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Amay-Rochelée, een kasteel ten prooi aan verwaarlozing


Château d'Amay - 4540 Amay



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Kategorie : Informatie Business Evenementen
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  • Mais le petit château de Rochelée va reprendre un peu de couleur grâce à un décorateur-antiquaire. © Philippe Farcy 2008

  • Vue de la tour arrière. © Philippe Farcy 2008



Officieel Naam Château d'Amay
Ligging 4540 Amay
Bouw 1732
Stijl
Architect
Huidige bewoners
Toewijzing Privé
Bescherming

Laatste update : 23/09/2013


Mais le petit château de Rochelée a repris un peu de couleur grâce à un décorateur-antiquaire. Olivier Denis a acheté la moitié pour en faire une galerie d'art. Ouverte le 18 octobre 2008, elle n’a pas tenu plus de deux ans.

Il y a de ces lieux qui vous transpercent le coeur quand par la grâce des cartes postales, comme celles qui trônent dans les six volumes des châteaux de Belgique édité par Miguel de Bounam, vous découvrez de jolies bâtisses castrales, parfois considérables, parfois peu prétentieuses et que vous cherchez à en percer les mystères. Ce fut le cas de la maison objet de cette notice; ou du moins de ce qu'il reste de cette demeure. Nous sommes à Amay, au coeur d'Amay, juste devant l'agence de la Poste, intéressant immeuble des années 1930. Dans les cartes postales des années 1920 encore, on aperçoit la propriété conservée dans son intégralité. La demeure n'est pas grande, non, elle est même curieusement fagotée, avec son aile en retrait et sa haute toiture typique de l'éclectisme; mais au moins sur les clichés anciens et les gravures elle respirait.



Parc amputé

L'on sait à bonnes sources que plus de dix hectares lui servait de poumon de verdure, paturages compris. Le parc filait vers la Meuse jusqu'à 300 mètres au sud; mais il fut amputé d'une part quand on traça la ligne de chemin de fer à la fin du XIXe siècle. Cette voie ferroviaire n'avait pas empêché le château et son cadre de verdure de se maintenir. Le parc s'étirait à l'est aussi, vers Flône, sur plus de 300 autres mètres. Et à l'arrière, vers la collégiale romane d'Amay il y avait encore de quoi passer sur des chemins bordés de pelouse, mais déjà des villas existaient au début du siècle dernier à une cinquantaine de mètres de la façade occidentale. Nous sommes en 2008 et de tout cela il restait en février 2007 que vingt-deux misérables ares, demeure comprise.

Comment expliquer cela puisqu'il ne s'est rien passé de particulier à Amay au siècle passé, sauf l'incurie des gens et leur âpreté aux gains. Ce fut encore le cas en 2007 quand le bien fut proposé à la vente contre 377.000 euros et vendu avec 776 m² habitables. Sitôt faite l'opération le nouveau propriétaire coupa en deux le bien et revendit le corp central et six ares au sieur Denis. Il mit en location la seconde tranche de son éclectique gâteau dont une bonne part remonte quand même au milieu du XVIIIe siècle. Le château de Rochelée est devenu, suite à un lotissement après 1927, un immeuble trois façades et comme n'importe quelle villa il est bordé à moins de vingt mètres de ses ailes par les voiries.


Au château du Temps

Toutes les maisons avoisinantes furent construites entre les années 1930 et 1960. Il n'y a d'équivalent en région liégeoise que celui d' Angleur dit Nagelmackers alors qu'il faudrait l'appeler le « château de Horion » où l'on vit le parc dépecé de pareille manière. Le présent château de Rochelée, en souvenir de ses anciens détenteurs dont les armes sont deux fois inscrites au fronton sud et en surplomb de la porte nord, méritait meilleur traitement. Amay compte en outre un important donjon roman qui respire à peine plus que la bâtisse qui nous occupe ici et un hôtel de ville installé dans un château dont on fit du parc une plaine de sport ...

L'histoire du château de Rochelée dont une pierre non retrouvée porterait la date de 1732, n'est guère étoffée. On sait qu'elle remonte en tous cas au milieu du XVIIIe siècle. En 1753 elle était au mains du capitaine Farcy, bourgmestre de la commune qui eut à gérer des conflits avec les puissants chanoines de la cathédrale Saint-Lambert de Liège, seigneurs titulaires d'Amay. Les Rochelée suivirent. Ils étaient depuis 1539 les avoués d'Amay. Ils le resteront jusqu'à la Révolution et devinrent les propriétaires du lieu qui nous occupe à une date inconnue peut-être avant la fin de l'Ancien Régime. Il s'agissait de Nicolas (1773-1822), fait baron en 1816, maire de Fize-Fontaine et époux en secondes noces d'Aimée Parfait de Villereau (1787-1867). Leur fille Gasparine de Rochelée née en 1812 hérita du bien à une date inconnue. Elle allait épouser le baron Léopold de Stockem de la branche d'Hepcée, chatelain et mayeur de Fraiture où il mourra, dernier de son nom en 1875. Cette branche des Stockem allait posséder les seigneuries de Noville, Vieux Waleffe, Momalle, Kermpt, Spaelbeek et Stevort, ces trois dernières maisons étant situées près de Hasselt.



Location prestigieuse


Les Rochelée gardèrent la maison d'Amay mais ils la louèrent après la Grande Guerre et pas à n'importe qui puisqu'il s'agissait de la veuve du prince Edouard de Ligne, fils d'Eugène, à qui l'on avait proposé le trône de Belgique en 1830. Edouard habitait au château de La Neuville-sous-Huy où il mourut le 17 octobre 1911. Sa seconde épouse était S.A.S. la princesse Eulalie de Solms-Braunfels, née en 1851 et décédée ici en 1922. Les princes sont les arrières-grands-parents de l'actuel comte d'Oultremont (Antoine) et de l'actuel comte de Limburg Stirum (Henry).

Madame Dumont nous signalait en mars 2007 que «mon grand-père qui était de la branche des Dumont fabricants de briques en fit l'acquisition en 1927 auprès du baron Désiré de Rochelée». Le baron était l'époux de Simone Lamarche. Or c'est justement en 1927 que Simone Lamarche acheta le château ferme de Royseux à Emile Fraigneux et que les Rochelée s'établirent sur le Hoyoux. Cette venue sur le Hoyoux s'explique aisément car le père de Simone, Jules Lamarche, habitait juste au-dessus, au château de Vierset. La dislocation du bien d'Amay remonte à cette vente de 1927. Une demoiselle Rose Dumont née en 1895 vécut ici jusqu'en 1983. Sa petite-nièce précitée prit le relais jusqu'en avril 2007. Mais Marguerite Moreau, née Dumont, nous a envoyé un courrier rectificatif à propos du château d'Amay où elle est née. En 1927 nous dit-elle, « le domaine fut acquis par Messieurs Dieudonné et Julien Dumont, ce dernier étant le père de Madame Moreau. Leur mère s'était portée garante du marché. Mlle Rose Dumont, sans lien de parenté connu avec ma famille n'a jamais résidé ici car elle était propriétaire d'un « château » en bord de Meuse à Ampsin ».


Adjonctions

Le château est donc limité à trois façades. Sans doute à l'origine s'agissait-il d'une belle villa de cinq travées montant sur deux niveaux, érigés tout en briques et ornés de pierre blueue pour les décors des baies en arcs bombés à clés et les chaînages des arètes. Maintenant on compte huit travées dont une est aveugle. Sur la face sud se trouve une tour carrée engagée qui monte sur trois niveaux. Sa haute toiture pyramidale traduit une intervention des années 1870 du temps du baron de Stockem. Cette intervention se sent aussi sur l'aile nord où se trouve une paire de travées en ressaut sommée d'un très beau fronton enn tuffeau aux armes Stockem-Rochelée. Les chaînages de cette ajoute sont plus décoratifs que véritablement utiles à la stabilité du bâtiment comme on le voit encore sur l'arète opposée. Notons que les toitures en pavillon au côté sud ont perdu leurs deux lucarnes de style Louis XIV pour de vulgaires vélux. La porte du rez située dans la tour axiale donne accès à un hall qui traverse l'ensemble de la demeure et qui aboutit sur un plus petit perron inscrit dans une tour à cinq pans dans sa partie engagée et à huit pans dans sa partie haute. Sur la droite du château côté Meuse se trouve un petit édifice blanc des années 1870 qui servit de remise à voitures. 





SOURCES
:
Philippe Farcy, A Amay, l'incurie a vaincu, LaLibre.be 10 octobre 2008, Arts Libre, Vie de Château 467 http://www.lalibre.be/archives/divers/article/451728/a-amay-l-incurie-a-vaincu.html
Miguel de Bounam de Ryckholt, Cartes postales anciennes. Châteaux Belgique. Prentbriefkaarten Kastelen België. Postcards Castles Belgium, 6 volumes, plus de 1200 pages avec environ 2400 illustrations des châteaux de Belgique, classés par commune, Retro Edition 1998