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L'Escaille, un havre de paix près des industries


Château de l'Escaille - 7170 Fayt-lez-Manage (Manage)



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Kategorie : Informatie Business Evenementen
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Officieel Naam Château de l'Escaille
Ligging 7170 Fayt-lez-Manage (Manage)
Bouw 1751; XIXe eeuw
Stijl
Architect
Huidige bewoners
Toewijzing Privéwoning
Bescherming

Laatste update : 12/01/2013


A Fayt-lez-Manage, la grand rue (avenue E. Herman) est bordée de petites maisons, de commerces divers, d'usines et parfois d'un château. Il en est ainsi du château Deltenre qui domine la chaussée. Par contre, du château de l'Escaille on n'aperçoit rien. En regardant bien toutefois on repère une petite ruelle menant à une grille. Elle empêche tout accès à un parc que l’on devine intéressant. Derrière les façades à rue, vers Manage en venant de Mariemont, se cache en effet un domaine de près de 20 hectares au sein duquel a été construit un château. On y arrive par une rue carrossable bordée de maisons parallèles à la voirie quand tout-à-coup apparaissent des maisons perpendiculaires à la chaussée. Elles limitent un chemin de terre pentu qui mène à une paire de piliers en pierre bleue privés de leurs grilles. Au-delà, l'oeil entre dans une drève de tilleuls s'enfonçant dans un paysage de pâture et de bosquets. Le monde bascule. On quitte les effets industrieux du XIXe siècle pour accéder à un reste de féodalité. Le château est toujours invisible. Il le sera au bout du chemin au détour de la ferme qui le précède et qui constitue une efficace protection.

Le château porte le nom d'une seigneurie qui existait déjà au XIIe siècle, indépendamment de Manage au loin, et de Fayt, tout proche. L'Escaille était une enclave du duché de Brabant dans le comté de Hainaut. Un premier château existait en 1340. Celui-ci date du milieu du XVIIIe siècle et serait le quatrième château construit sur le site. Un site intéressant d'autant plus que la région ne conserve plus beaucoup de zones vertes de ce genre, hormis le parc de Mariemont, celui de la Cense au Bois à Manage et nettement plus loin, celui du musée de l'orfèvrerie de Seneffe.

Michel de Waha a commenté la planche consacrée à l'Escaille dans le volume X des Albums de Croÿ (p. 165). Le fief qui nous occupe était basé sur la défense passive, limité aux effets des marécages et des eaux stagnantes, quoique la maison semble posée sur une sorte de terrasse. Voilà de quoi qualifier le domaine de site fossoyé.
Comme à Fernelmont, le logis principal était une grosse maison quadrangulaire haute de trois niveaux et précédée d'un "blockhuys" à encorbellement. Ce type de défense en dur met en relation ce lieu outre Fernelmont et avec la ferme du Blockehut à Marsinne (Couthuin). A la fin de l'Ancien Régime, l'Escaille et Fayt appartenaient au même seigneur. Cela dura du XVe au XVIIIe siècle d'après Michel de Waha. Elles étaient aux mains de la famille de Goegnies. Emmanuel de Goegnies fut prévôt de Binche de 1739 à 1763. Avant lui et eux, Fayt appartint au XIIIe siècle aux de Sart. Quant aux possesseurs de l'Escaille, Jean Bataille donne en 1979 d'autres éléments. Selon cet auteur, le domaine appartenait aux Montois Jean Le Cocq et Philippe Hanot, au XVIe siècle.

Ensuite la seigneurie fut acquise au XVIIe siècle par deux chanoinesses de Nivelle de la famille de Looz-Corswarem. Elles s'y retirèrent et leurs héritiers firent sculpter les armes de la famille sur le pilori planté dans le parc (mais ce ne sont pas les armoiries des Corswarem). D'après le volume du Patrimoine monumental le pilori aurait été apporté par un propriétaire du XIXe siècle. En ce siècle-là justement Jean Bataille annonce que l'Escaille entra dans le patrimoine des Coppée puis il échut aux Carlier-Lechien avant d’aboutir aux Jonville-Carlier dont la descendance le vendit en 1995 à Madame Fannoy, propriétaire, qui nous y reçut bien aimablement en 2005.

Faute de place Jean Bataille n'aura pas mentionné comme l'a fait en 2004 Assunta Bianchi que le domaine avait été acheté en 1833 par François-Isidore Dupont, célèbre maître de forges faytois. Il était né à Seneffe le 28 mars 1780 et il retourna au Père le 25 avril 1838. Sénateur, il avait épousé Christine-Charlotte Silez (1779-1874?). C'est lui qui aurait fait placer le pilori, à moins que ce ne soit son successeur. Le fils Dupont, Emile-Joseph, restaura le château et aménagea le parc toujours planté d'arbres superbes. Sans doute est-ce lui qui assortit la façade est d'une très belle véranda dont les châssis sont à petits-bois.

Emile-Joseph était le plus gros industriel de la région en son temps. Il possédait trois hauts-fourneaux. Un à Bois-d'Haine et deux autres à Châtelineau. A Fayt, son usine employait 1.000 personnes en 1865 selon J. Strale. "Après 1897", dit Madame Bianchi, "le château devint la propriété du brasseur Jules Carlier qui était aussi un des directeurs du Bois-du-Luc".

Architecture montoise

Le château actuel daté par la girouette à tête de chien hurlant de 1751 est érigé en briques et pierre blanche grèseuse. Il prend la disposition d'un U vers le nord, par où arrivent les visiteurs. La maison monte sur deux niveaux posés sur un soubassement de caves faiblement ajourées; il s'agit plus de soupiraux que de fenêtres. Les niveaux sont bien délimités par des bandeaux plats qui relient les baies entre elles. Ces baies sont ceinturées de pierre blanche qui dessine des arcs surbaissés alors que les boiseries des baies sont parfaitement rectangulaires. Les montants des baies sont harpés. Les faces de côtés sont limitées à trois travées. La face sud qui donne vers l'étang posté en contrebas, en compte neuf. La cinquième au rez est occupée par un portail à double vantaux limité par des pilastres à refends. La porte est en plein cintre en bois peint et elle donne sur un très beau perron du début du XIXe siècle. Sur le nord, la façade aurait été redessinée au XIXe siècle quand on supprima les douves et (selon Mme Fannoy). L'accès à la demeure s'effectue par une porte en plein cintre en bois naturel. Les baies sont à petits-bois. Les ailes de retour de la façade d'accès sont profondes de deux travées et larges d'une seule travée.