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De stille kracht van Sainval


Château de Sainval - 4130 Tilff (Esneux)



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  • © Philippe Farcy

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  • Construit par un des premiers grands patrons des usines Cockerill, Sainval est une superbe maison néoclassique. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Carte postale envoyée en 1913, ed. G. Hermans



Officieel Naam Château de Sainval
Ligging 4130 Tilff (Esneux)
Bouw Rond 1815-1820
Stijl Neoklassiek, Lodewijk XVI
Architect Tuinarchitect: Weymouth
Huidige bewoners
Toewijzing Privéwoning
Bescherming Niet beschermd

Laatste update : 06/01/2013


Sainval, pour un brin de majesté. Superbes décors sans emphase

Le château a été construit vers 1815-1820 par M. Neef sur les ruines d’un ancien donjon. C’est une demeure de onze travées orientées au sud-ouest. Les ailes de retour comptent trois travées. Afin d’accentuer les lignes de force de la maison, l’architecte, malheureusement inconnu, n’a guère lésiné sur l’emploi de la pierre bleue. Il l’a disposée pour les 26 pilastres verticaux, creusés ou plats, et s’en servit encore pour les cinq bandeaux horizontaux qui courent tout le long des façades. De même, l’auteur fut généreux de fantaisie en plaçant des baies de tailles inégales et de décors variés. En bas, elles sont rectangulaires et leurs appuis sont soutenus par de jolies consoles renversées.

Au deuxième niveau, on les trouve en plein cintre, inscrites dans des arcs moulurés. Puis, sous la corniche en bois, les voilà carrées et moulurées. Posé sur un soubassement de pierre bleue sans jour, le château s’élève sur trois niveaux aux extrémités et sur deux niveaux au centre de l’édifice. Les ailes sont en légère avancée et à trois pans coupés à l’instar de ce que fit construire le professeur van Beneden en son château de Résimont (Condroz), au début du XXe siècle. La partie centrale est précédée du perron. Il est composé de six degrés terminés par une charmante terrasse abritée sous un balcon soutenu par quatre colonnes rondes agrémentées de chapiteaux ioniques. Le corps central est, de plus, orné en son centre d’un fronton classique percé d’un oculus aveugle. Ce fronton semble retenu par quatre superbes consoles en forme de termes, animées de gueules de lions rugissants.


Fief des comtes de Horion

Sainval, remarquable demeure, est un très ancien domaine. Son histoire que nous a contée son actuel propriétaire, remonterait au XIIIe siècle. A l’époque, la terre dépendait de la seigneurie de Colonster, postée à moins de deux kilomètres en aval. Au XVIIe siècle, le domaine fut pris en charge, moyennant un loyer au comte de Horion, par la famille de Josée. Charles de Josée, marié à une demoiselle de Coune, fit ériger ici une maison de plaisance en 1682. C’est à lui que l’on doit la partie arrière du vaisseau érigée en moellons de calcaire et qui servait jadis de ferme et de maison du régisseur.

Celle-ci est posée à la perpendiculaire du château seulement chaulée vers la cour. Elle comporte deux ailes. L’habitation est constituée de deux corps de logis assemblés, ornés de chaînages d’angles en pierre bleue. Ces petits bâtiments sont d’un seul niveau sous toiture en bâtière à croupe couverte d’éternit et de ruffing. On y compte quatre travées et deux lucarnes en bâtière sur la cour. L’autre façade s’étire sur sept travées; son toit est animé de quatre lucarnes en bâtière. L’aile des étables, chenil, écuries et autre fenil est en piteux état mais on y travaille.

On accède à la ferme par une cour pavée précédée d’un porche en plein cintre à clé armoriée. De l’autre côté de la ruelle, se trouve une très intéressante glacière. La petite façade nord du château est par ailleurs reliée, via un édicule d’une travée et d’un niveau et demi, à une puissante aile en moellons de grès, chaînée de bossages aux angles. La toiture de cet élément est aussi en bâtière à croupe. Son pignon ouvre par trois baies dégressives. La première est une porte en plein cintre à deux vantaux. Elle mène à une sorte de salle de chasse voûtée très intéressante. Ce bâtiment posé en équerre de la colline sert de départ à un puissant mur retenant le potager.



Patrimoine d'industriels

Les Josée demeurèrent en ces lieux plus de cent ans. Après la ruine du dernier comte de Horion à la fin du Siècle des Lumières, ses domaines de Colonster et de Heel (à 60 km au nord de Maestricht) furent disloqués. En 1814, Angleur, autre domaine des Horion, fut acheté en vente publique par les Dupont-Nagelmackers et lors d’une séance de la même espèce, Sainval échut au sieur Neef dont la famille tint les rênes du château jusqu’après 1950. En 1832, le parc comptait 42 hectares. On sait qu’à partir de 1832, il fut dessiné et planté d’arbres par le paysagiste anglais Weymouth. Cela vaut à Sainval de profiter d’une multitude de bouquets de tailles superbes et que 38 sujets y sont classés. Le château, lui, ne l’est pas. Il le mériterait pourtant. Neef était un maître de forges. Il s’associa à Greiner, arrivé d’Allemagne avec une partie de la cour de Léopold Ier. Greiner était vite devenu le bras droit de Cockerill. Greiner et le châtelain de Tilff, devenu Neef de Sainval, reprirent la direction des usines d’Ougrée ce qui explique les soins apportés à la propriété qui nous occupe.

Marc de la Brassine nous révélait ensuite que : « À la fin de l’ère Neef, un sieur Demoulin se chargea de régner sur Sainval. Il était devenu, par on ne sait quel stratagème, le comte de Moulin-Lequeuche, titre palatin, jamais prouvé bien sûr. Il avait pour armes « beaucoup de gueule pour peu d’argent ». Sa fille Ariane créa Air Bierset, une société aéronautique dont la fin fut retentissante. La fumeuse Ariane installa par ailleurs dans le château une secte indienne du nom d’« Ecovie » avec Norman William, un Indien du Canada. Cette secte fit les choux gras de la presse. En 1990, les Demoulin furent poussés dehors et une vente offrit Sainval sur un plateau à la S.A. Ruthie appartenant alors à la famille Kawa d’origine polonaise installée à Bruxelles. Ces gens ne savaient pas que Madame Demoulin mère possédait une moitié du château en usufruit. Blocages, palabres et procès se succédèrent. Madame Demoulin décéda, mais la fille n’en dit mot et celle-ci emporta sa mère morte à Paris. Il faudra trois mois pour s’en rendre compte, à Tilff. Pendant ce temps-là, Ariane Demoulin a vidé le château de tout ce qu’il contenait comme beaux décors. Dégoûtés, les Kawa ont désiré se défaire de Sainval. La société Ruthie me vendit le château accompagné d’un parc de 12 hectares en 1995. Depuis, j’essaie de lui rendre un peu de son lustre en restaurant la ferme, les salons et les chambres parfois occupées par des étudiants en blocus ».


Deux bergers allemands et deux Danois gigantesques montent la garde. A bon entendeur...



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002