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Baya, een kasteelhoeve die nieuw leven is ingeblazen dankzij onstuimige jeugd


Château-Ferme de Baya - 5353 Goesnes (Ohey)



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Kategorie : Informatie Business Evenementen
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  • Baya, quoique toujours en travaux, est déjà revenu à la vie.

  • Le château a retrouvé sa prestance grâce au courage des propriétaires, mais aussi grâce à la Région Wallonne qui permet de restaurer les remarquables décors intérieurs.



Officieel Naam Château-Ferme de Baya
Ligging 5353 Goesnes (Ohey)
Bouw Rond 1765
Stijl Lodewijk XV
Architect 1996-2005: graaf Éric dOultremont
Huidige bewoners
Toewijzing Privéwoning; ook seminaries en vergaderingen
Bescherming Beschermd op 25 juni 1984. Het stucwerk binnen is ook beschermd.

Laatste update : 03/01/2013


Baya, une villégiature pour riche marchand.



Clémy Temmerman, historienne de l’art bruxelloise, a écrit sur Baya des pages qui semblent définitives tant elle a fouillé dans les archives. À l’instar de Hodoumont, nous sommes dans une terre qui appartint, comme le signale Joseph Balthazar, aux sires de Goesnes. Ce sont jusqu’en 1278 les Beaufort qui ne sont pas encore des Beaufort-Spontin. On signalera toutefois que les Beaufort, très importants du temps de la Guerre de la Vache, connurent un fameux passage à vide entre 1350 et 1700. C’est l’héritage des Brandenbourg, évoqué à Beauraing qui les remit en selle. Ils sont suivis après le transfert du fief au comté de Namur par les Goesnes, les Gesves puis les Ramelot suivis des Warnant, sires de Neuville-en-Condroz. Les Beaufort allaient donner une lignée magnifique de chevaliers devenus au cours des siècles barons, comtes, princes et ducs. Seigneurs de Spontin, de Freÿr, de Vêves et de Beauraing entre autres, les Beaufort délaissèrent leur fortin des bords de Meuse en face de Bas-Oha – il en reste un pan de mur – pour étendre sur la vallée du fleuve et ses environs leur magnifique puissance. Ici, à Goesnes, les Beaufort étaient encore au départ de leur expansion. Ils y détenaient la seigneurie à travers la ferme de la Tour dont il reste un beau donjon carré. Baya sous leur étendard n’existait pas encore. C’était une terre parmi d’autres, sans doute assortie d’une ferme dont Saumery dans ses « Délices du Païs de Liège » ne parle pas encore en 1740.


Affaire de négociants


Et pour cause, la maison que l’on regarde aujourd’hui avec délice n’existait pas encore. Elle fut érigée juste après, entre les deux ailes inégales de la ferme qui se faisaient face. L’édificateur de la bâtisse principale fut Jean-François de Gotte (1696-1764) « commissaire des vivres et entrepreneur des équipages du Brabant ». Il était donc au service de l’impératrice, mais il pensait aussi à ses propres écus en faisant commerce de sel, de derle (une argile propre à faire de la faïence comme la terre de pipe d’Andenne) et d’un fifrelin d’alcool. Baya devint une petite distillerie, fournissant peut-être de l’eau-de-vie à des armées qui se chargeaient de la retirer (la vie). Gotte, qui avait sa maison principale à Andenne, était copain avec le sieur Lamquet, mayeur de Namur, lui aussi incrusté dans le commerce pourvu qu’il soit plantureux. Lamquet et Gotte achetèrent ou firent construire plusieurs châteaux. On doit à Lamquet celui de Flostoy.
Gotte devint bourgeois de Namur et greffier des nobles nonnettes d’Andenne. Marié, il eut de son épouse dix enfants. Son fils Jean-François racheta le bien à la succession en 1768 et s’occupa sur ses rares années de « règne » de relier le château aux ailes de la ferme. Ce lien est daté de 1773. En 1774, le bien passa par vente à Walthère Demarteau, lieutenant des dragons de S.M.I.. Sans doute fut-il privé de son bien lors de la révolution, signale Clémy Temmerman alors que Jean-Louis Javeaux annonce que le fils de Gotte (il écrit Degotte), a vendu le domaine en 1788 à André-Joseph Ackerman (1734-1824). Ackerman est un autre négociant à Namur qui allait profiter des troubles pour acquérir une foule de biens noirs. La référence suivante remonte à 1818 quand Baya appartenait à Mme Guillaume Demet et qu’elle louait les bâtiments à un fermier nommé Beaulieu. En 1857, Baya était aux mains de Louis-Joseph Philippe, citoyen de Frasnes-lez-Gosselies. Trépassé en 1869, il laissa cette maison à sa fille Rosalie unie à François Duvieusart dont elle était déjà veuve. Ce sont les aïeux du Premier ministre Duvieusart. Ses nombreux enfants indivis sur Baya mirent le domaine en vente en 1878. Baya plut à Léopold Delhalle, rentier d’Amay. Le 17 juin 1907, une nouvelle cession permettait à Edmond Ysebrant de Difque d’emporter le lot. Il en profita jusqu’en 1929 date de son décès. Sa petite-fille hérita du bien après son père. Baya est toujours dans cette descendance.


Décors exceptionnels en Namurois


D’après Javeaux, la demeure d’origine alignait neuf travées sur un seul niveau posé sur des caves où se trouvait la distillerie. Les caves sont éclairées de jours et les niveaux sont séparés par des bandeaux. Mais pour asseoir l’importance du lieu, il fut procédé au surhaussement des cinq travées centrales placées en légère avancée. La toiture est mansardée aux extrémités. Ackerman est sans doute celui qui a commandé ces changements. On lui doit peut-être les décors de stucs que la Région Wallonne a fait restaurer entre 1999 et 2004. Le sauvetage de Baya est un des plus beaux exemples récents de collaboration réussie entre pouvoirs publics et volonté privée. Les propriétaires qui avaient laissé le bien dans les mains d’un fermier décidèrent de reprendre le contrôle des bâtiments en s’y installant. À force de travail et de sacrifices, la maison a retrouvé sa grande qualité de décoration du temps de Louis XVI (stucage et peintures des plafonds bien rare dans cette région du Namurois), sa sobriété architecturale et un cadre de vie digne de ses charmes. En effet, non contents de restaurer leur maison, les propriétaires ont débuté en 2003 la remise en état de la cour et de la perspective qui gravit la colline. Des arbres grandissent comme notre joie et celle des amoureux du patrimoine. Baya revit dans la dignité après avoir été abandonné pendant plus de cinquante ans. Il était moins une !

Visites interdites sauf en certaines occasions comme les Journées du Patrimoine. La demeure se voit de la route.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005