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Méan-Selys, pour un même combat


Hôtel de Selys - 4000 Liège



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  • © Philippe Farcy

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Officieel Naam Hôtel de Selys
Ligging 4000 Liège
Bouw
Stijl
Architect
Huidige bewoners Crowne Plaza Liège "Les Comtes de Méan"
Toewijzing Hotel
Bescherming

Laatste update : 03/01/2013


A Liège, l’incroyable est arrivé. Grâce à un investisseur privé, les deux hôtels de Méan, passés aux Selys puis aux Moffarts, d’une part, aux Copis, Chestret et d’Andrimont d’autre part, ont été sauvés. Miracle.

La saga du Mont-Saint-Martin à Liège est enfin terminée depuis la fin mai 2011. Comme pour les travaux de la place Saint-Lambert en la même cité, il aura fallut attendre près de trente ans pour voir aboutir un projet cohérent. Ici on frise la quarantaine, car depuis 1973, pour ces deux hôtels de maîtres qui surplombaient jadis la Meuse, ce fut la galère. Cela fait quelques semaines que Liège peut se réjouir de voir vivre deux hôtels de maître de très grande qualité, transformé en un hôtel de grand luxe sans doute puisqu’il a reçu cinq étoiles. Que Monsieur Martin, grand financier français qui possède des intérêts dans l’hôtellerie (chaînes InterContinental et Crowne Plazza) viennent à Liège risquer entre 30 et 40 millions d’euros aux pieds de la basilique Saint-Martin tient donc du rêve éveillé et peut-être d’un signe céleste. Cela avait d’ailleurs donné lieu lors d’une conférence de presse le 31 mai 2006 à un jeu de mot de la part de l’échevin Michel Firket : « tout ceci tient de l’Ovni ; c’est une œuvre vraiment nouvelle et innovante ».

Il y a sur ce site deux demeures distinctes mais qui aboutirent au XVIIe siècle à la famille des comtes de Méan ; laquelle famille donna le dernier prince-évêque à Liège et le premier primat de Belgique. L’acquisition effectuée par M. Martin remet donc en communauté les deux demeures. Commençons par l’histoire, en soulignant que l’on est sur une zone appuyée sur les murs d’enceinte du temps de Notger. La Meuse coulait en contrebas. Le quartier de Saint-Martin-au-Mont comme on disait jadis devint au XVe siècle le plus prisé de la ville tant les vues étaient magnifiques et l’éloignement des masses populaires salutaires.


Hôtel de Méan

Pour faire très bref, commençons par le n°13, dit hôtel de Méan. C’est par lui que l’on accède au complexe hôtelier. Ce n° 13 vient de loin, très loin, à tout point de vue.
L’historique a été dressé par Ch.J. Comhaire, écrivain liégeois en 1924 quand cette partie était occupée par le « Home des Invalides », ce qui permit d‘y recevoir la reine Elisabeth. Le roi Baudouin y passa aussi quelques heures lors de sa Joyeuse Entrée. La Fédération nationale des Invalides avait acheté cette maison au début du siècle passé pour l'équivalent de 186.000 € versés aux héritiers d’Adolphe Eymael, industriel liégeois. Celui-ci l’avait acheté en deux ventes publiques aux héritiers de Julien d’Andrimont (1834-1891), deux fois mayeur de Liège, sénateur et défenseur du wallon (face à une francisation forcée). Julien se lia d’amitié avec Léonie de Chestret , douairière du baron de Waha, fondatrice du lycée bien connu à Liège. Léonie et Julien avaient reçu cette demeure le 15 juin 1877 de la part de la baronne Philippe de Woelmont, née Sylvie baronne de Copis. Elle était l’héritière des Méan par sa mère. Le dernier Méan propriétaire de cet endroit fut son grand-père, Eugène-François (1789-1876). Celui-ci transforma l’édifice ancien vers 1853 et y installa en 1878 la salle de bal qui devait servir la chorale « La Légia » qu’il avait fondée.

En descendant dans le temps, on sait que lors de la Révolution, l’hôtel servit au Conseil de Surveillance et de passeport. Eugène-François de Méan, alors propriétaire, était l’héritier d’une longue suite de Méan dont le premier acheta le bien dans la seconde moitié du XVIIe siècle à la princesse de Barbençon, sans doute Marie-Claire de Nassau-Siegen, épouse du 2e prince de Ligne, Albert-Henri (1615-1641)), ou à ses héritiers. La présence des Ligne est cohérente en ces lieux car avant eux ce qui était alors un palais appartenait à leurs cousins La Marck-Arenberg qui avaient reconstruit la demeure après le sac de Liège en 1468. Sur la base de soutènement de l’édifice et aux arcades qui donnent accès à la brasserie de l'hôtel, on trouve des blasons d’alliances La Marck-Barbençon. Avant les La Marck, les lieux furent aux mains des d'Argenteau d’Esneux et aux Montenaecken (qui étaient une branche des Renesse). La cour d’accès à rue était jadis fermée. Son aspect Louis XVI date des travaux de 1878.


Hôtel de Selys

Quant à la demeure des 9-11, elle est moins connue sur le plan de la dévolution. Le baron Stanislas de Moffarts d’Houchenée nous disait que le bien était aux mains des du Vivier qui le léguèrent aux Méan au milieu du XVIIIe siècle. Les Méan, réunirent les deux demeures, mais louèrent le 9-11 au général d’Andelot dès 1758. Sans doute s’agissait-il d’Adrien-Théodore (1721-1782), baron de Saffre, vicomte de Looz, naturalisé français en 1747. Il fut fait chevalier de l'Ordre de Saint-Louis. Il était l’époux depuis le 27 novembre 1754 de Marie-Anne de Blankart d’Alstorff (d'où un lien avec le château de Lexhy). Ils eurent six enfants ce qui donna des alliances avec les Geloes et les Woelmont, entre autres, créant ainsi un lien direct avec les châteaux d’Arville, d’Eysden, de Brumagne, de Frocourt, de Soiron….

A la Révolution on installa aux 9-11 une imprimerie gérée par le citoyen Leruite. Puis César-Constantin de Méan, frère du prince-évêque revint de l’exil et habita en ce lieu, avec son dit-frère évêque qui attendit de devenir primat de Belgique en 1831, ce qui lui vaut d'être enterré en la cathédrale Saint-Rombaut de Malines dans un très beau monument sculpté dans le marbre par Geefs. La baronne de Copis déjà mentionnée loua ou vendit cette partie au général Brixhe. Puis celui-ci ou plutôt sa descendance le vendit vers 1904 au baron Maurice de Selys-Longchamps (1876-1960) qui possédait le château de Faulx-les-Tombes. Le baron Maurice consentit lui aussi d’importants travaux avec l’aide de l’architecte liégeois Edmond Jamar. La dernière personne à avoir vécu ici est la petite-fille de Maurice, la baronne Marie-Noël de Moffarts, vicomtesse Simonis.



Souvenirs

La baronne Marie-Noël de Moffarts d’Houchenée est née dans cet hôtel du Mont-Saint-Martin, au n° 9-11, il y a quelques décennies. Ses souvenirs sont encore précis à l’instar de ce qu'elle sait des collections d’objets d’art et de mobilier ainsi que de la collection complète des papillons d'Europe du baron Edmond de Selys Longchamps, naturaliste exceptionnel, mais aussi des décors abondants de boiseries « parfois refaites du temps de mon grand-père et que des experts croyaient anciennes comme les autres, tellement tout cela était bien exécuté ». La maison comptait deux cuisines et une salle d’aisance couvertes depuis le XVIIIe siècle de carreaux en imitation de Delft sans doute, fabriqués à Liège, comme on en voit encore au musée d’Ansembourg. La maison avait peu d’eau et le courant était en 110 volts. « A la mort de mon grand-père Maurice, mon père Jean était déjà mort depuis quatre ans, en 1956 ; il avait 56 ans. Et ma mère Nadine allait précéder son père de quelques jours puisqu’elle s’en alla en octobre 1960. Nous, les quatre enfants, étions trop jeunes pour garder la maison bien sûr et avec notre oncle nous avons finalement vendu. D’abord à la compagnie d’assurance « La Belgique Industrielle » qui voulait en faire un siège social. Nous avons donc déménagé dans les premières semaines de 1973. Mais les assureurs n’ont pas gardé la maison et ils l’ont vendue à la Ville de Liège ». C’est alors, comme au château de Mirwart, que les drames commencèrent. Ce que les guerres avaient deux fois évité, le pouvoir municipal rougeoyant et inculte laissa tomber cet édifice et le n°13 à sa suite, dans un état d’abandon scandaleux. Tout fut pillé. On coupa les salons avec des blocs Ytong, les stucs tombèrent pour la plupart, les lambris disparurent et les planchers de même, on vous passe les détails. La Ville vendit ces lambeaux de honte à la Compagnie française des Eaux qui n’en fit rien après avoir fait rêver tout Liège d’une possible résurrection, et revendit le bien à la famille des entrepreneurs de Herve, amateurs de patrimoine. Ces personnes installées à Herve maintinrent les lieux avec l’aide de feu l’architecte François de Lame avant de les revendre à Monsieur Martin vers 2006.


Visites évidemment très souhaitées. La décoration a été assurée par Eric Goffin.


SOURCES:
Philippe Farcy, Méan-Selys, pour un même combat, La Libre Belgique, Vie de Château 586