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Antoing, een kasteel met een indrukwekkende geschiedenis


Château d'Antoing - 7640 Antoing



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  • Antoing est un pion majeur du patrimoine national. Son histoire est magistrale. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Auprès de ce château aux formes imposantes, l’œil ne s’ennuie jamais, surtout si on l’a bel. © Philippe Farcy

  • Catalogue Officiel des Timbres-Poste n° 2330, série pour le tourisme, 24 juin 1989, dessins et gravure: Patricia Vouez (Collection AdB)



Officieel Naam Château d'Antoing
Ligging 7640 Antoing
Bouw Van de XIVe tot de XIXe eeuw
Stijl Traditioneel & neogotiek
Architect Clément Parent, Eugène Carpentier en Charles Damas Vincent
Huidige bewoners
Toewijzing Privéwoning
Bescherming Volledig beschermd op 26 september 1949 (ook de toevoegingen uit de 19de eeuw)

Laatste update : 12/01/2013


Un élève de Viollet-le-Duc vint affirmer la puissance des princes



Antoing est en tout point remarquable tant par son histoire qui mérite un livre que par son architecture diversifiée, mais toujours excellente. Sa puissance s’est toutefois considérablement accrue au XIXe siècle quand celle des Ligne baissait sur le plan politique. Moins aux affaires, ils eurent le temps de transformer une demeure classique de six travées accolée au donjon en un château fort digne de ceux de la Loire. Pour les aider, rien de tel que d’appeler Clément Parent. Ce célèbre architecte français, élève de Viollet-le-Duc, avait construit Bonelles pour les ducs d’Uzès et Bournel pour les marquis de Moustier. Il avait failli être choisi pour l’extraordinaire château d’Abbadia, à Hendaye. En Belgique, il avait construit pour les Obert une magnifique bâtisse renaissante à Thieusies. C’est là qu’allèrent habiter les Ligne, châtelains de Belœil, quand leur résidence brûla en 1900.

Ceux d’Antoing n’ont quasiment jamais quitté ce village, sauf à un moment pour aller aux Croisettes, vers la Semois, entre Suxy et Les Bulles. Antoing abrita alors des religieux français chassés par la loi Combes. Thieusies et les Croisettes (néogothique) disparurent par mépris de l’éclectisme. On retrouvera Parent à Oydonck et à Hamal. À ce maître décédé en 1869, succédèrent deux collègues belges élèves à l’Académie de Bruxelles de Tilman-François Suys. Le premier fut Eugène Carpentier (1819-1886) déjà rencontré à Elewijt, à qui Belœil doit son église comme Spa lui est redevable de l’église Saint-Remacle. Le second fut Charles Damas Vincent (1820-1888), signale Emile Poumon. Vincent était l’architecte de la province du Hainaut. Il érigea le Palais de Justice de Tournai. Les travaux d’embellissement d’Antoing durèrent de 1865 à 1872.


L’Escaut dominé


Point névralgique, Antoing offrait aux seigneurs du « Trou d’Antoing » une vue imprenable sur la plaine menant de Tournai à Mons. Les terres descendaient jusqu’à l’Escaut. Le parc domine toujours le cours d’eau. Une partie des bois a été entamée par la percée de la ligne TGV.

Les mentions d’une seigneurie remontent, pour les plus anciennes, au XIe siècle. Antoing relevait alors de la baronnie de Pamele, près d’Audenaerde. L’abbaye de Lobbes était toutefois le plus important propriétaire dans cette contrée. La montée en puissance des seigneurs d’Antoing, qui donnèrent des prévôts de Douai et des châtelains de Gand, finit par coûter cher au chapitre de Lobbes; bientôt il se trouva totalement dépourvu de biens sur Antoing.

Au XIVe siècle, Antoing entra dans la Maison de Melun. Depuis, le domaine est resté dans la descendance des Melun sans jamais être vendu. Les Melun étaient proches de la cour de France et de la cour de Bourgogne. Ils étaient seigneurs du Biez, à Péruwelz, dont il reste quelques bribes au cœur de la petite cité. Le Biez leur venait des Werchin, tout comme Fagnolle. En 1477, Jean de Melun prit parti pour la France contre Maximilien d’Autriche. Cela valut à la commune et à ses alentours d’être rançonnés et détruits. On reconstruisit et cela permit de recevoir avec faste Henri VIII, roi d’Angleterre. En 1581, Pierre de Melun soutint les États Généraux contre les Habsbourg. Cela amena la dislocation de la forteresse, qui n’avait pas cent ans, sur ordre de Marguerite de Parme.



Sympathie pour les réformés

Entre-temps, Charles-Quint, bon prince, pour qui les Melun comptaient, fit de Hughes en 1541 le nouveau prince d’Épinoy. Il était châtelain de Bapaume, baron d’Antoing, de Rosny et de Boubers. Une des filles d’Hughes épousa ici en 1565 Florent de Montmorency, gouverneur de Tournai et du Tournaisis. Le 25 octobre 1565, de nombreux hauts et puissants seigneurs réformés (dont les Marbais de Loverval; les Merode de Waroux et de Leefdael; les Berghes de Dolhain...) se réunirent dans le donjon, puis ensuite à Bruxelles, Spa, Bréda et Hoogstraeten. Cette première réunion allait aboutir au « Compromis des Nobles ». Celui-ci, écrit sans doute par Jean de Marnix ou son frère Philippe, sera signé en mars 1566 par plus de 2000 nobles protestants ou sympathisants catholiques agacés par la tyrannie de l’Escorial, en l’hôtel du comte de Culembourg, seigneur de Ternat. Ce palais se trouvait à l’emplacement de la caserne Albert au Petit-Sablon à Bruxelles. Philippe II et son acolyte le duc d’Albe, poussés par l’Inquisiteur et donc par Rome, firent des milliers d’exemples. Hughes de Melun fut fait prisonnier à Simancas et y périt étranglé. Philippe de Montmorency, comte de Hornes, perdit sa tête en compagnie de Lamoral d’Egmont sur la Grand’Place de Bruxelles. Le marquis de Berghes (Jean IV de Glymes) fut empoisonné. Et Pierre de Melun, maître d’Antoing, fut privé de ses biens. Par ordre du roi, les domaines passèrent à son frère Robert de Melun puis à sa sœur Marie de Melun, épouse de Lamoral Ier de Ligne.



Vieille histoire


La présence de Lamoral à Antoing n’a dû surprendre personne. Les barons de Ligne, par l’entremise de Michel Ier, avaient déjà conclu un mariage au XIVe siècle avec les Antoing; il s’agissait de Anne, dame de Briffeuil. Leur descendant, Lamoral (1563-1624), sera le premier prince du nom de Ligne (1601). Fils de Philippe et de Marguerite de Lalaing, il était troisième comte de Ligne, baron de Belœil, prince de Mortagne, etc. Il devint par effet de son mariage, souverain de Fagnolle (en 1609 seulement), marquis de Roubais, comte de Néchin et baron d’Antoing. Lamoral épousa le 7 septembre 1584 Marie de Melun. Elle était la fille d’Hughes, déjà cité et mort à la bataille de Doullens en 1553, et de Yolande de Barbançon, dite de Werchin. Marie, issue des Luxembourg, Albret, Foix et Rochechouart etc..., reçut donc les biens considérables de sa mère desquels ses frères Pierre et Robert ne profitèrent point. Ce Robert de Melun avait eu la belle idée de convoler avec Anne Rollin, dame d’Aymeries. Elle était l’héritière du chancelier Rollin dont la mère était une Bourbon, dame de Duisant, Robertsart et autres lieux. Rollin, c’est ce personnage peint par Van Eyck dont le tableau est à Bruges.

Les obligations royales provoquèrent au siècle suivant des procès immenses qui durèrent plus de vingt ans. Les Melun finirent par récupérer la plus grande part de leurs biens.
Antoing ne fut pas affecté par ces affaires où les millions volaient, ni par la Bataille de Fontenoy (mai 1745), pourtant si proche. Les Ligne gardèrent Antoing quand d’autres retournèrent aux Melun. Les Ligne actuels d’Antoing sont les descendants d’Eugène, à qui on proposa le trône de Belgique, dont la mère était Louise van der Noot de Duras, baronne de Carloo (ceci explique la présence de l’avenue de Ligne à Uccle). En trois ans, Eugène fut deux fois veuf, de Mélanie de Conflans d’abord puis de Nathalie de Trazegnies. De sa troisième épouse, Hedwige Lubomirska naquit entre autres Charles (1837-1914), époux de Charlotte de Gontaut-Biron (1852-1933). Ils vécurent aussi en leur hôtel, 50 rue Royale à Bruxelles. De ceux-ci, vint Henri qui allait convaincre Charlotte, princesse de La Trémoïlle, des ducs de Thouars, princes de Tarente et de Talmond, dernière de son illustre nom, de partager sa vie. Ils étaient les grands-parents du propriétaire actuel.



Art militaire

Antoing est, on le sait, un important témoin de l’art militaire médiéval. Le domaine compte encore un mur d’enceinte datant du XIIIe siècle ponctué de tours et tourelles. On y dénombre plusieurs entrées enterrées. S’y greffent un châtelet et une barbacane (dite aussi « bollewerk »), datant eux du XVe siècle. De ce même siècle, date le donjon. Les écuries, situées à droite en descendant vers le château, sont installées à la place de l’ancienne église malheureusement détruite en 1870. Elles datent de la seconde moitié du XIXe siècle. Près des écuries, se trouve la chapelle funéraire des Melun. Il faut en réalité parler de deux châtelets accolés. Le plus récent, du XVe siècle, conserve les feuillures de deux ponts-levis pour le charroi et les piétons, plus une herse et les ouvertures de défense pour les meurtrières et autres canonnières. La barbacane est pourvue de plates-formes de tir, de courtines, d’échauguettes, de crénelages et de multiples emplacements de tirs qui impressionnent toujours quand on quitte la villette pour entrer dans ce domaine pacifié. Une fois passées ces défenses, le regard tombe sur la masse imposante du château tiré vers le haut par le donjon de pierre calcaire. Il a été construit par Jean de Melun et monte sur quatre niveaux, le dernier en encorbellement sous une toiture conique. La flèche de brique est une tourelle d’escalier installée à la fin du XVe siècle, voire plus tard. Elle est venue remplacer l’escalier intra-mural primitif. La tourelle est couronnée d’un étage en encorbellement en calcaire. La dernière section en brique et son échauguette datent du XIXe siècle. Voilà qui ajoute du pittoresque et offre du romantisme. La tourelle est bordée par un mur et un porche menant au parc. Contre le mur, ce qui ressemble à un énorme contrefort n’est autre que l’ancien accès défensif dont le pont de bois mobile pouvait se relever. L’accès étant situé au deuxième niveau, cela offrait comme à Rotselaer (Ter Heyde), une protection efficace.



Résidence épaissie et allongée

Les interventions des architectes du XIXe siècle sont venues épaissir et allonger le logis. Il a été doté d’un avant-corps de deux travées bordées par deux tours circulaires engagées montant sur quatre niveaux (le dernier en encorbellement) et posées sur un soubassement de pierre blanche. Les deux tours de briques à toiture en poivrière sont séparées par un faux donjon de pierre bleue. Il est sommé d’une bâtière et précédé au rez d’un perron. L’entrée s’effectue par l’une des deux portes en arc brisé surmontées des armes Ligne. Le hall est alors agrémenté par une magnifique galerie néogothique qui passe de part et d’autre de l’avant-corps. Elle précède l’ancien bâti de style tournaisien et est couronnée au dehors d’un garde-corps à créneaux.

La galerie file à l’est vers les tours circulaires regardant vers la barbacane d’entrée du parc. Vers l’Escaut, le château est précédé d’une épaisse terrasse de pierre bleue percée de jours. La maison monte sur deux niveaux et demi. Toute en briques, elle aligne douze travées en bas et la moitié en haut. Des bandeaux séparent les niveaux et des chaînages agrémentent les montants des baies. La toiture d’ardoises, comme ailleurs, est en bâtière.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel VI, Hobonia 1995
Emile Poumon, Les châteaux de Wallonie, Institut Jules Destrée pour la Défense et l'Illustration de la Wallonie 1973