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De verborgen kant van Colonster


Château de Colonster - 4000 Liège



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  • Sur le parc, Colonster semble présenter un visage issu des temps anciens. C’est oublier qu’entre les deux tours se trouvait jadis une cour carrossable jouxtée à droite par une chapelle. © Philippe Farcy

  • Le corps de logis présente une grande simplicité de lignes. © Philippe Farcy

  • Carte postale envoyée en 1932, ed. La Belgique Historique & E. Desaix



Officieel Naam Château de Colonster
Ligging 4000 Liège
Bouw Van de 16de tot de 20ste eeuw
Stijl Klassiek
Architect
Huidige bewoners Université de Liège
Toewijzing Kantoren, Museum Simenon, vergaderzalen
Bescherming Beschermd op 13 november 1981 en 21 april 1986

Laatste update : 06/01/2013


Un temple ignoré des « Lumières ».


C’est avec peine que les automobilistes qui empruntent l’autoroute Liège-Bastogne peuvent voir, sur une hauteur précédant Tilff, le château de Colonster. La gravure que nous en laisse Remacle Leloup pour les « Délices du Païs de Liège » donne pour toujours les reflets avantageux de cette propriété de prestige au cœur du XVIIIe siècle. Planté au sommet de son pic, bordé d’une forêt épaisse de feuillus, précédé d’un jardin « à la française » vers le sud, il faisait honneur à ses maîtres.

Le marquis Olivier de Trazegnies d’Ittre, héritiers des Hamal, seigneurs de Colonster, nous signalait naguère qu’il y eut deux périodes principales à Colonster. La première se situe au XVe siècle quand les deux sœurs Chabot, héritières d’une des familles les plus influentes de l’ancienne principauté de Liège, épousèrent deux partis puissants.



Philippe de Commynes

La première, Elisabeth, en tant que dame de Colonster, se maria avec Guillaume de Sombreffe, seigneur de Kerpen (dans l’Eifel) et de Reckheim. Ils eurent quatre enfants. Guillaume épousa Marguerite de Merode. Isabeau se maria avec Jean de Pyrmont. Marguerite convola avec Mathieu de Velen, seigneur de Schoonveld et enfin Marie fut unie à Gisbert de Wachtendonck, bâtard du duc de Gueldre.

L’autre sœur Chabot épousa le vicomte Gilles d’Arnemuiden. Elle sera la grand-mère de Philippe de Commynes, le célèbre historien du Moyen Âge. Or, ces deux jeunes Chabot, filles de Gilles Chabot, étaient les petites-filles de Aubert Turck et de Marguerite de Berlaymont-Floyon. Les Turck (nom francisé) étaient des banquiers originaires d’Asti en Lombardie. L’aïeul, Guillaume Turchi di Castello, entra en son temps dans l’entourage du comte de Hainaut, de la branche d’Avesnes.



Fortune et infortune

La deuxième grande période du château est celle qui mène de 1524 à 1780 quand Colonster fut la propriété des barons puis des comtes (au XVIIIe siècle) de Horion. Le dernier comte avait pour mère une comtesse de Velbrück; il était donc le neveu du prince-évêque éclairé, châtelain de Hex.


Horion épousa une de ses cousines germaines, elle aussi née chez les Velbrück. Les sœurs de Monsieur se marièrent superbement. L’une fut princesse de Salm-Salm, l’autre devint comtesse d’Arberg et la troisième échoua dans les bras d’un baron de Loë-Wissen. La fortune du comte de Horion était grande et son sens des « Lumières » équivalait à celui de son illustre oncle. Colonster fut pendant plusieurs années l’équivalent d’un salon philosophique parisien. Mais le comte n’eut qu’une fille.

On la maria au comte de Hamal. Malheureusement, Horion fit une faillite retentissante proche de celle qui frappa le prince de Rohan-Guéménée à Paris. Horion en mourut, ou presque, et sa fille eut la mauvaise idée d’accepter l’héritage composé dès lors et pour l’essentiel de dettes. Colonster fut pour la première fois vendu; on ne sait si ce fut à la bougie mais c’était là une ultime présence des « Lumières ». Colonster aborda le XIXe siècle avec les barons de Sélys-Fanson, auxquels succédèrent les barons de Chestret, puis les Waha et enfin les barons van Zuylen dont le dernier présent en ces lieux fut Frédéric.



Vente forcée, feu forcé, démolition forcée

En 1963, on contraignit le baron Frédéric van Zuylen à vendre son bien au profit de l’Université de Liège. Trois ans plus tard, un incendie survint, que d’aucuns dirent avoir été volontaire. Les joyeusetés bétonnières et la mégalomanie des dirigeants de l’époque permirent de supprimer la petite cour intérieure du château, de fermer la façade sur le parc par cinq travées d’une évidente sécheresse et de créer un escalier immense. Il se veut sans doute le lointain cousin de celui du Guggenheim Museum à New York. C’est très beau sous la bannière étoilée. C’est une horreur en ce lieu. Le calvaire du château, qui n’était pas encore classé à l’époque, n’allait pas s’arrêter là. On profita de l’« incident » pour détruire sans aucune raison (sauf celle de l’intolérance) la délicieuse chapelle baroque qui reliait délicatement le château aux dépendances. Elle a été remplacée par une terrasse panoramique en béton qu’il serait heureux de remplacer par.... du buisson.

Le logis construit en briques, en pierres bleues pour les chaînages d’angles et pour les contours des fenêtres et en moellons de grès pour les tours, est daté de 1738.



Ah les belles tours

L’histoire de la construction-destruction de l’ensemble castral s’étire sur plusieurs siècles. À voir la gravure de Remacle Leloup, jadis, la cour de ferme était close de quatre côtés. Les ailes détruites laissèrent bien seule une tour circulaire enserrée dans ses quatre arceaux de fer pour lui éviter de s’effondrer. À proximité, se trouvent les deux piliers carrés d’un ancien accès. Cette tour est le pendant d’une autre tour à peine engagée dans l’aile des communs. Toutes deux sont hautes de trois niveaux sous une toiture conique débordante à six pans auxquels répondent les six faces d’un clocheton surmonté d’une jolie toiture en poivrière terminée par un bulbe. Charmant spectacle en vérité. Le corps de ferme subsistant devrait être remis en état dans les années qui viennent y compris la petite tour à usage de pigeonnier. Quant au château, il se présente comme un double quadrilatère sur deux niveaux du côté ouest et sur trois niveaux (caves comprises) du côté sud. La face ouest est fermée par deux tours circulaires engagées. Celle de droite (en regardant la façade) possède presque la même couverture que celles décrites plus haut. Par contre, celle de gauche est sommée d’une simple toiture en poivrière. La façade sud ne manque pas de charme. On y appréciera la dégressivité des baies, les petits-bois des fenêtres et les arcs bombés à clés des linteaux supérieurs. Le Musée Simenon est situé dans le château.

Visites possibles. Parc public.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002