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Soumoy, souvenir des Robaulx


Château de Soumoy - 5630 Soumoy (Cerfontaine)



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Catégorie : Informations Business Evénements
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Nom Officiel Château de Soumoy
Localisation 5630 Soumoy (Cerfontaine)
Construction 1616; 1820
Style
Architecte
Occupants
Affectation
Protection

Dernière mise à jour : 24/08/2015


Le site est remarquable ...


... le château élégant, les bâtisses sont en parfait état. Soumoy est sous toits en somme. C’est comme un enclos hors du temps dans une région où le tourisme estival est renforcé par la proximité des lacs de l’Eau d’Heure. Cerfontaine se trouve à 2 km. Dans cette vaste zone de l’Entre-Sambre-et-Meuse, entre Beaumont et Philippeville, on n’est pas dérangé par des cohortes de chalands curieux et parfois importuns. Posté au sud du petit village, le château est partiellement ceinturé de murs et pour le reste par une haute végétation. Une rue du village l’enserre en partie, donc on peut le voir sans trop de peine. Il est de toutes manières immanquable tant sa position est avantageuse et ses coloris frais et joyeux. Le château n’est qu’une part d’un domaine complet comme on le conçevait au XVIIe siècle. Il centralise sur lui les premiers regards ce qui est légitime, mais bien vite on prend la mesure des lieux par la présence de communs amples et allongés. Depuis la grille file à droite et en double L un premier lot de bâtiments dont le premier coin extérieur, vers la rue donc, affiche une tour carrée engagée dont la toiture en pavillon s’achève par une girouette en fer forgé.


A gauche en un simple L démarre l’autre aile de communs, mais cette fois le segment long est vraiment très long. L’angle à rue compte lui aussi une petite tour carrée à peine engagée à toiture en pavillon, également surmontée d’une flèche en fer forgé. La longue aile achève son parcours au-delà de la chapelle castrale, esseulée comme à Jehay. Cette aile a été en réalité allongée en 1820. Auparavent, les deux blocs de communs dessinnaient le même tracé sur la cour. Un passage couvert a été aménagé alors pour laisser libre l’accès vers la chapelle, depuis le château. Une bergerie et une autre aile sans doute d’habitation pour le personnel (jadis), se trouvent vers le nord. Les bâtiments qui forment la cour d’honneur en pavés sont en moellons de calcaire. Les tours sont ornées de corniches en briques rédentées sur deux niveaux. Les couvertures sont d’ardoises. Les murs à rue protégeaient encore au XIXe siècle finissant un potager et un verger de basses tiges. Le domaine comptait voici plus de 130 ans une grande ferme portant sur 92 hectares. A la même époque (1867), le château profitait de 17 hectares. Le châtelain d’alors détenait en plus un moulin et un lot de 20 hectares car un ry coule ici qui filent vers les lacs. Ensuite on comptait 39 autres hectares dépendant d’une seconde ferme et pour couronner le tout 135 hectares de bois permettaient de chasser et de chauffer la maison.


N’oublions pas le château dans tout ce raffinement, très récemment stabilisé et restauré avec goût à tel point que l’Association Royale des Demeures Historiques et Jardins lui avait octroyé un second prix d’excellence voici presque dix ans. Le château est un petit bloc carré large de seulement trois travées de côté, augmentées vers le sud de deux tours engagées. Celles-ci montent sur deux niveaux et demi séparés par d’épais bandeaux, sous une toiture en pavillon. Notons que les baies étaient à l’origine à croisée et que divers aménagements au XVIIIe les firent remplacer par des baies à petits-bois. Des épis de fer forgé répondent à ceux des tours qui animent les communs. Vers la cour d’honneur cela donne donc cinq travées. La porte d’entrée est d’une réelle simplicité. Ce n’est pas une maison de très grands seigneurs, c’est une villégiature pour des gens éminents de la région enrichis par diverses charges et par des entreprises de forges. D’ailleurs le rez ne compte que quatre pièces de vingt-cinq mètres carrés chacune et aux étages il n’y a que dix chambres. La demeure se caractérise par ses murs d’une belle blancheur, contrebalancée par les très réguliers chaînages des baies et par ceux qui grimpent aux arètes. Cela donne du rythme et de la force. Le château est relativement trapu du fait de sa construction en double corps et par sa toiture en pavillon haute et à peine ouverte de lucarnes. La toiture est sommée comme ailleurs par un épi à bulbe. Notons que la maison est montée en briques et en partie en pierre bleue. Le soubassement est de calcaire. Vers le nord, un talutage laisse penser que la maison a sans doute été en partie ceinturée d’eau.


La dévolution du domaine est relativement courte. Néanmoins, la richesse des personnalités qui férquentèrent cette demeure est bien grande. L’abbé Auguste Soupart a tout écrit sur ce lieux et même d’autres qui appartinrent aux Robaulx. Le premier seigneur fut semble-t-il Jacques de Robaulx, né en 1583 et mort ici le 5 avril 1652. Il était seigneur dudit lieu depuis son achat le 9 décembre 1616. Par ailleurs il détenait Reuvlemont et Pétrelle. Soumoy dépendait en 1616 de Senzeilles. Jacques fut l’édificateur de cet ensemble; il avait épousé une liégeoise, Marie-Françoise de Marets, décédée le 13 mars 1649. Ils laissèrent quinze enfants. Impossible ici de donner tous les maîtres du château, mais les Robaulx détinrent de très beaux postes au civil comme aux armées depuis Charles-Quint jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Au XIXe ils donnèrent des juristes mais aussi des chefs de gare....  Soumoy appartint aux Robaulx jusqu’en 1869 quand eut lieu une vente publique à Bruxelles chez le notaire Vergote. Elle eut lieu pour départager un héritage car quatre des cinq vendeurs rachetèrent le bien pour le revendre quand même le 2 octobre 1873 à Pierre Parent, époux de Catherine Legrand, industriel installé à Marchienne-au-Pont dont il fut bourgmestre. Ces deux derniers époux firent neuf enfants. Ils possédèrent le domaine jusqu’en 1993. Puis il passa à un sieur nommé Commerce, avant d’entrer dans le patrimoine d’une société vers 2003.

On ne visite pas.



SOURCES
:
Philippe Farcy

Abbé Auguste Soupart, Histoire généalogique de la famille de Robaulx de Soumoy, Cahier Cerfontainois n° 43, 1993