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Laarne, un château fort empreint de jovialité


Kasteel van Laarne - 9270 Laarne



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  • Laerne ne peut faire oublier qu’il fut un château de défense. Son isolement sur une île, ses tours et crénelages évoquent les cottes de mailles et les boucliers. © Philippe Farcy

  • Timbre-poste, série Solidarité, 2 novembre 1985, dessin Oscar Bonnevalle, gravure Jean de Vos, Catalogue Officiel de Timbres-Poste (COB) n° 2194



Nom Officiel Kasteel van Laarne
Localisation 9270 Laarne
Construction XVe, XVIIe et XIXe siècles
Style Traditionnel
Architecte
Occupants Zilvermuseum (verzameling Claude Dallemagne) & restaurant
Affectation Musée d'orfèvrerie (collection Claude Dallemagne) & restaurant
Protection Bien classé depuis le 25 février 1943; extensions en 1962 et 1997

Dernière mise à jour : 02/05/2013


Le magnifique cadre des Ribaucourt à l'Association Royale des Demeures Historiques.


Dans la plaine gantoise, jadis marécageuse, les éléments de défense de la cité étaient établis à distance de la ville pour arrêter les troupes ennemies et surveiller l’Escaut entre Destelbergen et Schellebelle. Laerne faisait partie comme Melle et d’autres bâtisses de cet instrument défensif, entre Heusden et Wetteren. Cela explique bien sûr que le château soit totalement entouré d’eau et muni de nombreuses tours, grandes ou petites, de crénelages, mais plus d’un pont-levis remplacé à des périodes moins troubles par un pont dormant. Dans son apparence un peu lourde, trapue, dans ses couleurs mêlant le gris au beige clair typique de la pierre de Baeleghem, Laerne évoque Cortewalle, près de Beveren.


Illustres familles


L’origine de cette terre remonte, semble-t-il, au XIe siècle. En 1157 elle était aux mains de la première maison (famille) de Laerne. C’est vers 1200 que le château entra en possession de Thierry de Mamisne (Massemen) et qu’il prit une partie de l’aspect qu’on lui connaît encore de nos jours. La descendance Mamisnes prit le nom de Laerne (seconde maison) et par le mariage de Béatrice ou Isabelle de Laerne avec Gérard de Sottegem, Laerne entra dans cette dernière famille. Puis vers 1450, la propriété passa par mariage aux de Vos. Entre-temps, Laerne avait subi maintes attaques dues aux rivalités entre les Gantois et les souverains français, bourguignons puis les Habsbourg. Contre Philippe le Bon, les Gantois tinrent bon jusqu’à la funeste bataille de Gavre le 23 juillet 1453. En 1385 le château fut incendié puis reconstruit.


Aux van Vilsteren


En 1500 on sait que la maison était aux mains des frères Philippe et Georges de Vos, mais en 1513 on trouve Nicolas van der Moere aux « commandes » de ce vaisseau. En 1556 Adrien de Gavre releva le domaine. Il fut suivi par son fils prénommé de même. Ensuite et sans doute par héritages, Laerne passa aux van de Woestyne (Herzele), puis aux Schoutheete pour arriver à Jean van Zuylen, baron d’Erpe. En 1676 ce dernier vendit le domaine à Gérard van Vilsteren, époux de Livine de Beer. Laerne pour eux fut érigé en baronnie.

Leur fils Jacques-Joseph, marié à la comtesse Isabelle de Lichtervelde, reprit le château. Deux générations de Vilsteren en plus et nous voilà à la Révolution française. Entre-temps, Marie-Thérèse van Vilsteren avait convolé en 1745 en justes noces avec Libert Christyn, comte de Ribaucourt, vicomte de Tervuren et de Duysbourg, baron de Meerbeek (Tervuren). Le bien échut à leur suite aux Ribaucourt. Il s’agissait de la branche installée à Perck depuis 1835, ce qui explique que pendant presque toute la seconde moitié du XIXe siècle, Laerne fut loué à la famille des barons Gillès de Pélichy. En 1952, le comte de Ribaucourt fit don du château de Laerne à l’Association Royale des Demeures Historiques qui le gère toujours. Laerne est comme chacun sait devenu un musée d’orfèvrerie. Il abrite la première collection de feu Claude Dallemagne. La seconde collection Dallemagne (parfois épelée D'Allemagne) se trouve au château de Seneffe.


Imposant donjon


On accède au château en franchissant un pont qui surplombe les premières douves et précède un beau portail en arc surbaissé, constitué de briques chaînées et de pierre blanche. Le portail est tenu latéralement par un mur d’enceinte lui aussi en briques et percé de nombreuses meurtrières. Une petite esplanade mène à un second pont à trois arches qui donne accès à la cour d’honneur en U. Latéralement, avant le pont et à l’extrémité de la pièce d’eau, se trouve un superbe pavillon carré d’un seul niveau. Dans le fond, l’entrée a été ménagée au XVIIe siècle dans un petit édifice d’une seule travée de côté, en ressaut accolé à l’une des trois grosses tours circulaires du château. Le porche est de style baroque et à refends. Il est sommé d’une terrasse. La tour qui le surplombe possède un toit conique à six pans derrière ses créneaux.

L’aile principale s’étire ici sur dix travées avant-corps compris et elle monte sur deux niveaux posés sur un très haut soubassement à jours. À l’extrémité gauche, émerge une deuxième tour circulaire. À l’extrémité droite, surgit le donjon; c’est la plus ancienne partie de l’ensemble. Ce donjon orienté au nord est limité par deux tourelles d’angle de six côtés terminées par des toitures pointues, elles aussi hexagonales. Ce donjon est la partie principale d’une deuxième aile d’habitation accolée à celle qui sert présentement d’accès. Mais jadis on entrait par le donjon. Sur la cour intérieure, donne encore une aile baroque rectangulaire animée de deux pignons à gradins, assortie elle aussi d’une tourelle. Le château a été restauré entre 1958 et 1962 et en 1991. Les dépendances sont occupées par un restaurant de qualité (Kasteel van Laarne) tenu par Bart Gossye et son épouse.


Visites furieusement conseillées dans ces deux musées exceptionnels (Laarne et Seneffe).


SOURCES
:
Baudouin de la Kethulle de Ryhove, Le baron Charles Gillès de Pélichy : Un humaniste chrétien du XXe siècle, Le Parchemin, 71e année, n° 361, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, janvier-février 2006
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004
Kasteel van Laarne (ID: 54439), De Inventaris van het Bouwkundig Erfgoed, Onroerend Erfgoed https://inventaris.onroerenderfgoed.be/dibe/relict/54439
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel II,  Hobonia 1987
Chevalier Joseph de Ghellinck d’Elseghem, Visitons nos beaux châteaux. Le château féodal de Laarne, Le Parchemin, 12e Série, n° 107-108, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, mai-juin 1965