait devenir Beauvoorde, il passa du XIIIe siècle au XVe siècle dans les mains des de Craene. D’après Elisabeth Dhanens toutefois, en 1408 le bien était possédé par Jean de Value et son épouse Ydonie Bladelin, puis par leur fille mariée à un Crucemeet. Ce dernier auteur situe l’arrivée des Craene par achat en 1468. Ensuite les historiens se rejoignent pour dire qu’en 1550, François de Craene qui était aussi seigneur de Vinkem, vendit le bien à Pierre van Bampoele qui en fit don à sa seconde fille Marguerite. Celle-ci allait épouser Antoine de Bryarde en 1573. À cause des guerres de religions, Marguerite se réfugia à Gravelines et quand elle en revint en 1584, veuve, le château était en cendres. Elle décéda en 1596. Elle fut suivie dans sa charge par son fils Jacques (1578-1652), époux d’Alexandrine de Hertoghe (1591-1655). Les Bryarde devinrent par ailleurs sires de Vinkem en 1658, via Charles (1614-1662) puis son frère Pierre (1630-1690), en 1663. Le château de Beauvoorde fut transformé vers 1665 par un autre Jacques de Bryarde.


Sauvé par un mécène

Amoindri à cause de son état délabré, le château fut conservé par les Bryarde jusqu’en 1838 quand un descendant de cette famille vendit le domaine à un fermier. Il fallut attendre 1876 pour que Merghelynck sauve le bâtiment et lui rende sa grâce. En 1879, les travaux débutèrent par la reconstruction de l’aile nord-est, légèrement raccourcie. La chapelle et la sacristie datent de cette phase. La décoration intérieure fut réalisée par les artisans Désiré Böhm et Pieter Ryssen. Le commanditaire entra dans sa demeure en 1895.

Le château tout érigé en briques se compose de quatre ailes inégales organisées autour d’une tour d’escalier. On y accède par un pont dormant d’une arche qui donne accès via un petit porche à une cour intérieure protégée par un mur animé de crénelages et percé d’arquebusières. La façade méridionale conserve une haute baie d’époque Renaissance ornée d’une coquille. Elle est décorée des armes d’Antoine de Bryarde. Les recherches historiques du commanditaire laissent penser que l’aile occidentale date de 1616 et qu’elle fut dessinée par l’ingénieur-architecte Sylvain-Boulin qui a travaillé pour son maître, bailli de la châtellenie de Furnes, à Furnes.



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel III, Hobonia 1989
Elisabeth Dhanens, Kastelen in België, Spiegel Historiael 1972
Dieudonné ou Godgaf Dalle, De bevolking van Veurne-Ambacht in de 17de en de 18de eeuw 1963