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Farciennes, de schaamte van het Zwarte Land


Château de Farciennes - 6240 Farciennes



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  • Le château de Farciennes s’écroule petit à petit dans l’indifférence des pouvoirs publics. C’est une honte. © Philippe Farcy

  • Le porche d’entrée de Farciennes est remarquablement baroque. © Philippe Farcy

  • Tous nos remerciements à Stephan de Monthessy



Officieel Naam Château de Farciennes
Ligging 6240 Farciennes
Bouw 1634
Stijl Traditioneel Maas
Architect
Huidige bewoners Commune de Farciennes
Toewijzing Leeg en verlagen
Bescherming Geklasseerd in 1916; monument of het Waalse cultureel erfgoed op 12 januari 2009

Laatste update : 06/08/2013


Le château d’Albert de Longueval, comte de Bucquoy, se meurt lamentablement.


Dans le panorama des châteaux de notre pays Farciennes est un des exemples les plus tragiques de l’incurie des gens. Aussi terribles que les guerres, l’ignorance peut coûter à une nation des pertes irréparables.


Mayeur volontaire

Nous sommes dans une vallée que le jeune bourgmestre de la localité, Fabrice Minsart, voudrait développer sur le plan touristique. Il est peut-être le dernier espoir du château et le regard qu’il porte à ce problème majeur est porteur d’avenir. Il nous confiait en cette fin d’année 2003 que « cela fait près de 50 ans que le château est un souci pour la commune. La Région Wallonne ne l’a jamais classé. On cherche des mécènes pour y installer un jour le musée du vieux Farciennes dont les collections sont très riches. Si c’est possible on gardera trois tours, sinon deux et peut-être le corps central. J’aimerais réaménager le parc et les abords de la Sambre pour y loger un port de plaisance. Le potentiel est évident ».


Enclave liégeoise

Farciennes était implanté jadis aux confins de la principauté de Liège sur la rive gauche de la Sambre qui servait de frontière avec le Hainaut. Il s’agissait d’une enclave inféodée à la ville épiscopale. Bormans livra en 1867 le tableau des seigneurs locaux. Après Henri de Farciennes en 1344, vinrent les Marbais puis un long passage des Sombreffe dont vers 1530 le comte de Virnembourg (ou Vernenborgh), seigneur de Sombreffe, Grand-Leez et Ottignies, mari de Jossine de la Marck, comtesse d’Arenberg. En 1542, le domaine échut par cession forcée à Adrien de Croÿ, comte du Roeulx, seigneur de Beauraing. Il sera vendu par un autre Croÿ à Johan de Hylle en 1576. Des Hylle, le bien est hérité en 1596 par Charles de Billehé, seigneur de Soiron et de Vierset (Leuth). Mais Billehé revendit Farciennes aussi sec à Louis Biglia, comte de Seronna et de Gerolle, dont personne ne sait rien. En 1613, Charles-Albert de Longueval, comte de Bucquoy et baron de Vaulx (uni à une Croÿ dont le frère Ambroise possédait l’Hermitage, débarqua comme seigneur car il était l’héritier d’une mère Biglia. Il va édifier le château en 1634 pour abriter ses huit enfants. Tous furent fort bien mariés pour certains à un Merode, marquis de Deinze, à un Argenteau d’Ochain, à un prince de T’Serclaes de Tilly..., on en passe qui sont des « aristos » étrangers.


Rivière détournée

Farciennes est ensuite repris par divers Longueval bientôt faits princes et sera offert par mariages aux comtes de Stubick puis ensuite aux comtes de Batthyani et enfin aux comtes de Four, chaque fois par héritage. Les de Four perdront Farciennes à la Révolution française mais le récupéreront ensuite jusqu’en 1809. Le château est alors vendu à Gabriel Scarsez, avocat à Mons. La période noire débute. Elle n’est pas finie.

Le château faisait suite à un donjon médiéval. Il était jadis entouré d’eau grâce à un léger détournement de la rivière. Le château n’est plus qu’une ombre, engoncé dans des habits verts qui n’ont rien d’académique. Accoutré d’oripeaux, il garde un peu de sa superbe ancestrale. De ce qu’il en reste, on voit des murs construits en briques et en pierre bleue pour les encadrements et croisées de baies et les chaînages des arêtes des trois tours, carrées. Par endroit, les briques sont rouges quand elles expriment la honte; mais souvent elles dégoulinent en flots noirs comme du rimel mal séché à des yeux embués de rage. On pense alors à ceux d’Aurélie, « la Folle de Chaillot » quand elle se bat contre les spéculateurs sans scrupule et veut défendre un certain art de vivre. À Farciennes, il y eut bien du charbon, noir lui aussi et qui valait de l’or quand le patrimoine ancien en ces zones ne recueillait aucun respect. Le charbon passé à la trappe, il ne reste que le château partiellement déstabilisé par les galeries profondes. Le château a triste mine. Voilà le fruit de l’incurie plus que des galeries creusées si bas à coups de pioches.


Cônes vacillants


De l’ancien quadrilatère, il reste trois tours dont une est totalement isolée et privée de sa toiture. C’est moche. L’aile centrale relie les deux tours coiffées de leur toiture pyramidale sommées de clochetons aveugles à huit pans et protégés par des cônes vacillants. L’une d’elle possède un magnifique porche baroque à fronton brisé et blasonné (Longueval). Le vaisseau central a perdu voici plusieurs années sa couverture d’ardoises sur près de la moitié de son étendue comme en témoignent les illustrations. Il y a du travail pour retrouver ces toits qui ne furent jamais à la « Mansard » mais qui un jour pourraient être à la « Minsart ». Cela tient nous disait le bourgmestre « au vandalisme constant qui régna ici. À la suite du vol de la cheminée principale, l’affaissement de la charpente provoqua la chute de tout le bâti sur une moitié du corps de logis ». À l’arrière, la façade est presque entièrement effondrée. Que faire ? Que dire devant ce théâtre navrant et choquant reconnu par le mayeur comme « un spectacle désolant qui émeut la population car le château est pour nous tous un symbole » ?

Depuis trop longtemps, les pouvoirs publics régionaux se moquent de Farciennes. Trois fois gravé dont en 1742 par Remacle Le Loup, Farciennes possédait un des plus beaux parcs des Pays-Bas, digne de ceux de Grimbergen et d’Enghien. Louis XIV y vint avec sa Cour.

Visites possibles.



SOURCES:
Comte Baudouin d’Ursel, Princes en Belgique : Longueval 1688, Le Parchemin, 77e année, n° 402, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, novembre-décembre 2012
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 
Stanislas Bormans, Les Seigneuries allodiales du Pays de Liège, avec une introduction historique, J. Gothier 1867