FR - NL - EN
ACCUEIL AGENDA CONTACTEZ-NOUS FAQ CONNEXION CHÂTELAINS

Fernelmont, donjon-porche et « blokehuct »


Château de Fernelmont - 5380 Franc-Waret (Fernelmont)



Contacter

Catégorie : Informations Business Evénements
Prénom
Nom
E-mail
Téléphone
Veuillez écrire CASTLE dans le champ ci-dessous:

  • Le château, entouré d’eau, est précédé d’un donjon spectaculaire

  • Octobre 2008.



Nom Officiel Château de Fernelmont
Localisation 5380 Franc-Waret (Fernelmont)
Construction Vers 1290; 1550; 1580-1600
Style Renaissance mosane
Architecte
Occupants
Affectation Activités culturelles
Protection Bien classé le 29 mai 1934

Dernière mise à jour : 04/01/2013


Une maison vide depuis 200 ans.


Parce que ce château est vide mais entretenu depuis 200 ans (1805), il fait figure de rareté dans le paysage des châteaux belges. Fernelmont est inscrit dans ces grands paysages ouverts sur des milliers d’hectares de cultures comme on en voit de si beaux dans la Hesbaye. Entouré d’eau sur ses quatre côtés, l’ensemble, nommé aussi « Blokehuct » ou tour-forte, est précédé par une courte allée de tilleuls puis par un corps de dépendances au sud qui abritait la ferme entre deux massifs d’angle carrés de deux niveaux.

Au nord, il ne subsiste plus qu’un petit hangar à voitures auquel était accolée jadis une immense grange qui brûla au XIXe siècle. Sous l’Ancien Régime, la cour était fermée par un mur regardant à l’ouest; il est piqué en son centre d’une tour percée d’un accès en plein cintre. Le mur était plus haut de deux mètres par rapport au mur actuel et de plus il était précédé par un fossé que l’on enjambait par un pont dormant à deux arches. Pour le reste, rien n’a changé comme en témoigne le relevé exécuté par le géomètre-arpenteur Viatour en 1761.


Aux confins du comté de Namur.


La première mention de Fernelmont remonte à 1269. Fernelmont et Noville (anciennement nommée Noville-les-Francs-Hommes) dépendaient du bailliage de Wasseiges dont la seigneurie appartint longtemps aux comtes de Beaufort-Spontin. Nous étions alors aux limites du comté de Namur.

Le donjon a été édifié sans doute avec les moellons de calcaire de la carrière de Mochenêre, vers Andenne, et avec des briques. Comme l’écrit Serge Chasseur, « ce donjon n’a pas de vocation militaire dans le cadre de la défense du comté de Namur. Ce n’est pas un château-fort. C’est une habitation pour un noble qui voulait se défendre. Ce donjon servait de porche à une ferme qui était construite en bois et qui disparut vers 1550 quand les Marbais édifièrent le château actuel ». D’après le marquis Olivier de Trazegnies, Fernelmont est un donjon-porche, à ne pas confondre avec Spontin et Tarcienne qui présentent des portes fortifiées alors que Corroy-le-Château (construit par le comte de Vianden entre 1270 et 1280 à la demande du duc de Brabant) offre un châtelet d’entrée unique en l’espèce dans l’Europe du Nord. Le château de Fernelmont a pris la forme d’un rectangle. La tour-porche, précédée par un pont jadis amovible en bois, possède deux niveaux d’habitation sous une haute toiture d’ardoises à coyaux qui déborde sur les tourelles d’entrée pleines et semi-circulaires.

Le château a été érigé vers 1550 par les Marbais ou leurs prédécesseurs Longchamps, en style traditionnel, en briques et pierres bleues. Le château repose sur un soubassement de moellons de grès biseauté. Il grimpe sur deux niveaux où se multiplient les baies carrées et rectangulaires. L’aile est se trouve animée d’échauguettes. La cour intérieure est un moment fort de la visite par son équilibre général, ses jeux décoratifs et l’emploi de pavés disposés en étoile. La pierre centrale servait à borner le domaine sur un périmètre de +/- 1945 mètres. Le sire de Barwitz a installé en 1621 une galerie ouverte animée de trois colonnes toscanes. Les baies des étages sont à croisée.


Prestigieuses familles.

Quant aux familles qui habitèrent le site, outre les Noville et les Jodion-Fernelmont qui géraient un fief attribué par l’abbaye de Géronsart, on trouve ici dès 1421 et jusqu’en 1543, les Dongelberg de Longchamps. Le plus ancien membre de cette famille à être cité est Jean, bâtard de Brabant, seigneur de Wavre en 1303. Il avait épousé Marguerite de Pamele. Son petit-fils Henri, époux de Jeanne de Huldenberghe, sera le premier de la famille à posséder Fernelmont. Quatre générations plus tard, les Dongelberg, sires de Longchamps, donnèrent Fernelmont par l’entremise de Jeanne aux chevaliers de Marbais (Philippe II), seigneurs de Loverval. Il portait le même prénom que son père uni à Isabelle de Beaufort de Celles et fit relief de Fernelmont le 12 mars 1565. Son fils Philippe III, deuxième Marbais de Fernelmont, époux de Jeanne de Merode de Waroux, fille de Guillaume et de Marguerite de Bocholt, fut exécuté en automne 1568. Il avait pris part au « Compromis des Nobles ». Ses biens furent saisis et vendus aux enchères pour seulement 102 livres; une misère. Mais l’Edit perpétuel, signé à Marche-en-Famenne par Don Juan d’Autriche, allait permettre de réaliser une bonne partie du Compromis. La famille Marbais fut restituée dans ses droits dès 1577. Le fils de Philippe, Arnould, allait épouser Anne du Chasteler, veuve d’Erard de Brion, seigneur de Résimont, Ahin et Marzinne. Anne était la fille de Jean, seigneur de Bersée, Moulbays... Ce couple n’eut que deux filles. L’aînée, Agnès, reçut en 1607 Fernelmont et se maria avec Hans Krafft de Milendonck, baron de Pesche. Mais Agnès mourut dès 1608. Jeanne de Marbais reçut Loverval et se maria en 1609 avec Charles de Hylle. La famille se disputa Fernelmont jusqu’au jour où les biens des Marbais furent une nouvelle fois saisis sur ordre des archiducs et attribués par leurs altesses royales à François de Valengin en 1616.

Le 15 novembre 1618, Valengin vendit par vacation publique le fief à Jean-François de Barwitz contre 151.000 livres d’Artois. Les Barwitz conservèrent Fernelmont de 1618 à 1709. Les Barwitz furent les seuls barons de Fernelmont par lettres patentes du 12 janvier 1623. Le 3 avril 1709, les Harscamp, maîtres de forges à l’origine, qui avaient entamé un processus de rachat des rentes grevant le domaine, entrèrent en possession de Fernelmont. Ils avaient hérité du château (disparu) de Tongrenelle à Tongrinne, par les Noyelles et les Chasteler. Pontian Harscamp et Anne-Catherine de Hovyne furent à la base de la montée en puissance de la famille à travers les « intelligents » mariages de leurs enfants. Charles-François d’Harscamp (1669-1736) épousa le 24 octobre 1711 Marie-Isabelle d’Argenteau. Une de ses sœurs s’unit à un Groesbeeck, seigneur de Franc-Waret; une autre sœur convola avec un Namur, seigneur de Dhuy. Pontian II, fit construire le château de Marchin (dit de Belle-Maison, actuellement aux comtes de Robiano) où il n’habita pas, à l’inverse de son épouse Marie-Isabelle Brunell, veuve en 1794. Elle y vivra après les troubles. Elle mourut en 1805 à Namur en laissant une somme considérable pour fonder un hospice, base de l’actuel CPAS. Les propriétés de Fernelmont passèrent à son arrière-petit-neveu Charles-Lidwine dit le marquis de Croix, 4e marquis de Heuchin. Depuis, elles n’ont plus quitté la descendance et Fernelmont, passa aux comtes d’Andigné puis aux comtes de Mandat Grancey. Depuis 2005, le comte Patrice de Mandat-Grancey a repris seul la gestion du domaine qui appartient toujours à sa mère, née d'Andigné. Il y organise depuis cinq ans un salon d'art contemporain nommé "Fernelmont Contemporary Art" qui se déroule en septembre pendant 15 jours.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002