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Le firmament pour le Fy


Château du Fy - 4130 Esneux



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Gelieve CASTLE te herschrijven hieronder:

  • © Philippe Farcy octobre 2008

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy octobre 2008

  • © Philippe Farcy octobre 2008

  • © Philippe Farcy octobre 2008

  • © Philippe Farcy

  • Carte postale ancienne, ed. E.Coune n° 69

  • Carte postale envoyée en 1918

  • Carte postale envoyée en 1925, ed. Hôtel du Pont, photo Debroux



Officieel Naam Château du Fy
Ligging 4130 Esneux
Bouw 1904-1905
Stijl
Architect Paul Saintenoy
Huidige bewoners
Toewijzing
Bescherming Beschermd op 1 april 1986

Laatste update : 04/08/2013


Le plus étonnant château d’Esneux est aussi le plus jeune de l’entité et le plus voyant.


Nous avions déjà évoqué ici les fastes architecturaux rendus possibles par la prospérité de notre royaume sous Léopold II en traitant du Rond-Chêne, également situé à Esneux. Les exemples fourmillent dans tout le pays. Nombreux furent ceux qui passèrent à la trappe du fait du mépris sous prétexte qu’ils n’étaient pas de ou du bon goût. Quelles erreurs de jugements. Le Fy situé au lieu-dit du « Bois Madame » pourrait être le plus emblématique témoin d’un style éclectique flamboyant d’allégresse que d’aucun traitent de kitsch.

Ce serait oublier la modernité de ces bâtisses parfois extraordinaires de complexité décorative comme ce fut le cas pour le château Charles-Albert à Boitsfort. Il ne faut pas oublier non plus l’excellence des ouvriers qui réalisèrent les douces folies des architectes à qui il était permis de tout réinventer. Ici, il faut se trouver aux pieds de la dernière flèche centrale qui file à 48 m de haut pour se rendre compte aujourd’hui de la prouesse des artisans de jadis. Voici donc l’occasion de rendre hommage à ces mains expertes venues notamment du Limbourg sous la houlette de la firme Clefan and Partners ; ils ont tout rétabli et restauré entre 2005 et 2009. C’est cette firme qui restaura en partie le château de Reckheim, du moins ses dépendances. Comme quoi, on trouve toujours des gens capables des travaux les plus fins, depuis les charpentes jusqu’aux couvrements des tours, sans oublier les marbriers, les fumistes, les tailleurs de pierres et les maçons.


Le Fy fut depuis 2005 un chantier complet ; on assista à la recréation d’un chef-d’œuvre. Il est presque totalement terminé intérieurement, à l’heure d’écrire ces lignes. On venait de loin. Les toitures brûlèrent il n’y a guère en 1985 et l’intérieur avait été de ce fait dévasté; ensuite de quoi, planchers et lambris subsistants furent volés. Pourtant, la commune d’Esneux devenue propriétaire de 1984 à 2004, trouva un preneur en la personne d’Arthur Paes, citoyen hollandais, roi du Somey (Ghana), dont l’action en ce lieux mérite tous les saluts. Il paya 210.000 euros pour une ruine ; c’était gentil. La commune avait essayé de le donner contre un franc symbolique quelques années auparavant. La Région Wallonne elle aussi tint son rôle. Ses subsides furent imposants. Le bien, déjà classé en 1958, fut plus encore « protégé » légalement en avril 1986, les flammes à peine éteintes. On parle de plus de huit millions de frais.



Il est le chef d’œuvre de l’architecte bruxellois Paul Saintenoy commandé par une fille d’Ernest Solvay.

Le Fy aurait pu connaître un sort funeste et définitif mais force est de constater que depuis son érection dans le paysage vallonné de l’Ourthe, il fut repris en main juste à temps et sauvé des pires tourments à plusieurs reprises. Erigé entre 1904 et 1905, il ne fut en réalité presque jamais habité. Edouard Van Parys et son épouse ne profitèrent de leur bien que dix ans puisque monsieur décéda en 1915 et que les Allemands occupèrent le castel derechef en 1914. En 1923, il fut acheté par François Lefèvre, consul de Belgique en Chine. Au début des années trente, il était inoccupé. Pendant le deuxième conflit mondial, les Allemands puis les Américains en 1944 s’y établirent. Au début des années cinquante, la demeure servit à des œuvres pour réfugiés d’Europe centrale, sans que nous sachions qui était propriétaire. A partir de 1964, il fut de nouveau laissé vide. La commune prit les rênes en 1984 pour vingt années supplémentaires d’inoccupation mais le minimum d'entretien fut assuré, sauf l'incendie.

Ce château fut une hardiesse technique pour l’architecte et ses ingénieurs. Outre la hauteur totale de l’édifice il y avait à créer un ensemble de toitures comptant pas moins de 343 versants du fait des tours, des tourelles et des lucarnes. La brique et la pierre blanche qui est d’une origine inconnue, furent très utilisées.




Paul Saintenoy, une star

Né à Ixelles le 19 juin 1862, Paul Saintenoy mourra en juillet 1952 à Bruxelles. Son père était Gustave (1832-1892), architecte et défenseur du néoclassicisme. On lui doit la petite gare du Luxembourg à Ixelles (Bruxelles). Le grand-père de Paul fut Jean-Pierre Cluysenaer (1811-1892), génial architecte lui aussi du romantisme. Paul s’est quant à lui inscrit dans la tradition suivante qui fut celle de l’éclectisme, à forte dominante néo-renaissante flamande ce qui ne l’empêcha pas de toucher avec bonheur à l’Art nouveau. A cette époque-là, tout était possible. Paul allait d’ailleurs le prouver en signant côte à côte les immeubles phares de la rue Coudenberg à Bruxelles, à savoir la pharmacie Delacre datée de 1898 passionnant travail d’esprit flamand et le magasin Old England (Musée des Instruments de Musique), livré en 1900, qui est une merveille Art nouveau.


Lors d’une vente publique chez Devroe et Stubbe à Bruxelles en novembre 2006, on trouva une superbe feuille de la façade de la maison de Monsieur Dubois-Petit en la même rue dite ici « Gaudenberg » où l’architecte unifia en 1899 les deux tendances tout en utilisant pour la première fois le béton armé en structure portante. On y admire une façade de brique et décors de pierre blanche en tradition flamande agrémentée d’une folie de garde-corps en fer forgé Art nouveau sur un rez de magasin aux boiseries de même; c'est un chef-d’œuvre disparu de même que la maison Cahen également de Paul Saintenoy, toute voisine, qui datait de 1900. On lui doit aussi la maison Losseau à Mons, classée. Le château Solvay-Van Parys d'Esneux est dans son corpus une exception. Cela rend l’édifice sauvé par M. Paes encore plus rare.


On ne visite pas. Parfois on accède au parc lors des Journées du Patrimoine de la Région Wallonne, en septembre.


SOURCES:
Philippe Farcy
Marc Bechet, La Région paye pour le château kitsch, LaLibre.be 7 décembre 2007 http://www.lalibre.be/actu/gazette-de-liege/article/388071/la-region-paye-pour-le-chateau-kitsch.html
Le château Le Fy à Esneux va être restauré, LaLibre.be 23 septembre 2005 http://www.lalibre.be/actu/gazette-de-liege/article/241407/le-chateau-le-fy-a-esneux-va-etre-restaure.html 
Le Fy, château de conte de fées triste, LaLibre.be 11 avril 2001  http://www.lalibre.be/actu/gazette-de-liege/article/17610/le-fy-chateau-de-conte-de-fee-triste.html