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Terlinden survit entre des barres d'appartements


Kasteel Terlinden (ou De Grote Verdoemenis) - 9300 Aalst



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  • Terlinden est isolé sur son île. Mais les arbres ne cachent pas la forêt de béton qui le ceinture. © Philippe Farcy

  • De l’eau en abondance, de l’herbe pour les canards et les enfants, un joli pont récemment reconstruit et voilà Terlinden qui oublie son sinistre voisinage. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Kasteel Terlinden (ou De Grote Verdoemenis)
Localisation 9300 Aalst
Construction Fin du XVIIIe siècle (vers 1775)
Style Traditionnel flamand
Architecte
Occupants Stad Aalst/Ville d'Alost
Affectation Centre pour l'économie et le commerce, service du commerce et du développement économique, chambre de commerce
Protection Bien classé en totalité le 2 juillet 1987, site compris

Dernière mise à jour : 11/01/2013


Terlinden a des airs de Rivieren à Ganshoren.


À l’extérieur de la charmante cité d’Alost en direction de Gand, on trouve un minuscule parc de 1 ha 87 a assorti d’une orangerie, d’un pavillon d’accès octogonal, d’un joli pont refait il n’y a guère, le tout centré sur un château en U du meilleur effet. Le château a pris le nom de la plus importante famille qui y résida : les Terlinden. Ceux-ci donnèrent divers responsables à la ville d’Alost.

Toutefois la première mention du territoire qui remonte seulement à 1582 évoque une ferme plus qu’un château comme le souligne Paul Arren. Au XVIIe siècle les textes signalent un petit château affublé de deux tours, entouré d’eau, inscrit dans un parc muni de viviers. Vers 1687 le directeur de l’Oratoire Pasquier Quesnel, né à Paris le 14 juillet 1634 et mort à Amsterdam le 2 décembre 1719, fut exilé par l’archevêque de Paris sur ordre de Louis XIV; il vint se réfugier à Bruxelles pour retrouver son compagnon, le père Arnauld. Théologien, moraliste, janséniste bien connu, il serait venu résider au château Terlinden avant d’être arrêté sur ordre de l’archevêque de Malines, à Bruxelles, caché derrière un tonneau et se faisant passer pour M. de Rebecq. Emprisonné, il s’enfuit de sa geôle et s’en alla en Hollande. En 1775, le château vieux appartenait au président du Conseil de Flandre Jacques-Ange Dierckx. Il mit le castel par terre et édifia la bâtisse actuelle. Selon les prescrits du temps, le château était certainement enduit. Lui rendre cette allure colorée lui offrirait sans aucun doute plus de légèreté.


Histoire incomplète


Dès l’arrivée des Français après 1794, le château fut occupé par les armées et servit de magasin. En 1796 le domaine fut vendu comme bien national. À qui, on ne sait pas. Mais on connaît le locataire qui s’installa sur place en 1799 ou en 1800. Il s’agissait de Jean van Langenhove. Vers 1850, le château entra en possession de l’ancien bourgmestre de Alost de 1833 à 1848, le baron van der Noot de Vreckhem. En 1910, Terlinden appartenait à Eugène Jelie, ce qui pourrait créer un lien avec Ronsevaal, veuf en premières noces de la fille du bourgmestre van der Noot de Vreckhem. À cette date le château était à vendre. Il fallut attendre 1913 pour trouver l’amateur. Il se nommait Louis Geerinckx et il réaménagea le château pendant qu’il restaurait les ailes et le pavillon d’accès à la cour d’honneur.

Feu Christian Danneel, président il n’y a guère encore du Golf de l’Empereur, et son épouse Lilian, fille du major e.r. Paul Geerinckx, vécurent ici. En 1965, Etienne, fils de Louis, allait vendre le domaine de 7 ha et une « rawette » à la sinistre société immobilière la s.a. Etrimo. Celle-ci allait obtenir des pouvoirs locaux le droit d’ériger dans le parc deux immenses immeubles d’appartements. Ces barres « tuent » ce château comme d’autres « tuent » le château de Rivieren à Ganshoren, à Bruxelles. En 1978 le château Terlinden était enfin vendu à la commune d’Alost qui y installa des bureaux pour sa chambre de commerce. Des vieux pleins de bonne humeur jouent aux boules car leur club est installé dans l’orangerie, comme au château Jourdain à Crainhem.

Belle architecture



Le château est construit en U sur deux niveaux et demi de briques et de pierre sableuse utilisée pour les bandeaux et les chaînages d’angles. Un soubassement aveugle supporte la bâtisse. Celle-ci est édifiée autour d’un corps central de cinq travées sur la cour d’honneur. Cette aile est centrée sur la porte d’entrée surmontée d’un balcon. Les ailes de retour comptent trois travées de long et deux travées de large. L’aile de gauche se poursuit vers l’arrière pour rejoindre la façade donnant sur le parc. Au milieu on devine une fausse latrine. De l’autre côté, l’aile n’est pas prolongée jusqu’à la fin de l’édifice car l’architecte a ménagé un espace pour accueillir la chapelle qui prend les deux niveaux sur une seule travée. La chapelle est prolongée par un édicule plus étroit encore, long de deux travées. La façade donnant sur le parc apparaît alors, mais asymétrique. Composée sur un avant-corps de trois travées, elle compte une baie pour l’édicule précité puis une travée pour le corps principal et sur la droite, se développent encore deux travées complètes. Les toitures sont en bâtières couvertes d’ardoises.

Visites libres.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel VI,  Hobonia 1995